‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 55 sur 462 · POUR MARIE · texte numérisé non relu

POUR MARIE

Les villes et les bourgs me sont si odieux Que je meurs si je voy quelque Iracelte* humaine. Seulet- dedans les bois pensif je me promeine, Et rien ne m'est plaisant que^ les sauvages lieux.

Il n'y a dans ces bois sangliers si furieux, Ny roc si endurcy, ny ruisseau, ny fontaine, Ny arbre, tant* soit sourd, qui ne sçache ma peine Et qui ne soit marry de mon mal ennuyeux.

Un penser qui renaist d'un autre m'accompagne Avec un pleur amer qui tout le sein me baigne ; Travaillé^ de souspirs qui si tristes me font,

Que si quelque passant metrouvoit au bocage. Voyant mon poil rebours et l'horreur de mon front, Ne me diroit pas homme, ains** un monstre sauvage'.

noms vulgaires de labeille. Avelte ne se trouve que dans Ronsard : (( Ni la rosée aux prez ni les blondes ai-etles. » (Berg. Ed. I.)

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