‹ Œuvres choisies de Saint-Évremond, precédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 63 sur 116 · ER18AY · texte numérisé non relu

ER18AY

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on voit cette injustice.

BOISROBBRT.

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a vu du caprice.

SILHON.

Les siècles , Boisrobert , sont assez différents : On blâmait autrefois les hommes ignorants ; La science aujourd'hui donne fort peu d'estime : En savoir plus que vous n'est pas un petit crime.

BOISROBBRT.

J'aime les ignorants d'avoir tant de bonheur.

SILHON.

Vous n'avez pas manqué d'acquérir cet honneur.

SERISAY.

£h ! pour l'amour de moi finissez la querelle,

Soyons , soyons unis^ d'une amitié fidèle.

£ncor, monsieur Silhon , de quoi vous plaignez-vous ?

BOISROBERT

Un mot qu'on veut changer lui donne ce courroux.

< silhon a fait un traité de l'immortalité de l'âme, un livre de politique, intitulé le Minisire d*État, et quelques autres ouvrages.

DE SAINT-EVR£VOï«D. 347

SILBON.

(Test un mot , il est vrai , mais de grande importance.

BOISItOBERT.

On pourrait s'en passer bien mieux que de finance.

SILHON.

Il est pourtant utile , et le sera toujours. Or trouve bien sa place en de graves discours. En affaire , au barreau , dans la théologie , Or est fort positif et de grande énergie.

8EBISAY.

Je vois venir à nous la sibylle Goumai :

Quel supplice, bon Dieu! m'avez*vous ordonné!

SILHON*

Elle mérite bien que vous fassiez cas d'elle.

BOISROBBRT.

A soixante et dix ans elle est encor pucelle.

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