‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 423 sur 462 · Mécfiantement. — Aujourd'hui : jnécfiammenl · texte numérisé non relu

Mécfiantement. — Aujourd'hui : jnécfiammenl

Deux mois, tu sçaurois bien eu quel estât je vy. Or je veux que ma vie eu escrit apparoisse Afin que pour menteur un chacun te cognoisse. M'éveillant au matin, devant que^ faire rien, J'invoque l'Eternel, le père de tout bien, Le priant humblement de me donner sa grâce, Et que le jour naissant sans l'offenser se passe ; Qu'il chasse toute secte et toute erreur de moy, Qu'il me vueille garder en ma première foy. Sans entreprendre rien qui blesse ma province ^ Tres-humble observateur des loix et de mon prince.

Après je sors du lict, et quand je suis vestu Je me range à l'estude et apprens la vertu. Composant et lisant, suivant ma destinée, Qui s'est dés mon enfance aux Muses enclinée^. Quatre ou cinq heures seul je m'arreste enfermé ; Puis sentant mon esprit de trop lire assommé,

J'abandonne le livre et m'en vais à l'église.

Au retour pour plaisir une heure je devise ;

De là je viens disner, faisant sobre repas,

Je rends grâces à Dieu ; au reste je m'esbas. Car si l'apres-disnée est plaisante et sereine,

Je m'en vais pourmener*, tantost parmy la plaine,

Tantost en un village, et tantost en un bois,

El tantost par les lieux solitaires et cois^.

J'aime fort les jardins qui sentent le sauvage ;

J'aime le flot de l'eau qui gazouille au rivage. Là, devisant sur l'herbe avec un mien amy,

Je me siiis par les fleurs bien souvent cndormy

1. Devant que. — Locution vifillio, aiijonrd'lmi, avaul de. .

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