‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 265 sur 462 · Poil. — C'est-à-dire : sa chevelure négligée · texte numérisé non relu

Poil. — C'est-à-dire : sa chevelure négligée

BOCACI': IKtVAL. l.ù

Toutefois de visage elle estuit assez belle : Sa contenance estoit d'une jeune pucelle, Une honte agréable estoit dessus son front, Et son œil esclairoit comme les astres font : Quelque part qu'en marchant elle tournast la face, La vertu la suivoit, leloquence et la grâce, Monstrant en cent façons, dès son premier regard. Que sa race venoit d'une royale part* : Si bien qu'en la voyant, toute ame généreuse, Se rechaufant d'amour, en estoit amoureuse.

Devant la troupe alloit un jeune jouvenceau-, Qui portoit en courrier des ailes au chapeau, Une houssine'' en main de serpens tortillée, Et dessous pauvre habit une face éveillée : Et monstroit à son port quel sang le concevoit, Tant la garbe* de prince au visage il avoit.

Tout furieux d'esprit^, je marchay vers la bande, Je lui baise la main, puis ainsi luy demande (Car l'ardeur me poussoit de son mal consoler, M'enquerir de son nom, et de l'ouyr parler) :

« Quel est votre pais, votre nom, et la ville Qui se vante de vous? » L'une, la plus habile De la bande, respond :

MUSES

« Si tu as jamais veu Ce Dieu'' qui de son char tout rayonné de feu

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