‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 75 sur 462 · LE COMMENTAIRE EST DE N. BICHELET · texte numérisé non relu

LE COMMENTAIRE EST DE N. BICHELET

Ronsard fut le premier qui composa des odes en langue française ; il voulut d'abord imiter Pindare et composa, comme lui, des odes avec des strophes, antistrophes et épodesK Après en avoir écrit quatorze, il al)an-

i. strophe, qui vient du grec arpoç-/;, est le chant duchœw pendant son évolution de c/auche à droite. On appelle antistrophe, du grec àvTi(TTpo9-^ le morceau lyrique que chantait le cliœiir en revenant sur sespas. Enfin Vépode, du grec Èttçooç, est le chant du chœur qui suit la strophe et l'antistrophe. Les odes de Pindare se composent (le strophes, û'antistrophes et iVépodes. <i Avant Stésichore, on no connaissait que deux sortes de chœurs, le chœur cyclique, ou la ronde continue, et le chœur avec strophe el antistrophe, c'est-à-dire faisant une évolution et revenant ensuite sur ses pas, pour recommencer le même mouvement daller et de retour, qui ne cessait iiu'avec le chant lui-même, et dont chaque partie, stropfie et antistrophe, correspondait aus diverses coupures du chant. Stésichore imagina une troisième sorte de chœur; ou plutôt il introduisit dans la seconde une modification considérable. Il rompit la monotone alternance de la strophe et de Y anti strophe, par l'introduction de Vépode après chaque retour. Uépode, qui différait de mesure avec la strophe et Vantislrophe, se chantait au repos; puis après, le chœur reprenait son mouvement de strophe, pour revenir en antistrophe et s'arrêter de nouveau en cpode; et ainsi >\(' suite jusqu'à la fin du poème. Cette innovation fit fortune, et elle devint la règle habituelle des poètes lyriques, comme on peut le voir particulièrement dans les odes de Pindare. » {Histoire de ta littér. grecque, A. Pierron, p 181.) C'est la manière qu'imite Ronsard dans ses Odes pindariques .

donna, avec raison, ce genre (car il n'y réussit guère), et se contenta de rimer à la façon d'Anacréon ou d'Horace. C'était plus conforme à son génie : Ronsard nous a laissé un certain nombre d'odelettes qui, encore aujourd'hui, ont conservé toute leur fraîcheur, toute leur grâce; c'est qu'elles sont naturelles et sont frappées au bon coin du génie français.

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