II. — Article
L'article est souvent omis :
1° Devant les noms propres de pays, de montagnes, de fleuves : « Les fruits que Touraine... ameine » (p. 271). — « Porté de la fureur, sur Parnasse moissonne... » (p. 407). « Le cours de Seine... » (p. 271).
2" Devant certains substantifs abstraits , personnifiés ,
LU L'OEUVRE DE RONSARD
comme : Nature, Poésie... « En l'art de poésie » (p. 407). « C'est de Nature la coustume » (p. 22). « Ainsi le veut Nature » (p. 305).
3° Entre l'adjectif tout et un substantif : « Par toute France « (p. 275). — « Duc que toute Europe pleure » (p. 373). — « Toute nuict vous baignez nues » (p. i03). — « Tous roys seront combatus » (p. 108).
m. — Adjectifs.
Le mot tout reste adjectif dans tous les cas, et s'accorde toujours, chez Ronsard, comme chez tous les écrivains du -wi" siècle : « On la void... se déchoir... à terre toute fanie » {passim). — « Edifices tous enfumez de sacrifices » (p. 155). — « François qui erroient tous armez... » (passim); — « Ils entrent tous seuls... » (p. 395).
Le comparatif se rencontre souvent là où l'on emploie aujourd'hui le superlatif: k Les doctrines plus exquises » (p. 107). — « Fuy t'en aux lieux qui sont plus esgurez » (p. 350). — « Car les hommes plus forts sont aujo ird'huy tuez » (p. 351).
Parfois le superlatif est renforcé par si : « Les accords sont parfois si très dous » (p. 339).