‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 349 sur 462 · Evoé. — Édit. P. Blanchemain, t. V. p · texte numérisé non relu

Evoé. — Édit. P. Blanchemain, t. V. p

9. Mort. — Ronsard avait d'abord dédié son hymne de la Mort à Paschal ; par suite d'une inimitié survenue entre les deux personnages, la pièce fut offerte à Jehao de Morei, puis à M"^ Ca-

Ou haut sur la trompette, ou bas dessus la lyre; Aux anciens la Muse a tout permis de dire, Tellement qu'il ne reste à nous autres derniers Sinon le desespoir d'ensuivre * les premiers, Et béant 2 après eux recognoistre leur trace Faicte au chemin frayé qui conduit sur Parnasse; Lesquels jadis, guidez de leur mère vertu, Ont tellement du pied ce grand chemin battu. Qu'on ne voit aujourd'huy sur la docte poussière D'Helicon, que les pas d'Hésiode et d'Homère, D'Arate, de Nicandre, et de mille autres Grecs ^ Des vieux siècles passez, qui beurent à longs traits Toute l'eau jusqu'au fond des filles de Mémoire, N'en laissans une goûte aux derniers pour en boire; Qui maintenant confus à foule à foule* vont

mille de Morel qui tous deux la refusèrent, ne voulant être hono rés des dépouilles d'autrui. C'est alors que Ronsard dédia son hymne au poète des Mazures.

10. Chanter. — « A cette pièce se rattache une intéressante anecdote qui nous a été conservée par Brantôme. Un gentilhomme français, nommé Ghatelard, épris de la reine Marie Stuart, s'était introduit près d'elle pendant la nuit. Il fut saisi et condamné à mort. Le jour venu, Ghatelard ayant été mené sur Téchafaud, avant de mourir, prit en ses mains les hymnes de M. de Ronsard, et pour son éternelle consolation, se mit à lire tout entièrement l'hymne de la Mort, qui est très bien fait et propre pour ne point abhorrer la mort; ne s'aidant aucunement d'aucun autre livre spirituel, ni de ministre ni de confesseur. Après avoir fait entièrement lecture, il se tourna vers le lieu où il pensait que la reine fût, et s'écria tout haut : Adieu la plus belle et la plus cruelle princesse du monde! Et puis constamment, tendant le col à l'exécuteur, se laissa défaire fort aisément. » (A. Noël.)

1. Ensuivre. — Aujourd'hui : suivre. Disparu. « Tâchant à les ensuivre. » (Tahureau, p. 6.) — « Ensuyvans en cela la loy divine. » (H. Estienne, Apol. p. Hérodote, I^ 166.)

2. Béant. — Partie, prés, du verbe 6ée/', signifiant : désirer ar- 'Jeimnent. Vieux : Ceux qui accusent les hommes d'aller tousjours ieani après les choses futures. » (Montaigne, I, 31.)

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