‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 302 sur 462 · Chaux. — Ancienne ortliographe ; aujourd'liui : cliauds · texte numérisé non relu

Chaux. — Ancienne ortliographe ; aujourd'liui : cliauds

Incontinent je cours, et prompte luydesrobbe Sa douce liberté, le cachant sous ma robbe; Puis, pliant et nouant de vergettes de buis Et d'osier une cage, en prison je le mis...

ORLEANTIN.

Quel estrange malheur, quelle amere tristesse Vous tenoit, ô forests, quand la blonde jeunesse Qui boit les eaux du Rhin' d'un malheureux harnois Brigandant^ effroyoit le païs champenois, Puis, enflée en espoir d'une fausse victoire, Beut en lieu de son Rhin les eaux de nostre Loire, Et osa, se fiant à l'infidélité Du peiqîle, menacer nostre grande cité^...

Le soleil se cacha, et la saison, chargée De neiges, apperceut ceste troupe enragée Saccager nos maisons au milieu de l'hiver; Car jamais le soleil ne se daigna lever Pour voir nostre ruine, abhorrant que le vice Allast le front levé sans crainte de justice. Un peuple se bandoit* contre l'autre irrité, Le citoyen estoit banny de sa cité, Les autels despouillez de leurs saints tutelaires. Les temples ressembloient aux déserts solitaires, Sans feu, sans oraison, et les prestres sacrez Servoient de proye aux loups sur l'autel massacres...

i. Rfiin. — « H entend les Allemands, qui passèrent en France contre Charles IX, bien que Henri II, son père, eût entrepris le voyage d'Allemagne, si fâcheux et si pénible pour la défense de leur iiberlé contre l'empereur Charles V. » (M.)

2. Brigandant. — C'est-à-dire : se livrant au brigandage sous une armure malheureuse. . .

3. En li)63, le prince de Condé vint, avec 7000 hommes qu'il reçut d'Allemagne, attaquer les faubourgs de Paris. Il fut repoussé par les Espagnols.

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