‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 274 sur 462 · Douceur. — Édit. P. Blanchemain, t. III, p · texte numérisé non relu

Douceur. — Édit. P. Blanchemain, t. III, p

4. Roys. — Dans l'édition originale, cette pièce esl intitulée : Complainte à la Royne, mère du Roy. (P. B.j

."(. Saturne. — C'est-à-dire : mon astre. C. Dessur. — Vieux mot, aujourd'hui : sur... 7. Mont. — C'est le quartier de Paris qui va du quai de Billy à l'avenue des Champs- Élyséi's .

Qui ne me fust jamais que maraslre importune;

Je blasmois ce destin qui m'avoit condemné

Si malheureusement avant que d'estre né;

Je Jîlasmois Apollon, les Grâces, et la Muse,

Et le sage mestier qui ma folie amuse ;

Puis, pensant d'une part combien j'ay faict d'escris,

Et voyant d'autre part vieillir mes cheveux gris,

Après trente et sept ans, sans que la destinée

Se soit en ma faveur d'un seul poinct inclinée*.

Je hayssois ma vie, et confessois aussi

Que l'antique vertu n'habitoit plus ici.

Je pleurois du Bellay^ qui estoit de mon âge, De mon art, de mes mœurs et de mon parenlage, l^equel, après avoir d'une si docte vois Tant de fois rechanté les princes et les rois, Est mort pauvre, chetif, sans nulle recompense, Sinon d'un peu d'honneurs que luy garde la France. Et lors, tout desdaigneux et tout remply d'esmoy ^ Regardant vers le ciel, je disois à part moy : « Quand nous aurions servi quelque roy de Scythie. Un roi Got ou Gelon, en la froide partie Où le large Danube est le plus englacé, Encor* nostre labeur seroit i-ecompensé. »

Ainsi, versant de l'œil des fontaines ameres, Dedans mon cerveau creux je peignois des chimères. Quand je vy arriver un devin, qui avoit

La face de Renibure" à l'heure qu'il vivoit...

« D'oii es-tu, où vas-tu, d'où viens-tu à ceste heure?

De quels parents es-tu, et où est ta demem^e? »

Page 1