CONTINUATION DU DISCOURS DES MISERES DE CE TEMPS A LA MESME ROYNE
Madame, je seroisou du plomb ou du bois, Si moy que la nature a fait naistre François, Aux races à venir je ne contois la peine Et l'extrême malheur dont notre France est pleine.
Je veux, maugré les ans, au monde publier D'une plume de fer sur un papier d'acier, Que ses propres enfans l'ont prise et devestue, Et jusques à la mort vilainement batue.
Elle semble •' au marchand, helas ! qui par malheur, En faisant son chemin rencontre le voUeur, Qui contre l'estomach luy tend la main armée D'avarice cruelle et de sang affamée...
Mais ces nouveux tyrans qui la France ont pillée, Voilée, assassinée, à force despouillée, Et de cent mille coups le corps luy ont batu (Gomme si brigandage estoit une vertu) Vivent sans chastiment, et à les ouïr dire C'est Dieu qui les conduit, et ne s'en font que rire.^
Ils ont le cœur si fol, si superbe et si fier,