Rué. — C'est-à-dire : précipiter (latin : niere
Armo/ de patience il faut suivre sa voye ; Celuy qui ne la suit se damne et se fourvoyé...
De Beze *, je te prie, escoutc ma parolle, Que tu estimeras d'une personne folle; S'il te plaist ioutesfois de juger sainement, Après m'avoir ouy tu diras autrement.
La terre qu'aujoiird'huy tu remplis toute d'armes, Y faisant fourmiller grand nombre de gendaruies... De Beze, ce n'est pas une terre gothique ; \y une région Tarlare ny Scytiiique ; C'est celle où tu nasquis, qui douce te receut, Alors qu'à Vezelay ^ ta mère te conceut ; Celle qui t'a nourry et qui t'a fait apprendre La science et les arts dés ta jeunesse tendre. Pour luy faire service et pour en bien user, Et non, comme tu fais, à fin d'en abuser.
Si tu es envers elle enfant de bon courage, Ores^ que tu le peux, rens-luy son nourrissage*, Retire tes soldarts ^, et au lac Genevois (Comme chose exécrable) enfonce leur harnois *"•.
1 . De lieze. — Théodore de Bèze embrassa le protestantisme en l;i48 et dés lors devint un des plus ardents champions de la religion réformée. Ce fut lui qui ouvrit le pas au grand colloque de Poissy (io6l] devant le roi Charles IX. Il mourut à 86 ans, le 13 octobre 1006, après avoir eu l'honneur de baiser les mains de Henri IV, nous dit Pasquier. [Recherches de la France, I. VII, ch. x.)
2. Vezelay. — Aujourd'hui chef-lieu de canton du départ. <],■ l'Yonne. C'est là que saint Bernard prêcha la 2» croisade.