Foule. — C'est-à-dire : les uns à la suite des autres
Chercher encor de l'eau dessus le double mont ; Mais ils montent en vain; car plus ils y séjournent Et plus mourans de soif au logis s'en retournent.
Moy donc, Masures cher, qui de long temps sçay bien Qu'au sommet de Parnasse on ne trouve plus rien Pour estancher la soif d'une gorge altérée, Je m'en vois descouvrir quelque source sacrée D'un ruisseau non touché, qui murmurant s'enfuit Dedans un beau verger loin de gens et de bruit ; Source que le soleil n aura jamais cognue, Que les oiseaux du ciel de leur bouche cornue. N'auront jamais souillée, et où les pastoureaux N'auront jamais conduit les pieds de leurs taureaux. Je boiray tout mon saoul de cette onde pucelle. Et puis je chanteray quelque chanson nouvelle, Dont les accords seront peut-estre sitres-dous*. Que les siècles voudront les redire après nous; Et, suivant ce conseil, à nul des vieux antiques. Larron*, je ne devray mes chansons poétiques; Car il me plaist pour toy de faire icy ramer Mes propres avirons dessus ma propre mer, Et de voler au ciel par une voye estrange, Te chantant de la Mort la non-dite louange'.
C'est une grand'deesse, et qui mérite bien Vies vers, puisqu'elle fait aux hommes tant de bien...
Ainsi qu'un prisonnier, qui jour et nuict endure Les manicles '* aux mains, aux pieds la chaisne dure, se doit bien réjouir à l'heure qu'il se voit Délivré de prison; ainsi l'homme se doit Réjouir grandement, quand la Mort luy deslie