‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 365 sur 462 · Thersite. — Voir Homère, Iliade, II, 224 à · texte numérisé non relu

Thersite. — Voir Homère, Iliade, II, 224 à

Pourquoi, chetifs humains, avez-vous tant d'envie A grands coups de canon d'accourcir vostre vie ? Vous mourez assez tost; si vous pensez là bas Avoir autant qu'icy de plaisir et d'esbas, Ah ! vous estes trompez; bien que l'unique fille De Gerès* en soit royne, en nul temps la faucille N'y coupe la moisson, ny aux couteaux- voisins Jamais Bacchus n'y fait verdeler^ ses raisins; Mais bien tout à l'entour la Mort palle y demeure, Tousjours un peuple* gresle autour d'un lac y pleure, Ayant la peau bruslée et les cheveux cendreux, Le visage plombé, les yeux mornes et creux.

0 fortuné ^ celuy qui bien loin de la guerre Cultive en longue paix l'usure de sa terre*', Et qui jamais au lict ne se veit estonner D'ouïr au point du jour la trompette sonner 1 Qui ne sçait quel mot c'est que cargue'', camisade^,

1. Cerés. — La fille de Cérès est Proserpi?ie. la reine des Enfers.

2. Couteaux, — C'est-à-dire coteaux. — Couteau est la prononciation du centre de la France.

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