Charles. — CHARLES DE GUISE, cardinal de LORRAINE, né
à Joinville en 1525, mort en 1574^ était le deuxième fils de Claude de Lorraine et le frère du duc François. Il fut nommé archevêque de Reims, à l'âge de dix ans, mais son oncle, le cardinal Jean de Lorraine, consentit à gérer pour lui cette charge. Élevé à la dignité de cardinal en 1555, il fut chargé des finances et des affaires religieuses pendant le court règne de François Ilet déploya une grande rigueur à l'égard des calvinistes, surtout après la conspiration d'Amboise, en 1560. Il fut le représentant des catholiques au colloque de Poissy (1561) et l'un des membres les plus brillants du concile de Trente (1562). C'est à lui qu'on attribue la première idée de la Ligue.
— On sait que les princes de Lorraine étaient gens éclairés et protecteurs des lettres et des lettrés; le cardinal Jean de Lorraine, sous François I'^'", honorait de sa protection et de sa faveur tous les poètes et les artistes en renom, qui, de leur côté, célébrèrent son nom, les uns en vers latins, comme Etienne Dolet et Germain, les autres en vers français, surtout Cl. Marot dans lépitre qu'il lui adressa en 1328. (Voir Œuvres choisies, p. 56, 70) Charles de Lorraine suivit l'exemple de son oncle; c'est lui qui fonda l'Université de Pont-à-Mousson (Lorraine) dont plus tard hérita Nancy.
2. Cardinal. — Les cpiatre premiers livres des odes ont été publiés, connue il a été dit plus haut, en 1550, pour la première
De tant de roys' tes aveux,
J'aurois encor trop de lieux^
Pour te bastir une gloire :
Car, si je veux raconter
De ton grand Buillon l'histoire,
Qui peust les Turcs surmonter 2 1
Par une heureuse victoire, '
Ou la fameuse mémoire
De ses frères^, ou les rois
Tes ayeux, dont la Sicile*
A leur obéir docile,
Escouta les sainctes lois ;
fois; en 1550, Charles de Lorraine n'était pas encore cardinal, ainsi que Findique la note précédente; ce titre a dû être ajouté à partir de l'édition de 1560. Ronsard lui adressa Vllymne de la Justice (voir édil.P. Blancheniain, t. V, p. 106.)
1. Tant de royx. — La maison de Lorraine, une des maisons souveraines les plus anciennes de l'Europe eut pour fondateur Gérard, de la famille des ducs d'Alsace que Henri III nomma, en J048, duc héréditaire de la haute Lorraine. Alors la famille s'étendit et ses membres régnèrent dans plusieurs papties du monde, Les princes lorrains revendiquaient même lo tjfre de rQt (/eJeVH5a/e?)?, prétention pins ou moins chimérii|uc(iu'i|s appuyaient sur leur descendance de René d'Anjou, duc (11- Bap, qjii s'intilul.iit roi de Naples et de Jérusalem. Ce prince ayant laissé ses drnils imaginaires à sa fille Yolande d'Anjou, cette princesse les transmit par son mariage à Ferri de Lorraine, ))isaïeul p;^r son fils René, de Charles de Lorraine.
2. Surmonter. — Godefroy de BounxoN, fils d'fliistaphe II, comte de Boulogne et d'Ide, fille de Godefroy le Barbu, duc de Lorraine, fut adopté par son oncle et devint ainsi duc de Lornnne. En 1096, sous le pape Urhain II, et à la suscitation de Pierri! l'Herniite, il partit à la tète de la première croisade et fut proclamé roi de Jérusalem en 1099. Il périt l'année suivante, empoisonné, dit-on, par des fruits que lui avait offerts l'émir de Césarée.
3. Ses frères. — Paul Jove dil qu'il laissa après soy une succession glorieuse, et entre autres Baudoin, son frère, qui luy succéda au royaume. (R.)
4. Sicile. — René d'Anjo:;, dit le bon René, né en 1408, mort en 1480, fils de Louis II d'Anjou et d'Yolande, i\\\e de Jean V^ d'Aragon, fut élevé par le cardinal de Bar, son grand-oncle maternel. Devenu duc de Lorraine par son mariage avec Isabelle, fille de
iiDES.
^ Antiitroplie
Leur nom, qui le temps surmonte, Te ferait seul immortel !
Mais ta vertueuse honte Rougiroit d'un honneur tel, Je te veux faire un autel, Où, maugré' l'an qui tout rnang*;, Ton propre los' je peindray D'une encfe qui ne se change, Et là ce vœu je prendray, Qui au pèlerin estrange^ Racontera ta louange, Et la vertu qui reluit Par les ans de ta jeunesse, Comme l'or sur la richesse, Ou la lune par- la nuict.
EpO'h'
Tout l'honneur qui seul en France Du sein des dieux s'escoula.
Pour illustrer ton enfance.
Chai-IcsII, il fut, en 1438, appelé en Italie par Jeanne II, reine de Naples, qui lui légua son royaume, mais le manque d'argent le força à céder bientôt la place à son compétiteur, Alphonse d'Aragon, en 1442, et il revint vivre heureux et tranquille en France, oii il se livra dès lors à la littérature et aux arts.
1. Maulgré. — C'est-à-dire: malgré le temps . "SlMi^vé est axijourffhui : malffvé: