‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 41 sur 462 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

Si mille œillets, si mille Hz j'embrasse, Entortillant mes bras tout à l'entour, Plus fort qu'un cep, qui, d'un amoureux tour, La branche aimée en mille plis enlasse ' ;

Si le S0UC3' ne jaunit plus ma face, Si le plaisir fait en moy son séjour, Si j'aime mieux les ombres que le jour, Songe divin, ce bien vient de ta grâce ^

Pn te^ suivant je volerois aux cieux ; Mais son portrait, qui me trompe les yeux, Fraude toujours ma joye entre-rompue *.

Et tu me fuis au milieu de mon bien, Gomme un éclair qui se finit en rien.

Ou comme au vent s'évanouit la nuu '■'.

1. Pnlasse. - « Le coipmonccnifiiU est imité de Renilje. On remarquera ce cep voluptueux... Voilà des images poétiques qu'on chercherait vainement (lans nos poètes avant Roosaril et Pu Bellay. » (Sainte-Bcfivo.)

Page 1