Vocabida. — Mots, termes
2. Prégnanls. — Féconds (du latin : prxgnans). (Voir Glossaire.)
3. Besoin. — « Pourquoy ne ferions-nous plus tost fueilleter nos romans, et desrouïUer force beaux mots tant simples que compo-
PREFACE SIH LA FRANCIADE. 2:il
Malheureux, est Je debteur lequel n'a (ju'uiie seule espèce de monnoye pour payer son créancier. Outreplus, si les vieux mots abolis par l'usage ont laissé quelque rejeton, comme les branches des arbres coupez se rajeunissent de nouveaux drageons', tu le pourras provigner, amender et cultiver, afin qu'il se repeuple de nouveau; exemple de /oiée, qui est un vieil mot Irançois qui signifie mocquerie et raillerie. Tu pourras faire sur le nom le verbe lobber, qui signifiera mocquer et gaudir, et mille autres de telle façon. Tu te donneras de garde, si ce n'est par grande contrainte de te servir des mots terminez en ion qui passent plus de trois ou quatre syllabes, comme abomination, testification : car de tels mots sont languissants, et ont une traînante voix, et, qui plus est, occupent languidement- la moitié d'un vers. C'est une autre chose d'escrire en une langue florissante qui est pour le présent receue du peuple, villes, bourgades et citez, comme vive et naturelle, approuvée des Rois, des princes, des sénateurs, marchands et trafîqueurs, et de composer en une langue morte muette et ensevelie sous le silence de tant d'espaces d'ans, laquelle ne s'apprend plus qu'à l'école par le fouet et par la lecture des livres, ausquelles langues mortes il n'est licite de rien innover, disgraciées du temps, sans appuy d'empereurs ny de rois, de magistrats ny de villes, comme une chose morte, laquelle s'est perdue par le fil des ans, ainsi que font toutes choses humaines, qui périssent vieilles, pour faire place aux autres suivantes et nouvelles : car ce n'est la raison que
scz, qui ont pris la rouille pour avoir esté si longtemps hors d usage...? » (Henri Estienne : Confnvmilè du français arec le grec, préface, p. 6.) Voir aussi .Montaigne, passijn.