LE PREMIER JOUEUR DE LYRE COMMENCE LE PROLOGUE
Les chesnes ombrageux que sans art la nature Par les hautes forests nourrit à l'avanture*
1. Ecloque. — « Sous ce titre, Ronsard a composé un certain nombre de pièces destinées, la plupart, à célébrer des solennités de circonstance, des noces, des naissances, des funérailles. Toutefois Mil y reiioiiitri' là il là, l'p.nrscs, d'agréaljles di-scriptinns de la vit-
iJ88 ŒUVRES CHOISIES DE IJONSAHl).
Sont plus doux aux troupeaux et plus frais aux bergers Que les arbres entez* d'artifice és^ vergers.
Des libres oiselets plus doux est le ramage Que n'est le chant appris des rossignols en cage ; Et la source d'une eau saillante d'un rocher Est plus douce au passant pour sa soif estancher (Quand sans art elle coule en sa veine rustique) Que n'est une fontaine en marbre magnifique, Par contraincte sortant d'un grand tuyau doré Au milieu de la cour d'un palais honoré. Plus belle est une nymphe en sa cotte agrafée, Aux bras à demy nuds, qu'une dame coifée D'artifice soigneux, toute peinte de fard : Car tousjours la nature est meilleure que l'art...
Escoutez donc ici les musettes sacrées De ces pasteurs venus de lointaines contrées, Qui font diversement tout ainsi qu'il leur plaist D'amoureuses chansons sonner ceste forest.
Ce ne sont pas bergers d'une maison champestre, Qui mènent pour salaire aux champs les brebis paistre.
champêtre. Les bergers Orléantin, Angelot, Navarrin, Guisin (ci sont les ducs d'Orléans, d'Anjou, le roi de Navarre, Henri de Guise i et la bergère Margot (c'est Madame Marguerite, duchesse de Savoie) se disputent le prix de la chanson, et déposent chacun un gage qui sera la conquête du vainqueur. Orléantin met pour gage un cert apprivoisé; Angelot, un bouc conducteur du troupeau; Navarrin, une coupe ciselée; Guisin, une houlette, et Margot, un merle. » (Sainte-Beuve.)
2. Bergerie. — Les Églogues comprennent, outre la dédicace adressée au duc d'Anjou, huit pièces: quelques-unes parurent ave les Poèmes, en 1.j60; les autres furent publiées postérieurement.
.3. Avanture. — « Ce commencement est imité de lArcadie de Sannazare, duquel il a pris beaucoup de choses, comme lui a fait de Viigile et de Théocrite. » (M.)
On peut rapprocher de cette Églogue plusieurs passages de VÉglogue III, ou encore de VÉglogiie VU de Virgile.