Grégeois. — Aujourd'hui : grec
POEMES. 3o7
Je fis des mots nouveaux, je restauray le.> vieux, Bien peu me souciant du vulgaire envieux, Médisant, ignorant, qui depuis a fait conte ' De mes vers qu'au premier^ il me tournoit à honte; El alors (mon Odet) tout pur d'ambition, Eslongné de la cour, sans nulle afTection^ De parvenir aux biens, je vivois en franchise Sain, dispos et gaillard, bien loin de convoitise.
Mais depuis que vostre œil daigna tant s'abaisser Que de me regarder et de me caresser, Et que vostre bonté, qui n'a point de pareille, Promit de m'endormir sur l'une et l'autre aureille; A.donc l'ambition s'alluma dans mon cœur, Crédule, je conceu la royale grandeur, le conceus eveschez, prieurez, abbayes; Soudain abandonnant les Muses, esbahyes De me voir transformer, d'un escolier contant, En courlizan nouveau, demandeur inconstant. D que mal-aisément l'ambition se couvre!
Lors j'appris le chemin daller souvent au Louvre*; Contre mon naturel j'appris de me trouver 3t à vostre coucher et à vostre lever, \. me tenir debout dessus la terre dure, ^. suivre vos talons, à forcer ma nature...
Apollon, qui souloit"* m'agréer, me despleut; li depuis mon esprit, comme il souloit, ne peut 5e ranger à l'estude et ma plume fertile, ''aute de l'exercer, se moisit inutile; îi" qu'en lieu d'estre seul, d'apprendre et de sçavoir,