‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 338 sur 462 · Commencer. — Édit. P. Blancheiiiain, t. V, p. 6o · texte numérisé non relu

Commencer. — Édit. P. Blancheiiiain, t. V, p. 6o

4. Justice. — Ce passage est tiré de Vlijjmne de la Justice adressé au prince Charles, cardinal de lorraine, auquel Ronsard avait déjà adressé une ode (vuir plus haut, p. 33). Ceci est une partie du discours que, d'après notre poète, le cardinal est supposé adresser au Roi sur la Justice.

b. Justice. — Ce sidjstantif est ici personnifié, de là vient qu'i' est employé sans article.

Ne voulant point souffrir qu'un homme vicieux, Sans purger son péché, vienne devant ses yeux.

« Elle fait que le roi sur le peuple a puissance, Et que le peuple serf lui rend obéissance : Elle nous a monstre comme il faut adorer Le seul Dieu éternel, comme il faut honorer Père, mère, parens, et quelle révérence On doit aux morts, de peur de troubler leur silence.

« Dieu, qui le ciel habite, a tousjours en souci Ceux qui aiment Justice, et qui la font aussi : De ceux* le bien est ferme, et comme une planette De toiis costez reluit leur conscience nette, Et tousjours en honneur fleurissent leurs enfans. Et ne meurent jamais qu'assoupis de vieux ans. Mais ce Dieu tout-puissant jamais son cœur n'appaise Contre celuy qui fait la Justice mauvaise. Qui par argent la vend, et qui corrompt, malin, Le bon droict de la veuve et du pauvre orphelin; Il luy garde tousjours une dure vengeance Qui, lente, pas à pas, talonne son offence, Lui envciyant Até'^, déesse de meschef^. Qui de ses pieds de fer escarbouille * son chef: Car Dieu sur les palais s'assiet pour le refuge Des pauvres, d'où son œil remarque le bon juge. Pour le recompenser selon qu'il a bien fait. Et le faux juge, à fm de punir son mesfait.

« Doncques, Roy, si tu veux que ton règne prospère, Il te faut craindre Dieu : le prince qui révère

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