Coîs (latin : (/uietus). — Signifie : calme, tranquille
401 (iKUVHES CHOISIKS DE RONSARD.
A l'ombrage d'un saule ; ou, lisant dans un livre. J'ay cherché le moyen de me faire revivre ; Tout pur d'ambilion et de soucis cuisans, Misérables bourreaux d'un tas de mesdisans, Oui font (comme ravis) les prophètes en France, Pippans ' les grands seigneurs d'une belle apparence.
Mais quand le ciel est triste et tout noir d'espesseur Et qu'il ne fait aux champs ny plaisant ny bien seur. Je cherche compagnie ou je joue à la prime', Je voltige ou je saute ou je lutte ou j'escrime, Je dy le mot pour rire, et à la vérité Je ne loge chez moy trop de sévérité.
J'ayme à faire l'amour, j'ayme à parler aux femmes, A mettre par escrit mes amoureuses flammes ; J'ayme le bal, la danse et les masques aussi. La musique et le luth, ennemis du soucy.
Puis quand la nuict brunette a rangé les esloilies. Encourtinant^ le ciel et la terre de voiles, Sans soucy je me couche ; et là, levant les yeux Et la bouche et le cœur vers la voûte des cieux, Je fais mon oraison, priant la bonté haute De vouloir pardonner doucement à ma faute. Au reste je ne suis ny mutin ny meschant, Qui fay croire ma loy par le glaive trenchant. Voilà comme je vy ; si ta vie est meilleure, Je n'en suis envieux, et soit à la bonne heure*. ••
Tu dis que j'ay gagé^ ma Muse pour flatter?