‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 197 sur 462 · Façoiaier · texte numérisé non relu

Façoiaier

« Mei'curi, nam te docilis magistro Movit Amphion lapides canendo.

Tuque, testudo resonare septeni.

Cnllida nervis »

(Horace, Odes, L. III, 8.)

La fable raconte que Mercure conçut la première idée de la lyre en voyant, sur les sables d'Egypte, une écaille de tortue en travers de laquelle des fragments de la peau desséchée du ventre étaient restés tendus en des cordes minces, qui firent résonner différentes notes quand ses doigts les ébranlèrent. De là, le nom de l'instru- «îient, testudo. la tortue, une des variétés de la lyre [lyra). C'est la

Et de premier en sonner^ Dessus le mont de Gyllene^

Comme Minerve inventa Le haut-bois, qu'elle jetta Dedans l'eau toute marrie^; Comme Pan le chalumeau Qu'il pertuisa* du roseau Formé du corps de s' amie ^.

Ainsi, pauvre® que j'estois.

Tout mon art je recordois" A cet enfant pour l'apprendre ; • Mais luy, comme un faux garson*, ,,.-•

lyre, non dans sa première simplicité, mais perfectionnée par laddition d'une pièce concave, en travers de laquelle les cordes étaient tendues. Plus tard Mercure remit la lyre à Apollon qui, désormais, fut le dieu de la cithare.

1. So7mer. — C'est-à-dire : faire retentir. « Rien de plus simple, de plus pur et de mieux senti que cette jolie pièce. » (Sainte-Beuve.)

2. Cyllène. — Montagne de l'Élide en Grèce. C'est sur les cimes du Cyllène, devant la grotte de Maïa, sa mère, que Mercure enfant trouva la tortue dont il façonna la première lyre. Ce serait une tradition contraire à celle qui est donnée quelques lignes plus haut. — Subjudice lis est,

3. Marrie. — C'est-à-dire : triste, peinée. « A Athènes, on racontait qu'Athèna, après avoir inventé la flûte, la rejeta avec mépris parce que le jeu de cet instrument déformait sa figure, et en abandonna la possession au silène Marsyas. » (Decharme, Mythologie delà Grèce antique, p. 81.) \

4. Pertuisa. — Signifie: percer. Verbe disparu. (Voir Glossaire.)

5. S'amie. — La Syrinx. « Le chalumeau des bergers est devenu, dans la mythologie, la nymphe Syrinx qui, poursuivie par Pan, se précipita dans le cours du Ladon : à la place où elle étaitj tombée, poussèrent des roseaux que le dieu coupa pour fabriquerj un instrument auquel il donnna \i nom de sa bien-aimée. (Decharme, Mythologie, p. 434.)

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