‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 383 sur 462 · Lieu. — Edit. P. Blaiichfmaiii, l. VI, p · texte numérisé non relu

Lieu. — Edit. P. Blaiichfmaiii, l. VI, p

2. Roy. — Pierre Lescot, le célèbre archllecle, nac|uii à Paris en lolO; il étaii l'ami de Jean Goujon. Ce fut d'après ses dessins que l'on construisit, sous François !<"■ et sous Henri II, le corps de bâtiment appelé aujourd'hui le vieux Louvre et qui fut achevé en lo48. On lui doit aussi la salle des Cent-Sui>ise.s, et la fontaine des Innocents. — Dans l'édition de 1572, cette pièce commence le 2" livre des Poëmes, qui est dédié tout entier à Pierre Lescot. L'amitié de Ronsard pour ce grand architecte explique son antipathie contre Ph. de Lorme (voir édit. P. Blanchemain, t. VI, p. 166); en outre un jour, ce dernier avait fait fermer l'entrée des Tuileries à notre poète, qui, pour se venger, écrivit contre lui le sonnet de la Truelle crossée. (Voir édit. P. Blanchemain, t. Vlli, p. 139.)

3. Ocieux (latin : otiosus). — Aujourd'hui : oisif. (Voir Glossaire.)

4. Rheumatique. — Adjectif synonyme de rhumatismal, c'està-dire : qui cause, qui amène les )liumatismes; encore en usage.

364 (JEUVllES CHOISIES DE RONSARD.

Afin qu'en me tuant je peusse recevoir Quelque peu de renom pour un peu de sçavoir.

Je fus souv'entes-fois retansé de mon père Voyant que j'aimois trop les deux filles d'Homère', Et les enfants de ceux qui doctement ont sceu Enfanter en papier ce qu'ils avoient conceu. Et me disoit ainsi : « Pauvre sot, tu t'amuses A courtiser en \'ain Apollon et les Muses! Que te sçauroit donner ce beau chantre Apollon, Qu'une lyre, un archet, une corde, un fredon, Qui se respand au vent ainsi qu'une fumée. Ou comme poudre en l'air vainement consumée? Que te sçauroient donner les Muses qui n'ont rien, Sinon autour du chef, je ne scay quel lien De myrte, de lierre, ou, d'une amorce vaine, T'allecher tout un jour au bord d'une fontaine. Ou dedans un vieil antre, à fin d'y reposer Ton cerveau mal-rassis, et béant composer Des vers qui te feront, comme pleins de manie. Appeler un bon fol, en toute compaignie?

« Laisse ce froid mestier qui ne pousse en avant Celuy qui par sus tous y est le plus sçavant ; Mais avec sa fureur qu'il appelle divine, Tout sot se laisse errer accueilly- de famine. Homère, que tu tiens si souvent en tes mains, Que dans ton cerveau creux comme un dieu tu te pein- N'eut jamais un liard; si bien que sa vielle Et sa Muse, qu'on dit qui eut la voix .si belle, Ne le sceurent nourrir, et falloit que sa faim D'huis en huis mendiast le misérable pain.

« Laisse-moy, pauvre sot, ceste science folle;

1 . Homère. — C'est-à-dire : les deux œuvres attribuées à Homère : VIliade et l'Odyssée.

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