‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 429 sur 462 · Es. — C'est-ù-dire : dans les · texte numérisé non relu

Es. — C'est-ù-dire : dans les

4. Veu. — Cf. Lactnnce; A, Cliénier, p. 1578. (Édit. B. d^ Fouquières.)

/i08 OEUVRES CHOISIES DE IlONSARD.

Et qu'ores' je ne suis de personne estimé.

Penses-tu que ta secte embrasse tout le monde?

Penses-tu que le ciel, Pair, et la terre et l'ondo

Se faschent contre moy pour te voir en courrous?

Tu te trompes beaucoup : Dieu est père de tous!

Je n'ay que trop d'honneur; certes je voudrois estre

Sans bruit et sans secours, comme anpasteurchampestre,

Ou comme un laboureur qui de bœufs accouplez

Repoitrit^ ses guerets pour y semer les blez.

Celuy n'est pas heureux qu'on monstre par la rue,

Que le peuple cognoist, que le peuple salue;

Mais heureux est celuy que la gloire n'époint*.

Qui* ne cognoist personne et qu'on ne cognoist point.

Aussi tost que la Muse eut entlé mon courage, M'agitant brusquement d'une gentille rage. Je senti dans mon cœur un sang plus généreux, Plus chaud et plus gaillard qui me fit amoureux. A vingt ans je choisis" une l)elle maistresse, Et voulant par escrit tesmoigner ma détresse, Je vy que des François le langage trop bas A terre se trainoit sans ordre ni compas ^ : Adonques pour hausser ma langue maternelle, Indonté du^ labeur, je travaillay pour elle : Je fis des mots nouveaux, je r'appelay les vieux •*,

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