‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 420 sur 462 · DES MISERES DE CE TEMPS · texte numérisé non relu

DES MISERES DE CE TEMPS

Je jure- du grand Dieu l'immense deité Que je diray le vraj' sans fard ny sans injure; Car d'estre injurieux ce n'est pas ma nature. Je te laisse ce droit duquel tu as vescu, Et veux quant à ce point de toy estre vaincu.

Or sus, mon frère en Christ, tu dis que je suisprestre? J'atteste l'Eternel que je le voudrois estre, Et voir tout le chef et le dos empesché Dessous la pesanteur d'une bonne evesché^..

Tu dis qu'une sourdesse * a mon aureille close ? Tu te moques de moy et me viens blasonner*

1. Temps. — A Paris, chez G. Buon, 1564,in-4o de 26 feuillets; il existe une édition de 1363, Lyon, petit in-4<' de 27 feuillets.

2. Je jure. — L'auteur répond ici à certaines gens qui avaient écrit contre lui, principalement à Florent Chrestien et à. Jacques Grévin qui, ses disciples dabord et ses amis, étaient devenus ses implacables ennemis. Ce dernier avait même composé contre notre poète une pièce de vers : « le Temple de Ronsard, où la légende de sa vie est briefvement desrrite. » (Voir édit. P. Blanchemain, t. VJI,

3. Evesclié. — Ce substantif était alors souvent féminin; aujourd'hui il n'est plus que masculin.

4. Sourdesse. — Aujourd'hui : surdité, substant. disparu. (Voir Glossaire.)

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