‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 385 sur 462 · Ou fust. — C'est-à-dire : ou soit · texte numérisé non relu

Ou fust. — C'est-à-dire : ou soit

8. Trette. — Aujourd'hui traite, féminin de /;•«//, signifie.: c//emin parcouru.

9. Erre (dérivé de errer au sens de voyager). — Signifie : le cours, la suite. (V'oir Glossaire.)

3ti(i (»1-:UVRKS CHOISIES DE UONSARD.

0 qu'il est mal-aisé de forcer la nature ! Tousjonrs quelque génie, ou l'influence dure D'un astre nous invite à suivre maugré tous Le destin qu'en naissant il versa dessur nous.

Pour menace on prière, ou courtoise requeste (Jiie mon père me fist, il ne sceut de ma teste Oster la poésie; et plus il me tansoit, Plus à faire des vers la fureur me poussoit.

Je n'avois pas douze ans qu'au profond des vallées. Dans les hautes forests des hommes reculées, Dans les antres secrets de frayeur tout couvers, Sans avoir soin de rien je composais des vers; Echo me respondoit et les simples Dryades, Faunes, Satyres, Pans, Napées, Oréades, Egipansqui portoient des cornes sur le front. Et qui ballant' sautoient comme les chèvres font. Et le gentil troupeau des fantastiques fées Autour de moy dansoient à cottes agrafées,

Je fu [tremiorement curieux du latin; Mais cognoissant hélas f que mon cruel destin Ne m'avoit dextrement pour le latin fait naistre, Je me foy tout françois, aimant certes mieux estre En ma langue ou second, ou le tiers ^ ou premier. Que d'estre sans honneur à Rome le dernier ^

Donc suivant ma nature aux Muses inclinée, Sans contraindre ou forcer ma propre destinée, J'enrichy nostre France et pris en gré d'avoir, En servant mon pais, plus d'honneur que d'avoir'*...

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