Entez. — C'est-à-dire : greffés avec arl
■j. Es. — Signifie : dans les.
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Mais de haute famille et de race d'ayeux
Qui, tenant des pasteurs le sceptre en divers lieux,
Ont efîroyé les loups et en toute asseurance
Ont guidé les troupeaux par les herbes de France...
orléantin'.
Puis que le lieu, le temps, la saison et l'envie, Qui s'eschauffent d'amour, à chanter nous convie, Chanton donques, bergers, et en mille façons A ces vertes forests apprenon nos chansons.
Icy de cent couleurs s'esmaille la prairie, Ici la tendre vigne aux ormeaux se marie. Ici l'ombrage frais va les fueilles mouvant Errantes çà et là sous l'haleine du vent; Icy de pré en pré les soigneuses avettes^ Vont baisant et sucçant les odeurs des fleurettes; Icy le gazouillis^ enroué des ruisseaux^ S'accorde doucement aux plaintes des oiseaux; Icy entre les pins les Zephyres s'entendent.
Nos flûtes cependant trop paresseuses pendent A nos cols endormis, et semble que ce temps Soit à nous un hyver, aux autres un printemps.
Sus donques en cet antre ou dessous cet ombrage Disons une chanson. Quant à ma part^, je gage,
1. Orléantin. — C'est Monsieur le duc (YOrléans, le frère du roi Charles IX.
2. Avettes (latin: apes). — Signifie : abeilles. (Voir Glossaire.)
3. Gazouillis. — Signifie : gazouillement ; substant. encore usité.
« Au f/azouillis des ruisseaux de ces bois »
(La Fontaine.) i. Ruisseaux. — Cf. Virgile :
« ... requicsce sub uinbra.
Hue ipsi potum veulent per prata jnvenci; Hic viridis tenera prxtexit arundine ripai Mincius, eque sacra résonant examina quercu. »
(Églogue, VII, v. 10.) o. A ma part. — C'est-à-dire : pour moi, pour ce qui me concerne...
Pour le prix de celuy qui chantera le mieux, Un cerf apprivoisé qui me suit en tous lieux.
Je le desrobay jeune, au fond d'une vallée, A sa mère, au dos peint d'une peau martelée^ Et le nourry si bien que, souvent le gratant, Le chatouillant, touchant, le peignant et flatant, ïantost auprès d'une eau, tantost sur la verdure. En douce je tournay sa sauvage nature.
Je l'ay tousjours gardé pour ma belle ïhoinon, Laquelle en ma faveur l'appelle de mon nom ; Tantost elle le baise et de fleurs odoreuses ^ Environne son front et ses cornes rameuses... Il va seul et pensif où son pied le conduit : Maintenant des forests les ombrages il suit, Maintenant il se mire aux bords d'une fontaine Ou s'endort sous le creux d'une roche hautaine. Puis il retourne au soir, et, gaillard, prend du pain, Tantost dessus ^ la table et tantost en ma main, Saute à l'entour de moy et de sa corne essaye De cosser * brusquement mon mastin qui l'abaye ", Fait bruire son cleron ", puis il va se coucher Au giron de Thoinon qui l'estime si cher...
1. MaHelée. — C'est-à-dire : frappée, marquée de coups de marteaux, et au sens figuré : tachetée. . .
2. Odoreuses. — Signifie : qui a de l'odeur : odorant. Adjectif de la vieille langue :
« Le jasmin odoreux de blanc est revestu. a
(A. Jamyn, Œuvres, 2" volume.) —(Voir Godefroy.)