‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 303 sur 462 · Bandai f. — C'est-à-dire : 5e raidissail · texte numérisé non relu

Bandai f. — C'est-à-dire : 5e raidissail

ECLOGUES. . 201

La honte de mal faire estoit morte, et les armes Et les harnoiscraquans sur le dos des gendarmes Luisoient de tous costez : bref, il n'y avoit lieux, Tant fussent eslongnez*, soit des pieds, soit des yeux, Il n'y avoit montagne, ou pendante vallée. Ou forest, tant fust-elle à l'escart reculée, Ou rocher si secret, qui ne sentist la main Et la barbare voix de l'avare Germain.

Les herbes commençoient à croistre par les rues, Oisives par les champs se rouilloient les charrues; Car la terre, irritée et dolente' de voir Ses fils s'entre-tuer, leur nioit son devoir; Et, en lieu de donner des moissons abondantes, Ne poussoit que chardons et qu'espines mordantes...

(Orléantin fait l'éloge de Catherine de Médicis, qui a repaie les désastres delà guerre. — Angelot chante un chant funèbre en l'honneur de Henri II. — Navarrin célèbre Carlin, c'est-à-dire Charles IX.)

GUISIN.

Houlette qui soulois^ es plaines Idumées, Comme troupeaux rangez conduire les armées*, Qui as régi Sicile et les monts Calabrois^ Et la ville, tombeau'" de la serene; vois. Maintenant, je te tiens, de père en fils laissée,

1. Eslonguez. — C'est-à-dire: quelque éloignés qu'ils fussent .. .

2. Dolente. — C'est-à-dire peinée de, souffrant de... Le plus souvent ce mot est employé d'une façon absolue et n'a pas de complément.

3. Soulois (imparf. du vieux verbe souloir). — Signifiant : avais r habitude de.

4. Armées. — « A cause de Godefroy de Bouillon, dont il descend, qui conquit la Terre-Sainte. » (M.)

5. Calabrais. — » Il y eut des rois de Sicile qui descendaient de Godefroy. » (M.)

6. Tombeau. — « Naples, autrement Parthenopé, ainsi nommée d'une sirène de ce nom. » (M.)

Qui, dure S n'as esté par les guerres cassée,

Et qui dois gouverner encore dessous moy

Les troupeaux de Carlin, mon pasteur et mon roy.

Icy les grands forests que les ans renouvellent, Icy Carlin, icy les fontaines t'appellent^, Les rochers et les pins, et le ciel, qui plus beau Se tourne pour complaire à ton règne nouveau. Toute chose s'esgaye à ta belle venue, L'air n'est plus attristé d'une fascheuse nue, La mer rit en ses flots', sans soufles est le vent, Et les astres au ciel luisent mieux que devant.

0 grand pasteur Carlin, ornement de nostre âge, Haste-toi d'aller voir ton fertile héritage *, Environne tes champs et compte tes taureaux, Et reçois désormais les vœux des pastoureaux.

Catherine ta mère, à ta main dextre assise, D'un voyage si beau conduira l'entreprise. Et te fera passer par tes villes, ainsi Que passe par le ciel un bel astre esclairci.

L'honneur et la vertu iront devant ta face; Les fleuves, les rochers, les bois, te feront place, Et le peuple, joyeux, en chantant, sèmera Tous les chemins de fleurs où ton pied passera; Car tu es ce grand roy que tant de destinées Nous promettoient venir ^ après longues années

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