‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 439 sur 462 · A JEAN D AURAT, SON PRECEPTEUR · texte numérisé non relu

A JEAN D AURAT, SON PRECEPTEUR

Ils ont menty, d'Aurat, ceux qui le veulent dire,

Que Ronsard, dont la muse a contenté les rois.

Soit moins que le Bartas, et qu'il ait par sa voix

Rendu ce tesmoignage ennemy de sa lyre.

Ils ont menty, d'Aurat, si bas je ne respire.

Je sçay trop qui je suis, et mille et mille fois

Mille et mille tourmens plutosl je soufîrirois,

Qu'un adveu si contraire au nom que je désire.

Ils ont menty, d'Aurat, c'est une invention

Qui part, à mon advis, de trop d'ambition;

J'auroy menty moy-mesme en le faisant paroistre;

Francus en rougiroit, et les neuf belles Sœurs

Qui trempèrent mes vers dans leurs graves douceurs

Pour un de leurs enfans ne me voudroient cognoistre '.

{Œuvr. posth.)

« On avait fait courir le bruit, lors de l'apparilion de la Première semaine, que Ronsard, s'avouant vaincu par Du Bartas, lui avait envoyé une plume d'or. » Sainte-Beuve.

feuillage j jeune bois. De là ces noms Dubreuil, et de Broglie à l'italienne. (L. M.)

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