‹ Œuvres choisies de Shakespeare - Vol. 2Chapitre 89 sur 99 · POINS · texte numérisé non relu

POINS

Glendower.

FALSTAFF

Owen Glendower ; c’est bien lui; et son gendre Mortimer : et le vieux Northumberland ; et cet Écossais des Écossais si agile, ce Douglas, qui, à cheval, gravit une montagne en ligne perpendicu- # laire. Eh bien donc, il est là, ainsi qu’un certain Mordake, et des milliers de bonnets bleus. Wor- { cester s’est enfui cette nuit. Ces nouvelles ont fait !. . blanchir la barbe de ton père’: on peut maintenant

acheter des terres à aussi vil prix que du maquereau

pourri. Dis-moi, Henri, n’as-tu pas horriblement peur? Comme héritier présomptif le monde entier pouvait-il t’offrir. trois ennemis comparables à ce damné de Douglas, à cet enragé de Percy, à ce diable de Glendower ? N’as-tu pas horriblement peur ? Est-ce que tout ton sang ne se fige pas à ces nouvelles ?

LE PRINCE HENRI

Pas le moins du monde, je t'assure ; j'aurais besoin pour cela d’avoir un peu de ton ins-.

tinct.

4 FALSTAFF

En tous cas, tu seras horriblement grondé demain quand tu paraïtras devant ton père ; si tu m'aimes, tu prépareras ta réponse.

148 FALSTAFF

LE PRINCE HENRI. 5 Voyons, représente mon père, et fais l'examen de ma conduite.

FALSTAFF. À

trône, cette dague mon sceptre, et ce coussin ma couronne.

Tu le veux ? Volontiers. Ce fauteil sera mon À LE PRINCE HENRI.

Ton trône est un escabeau, ton sceptre d’or un poignard d’étain, ta précieuse et riche couronne un

piteux crâne chauve.

FALSTAFF, Le

Allons, si le feu dela grâce n’est pas entièrement éteint dans toi, maintenant tu vas être touché. Versez-moi à boire, afin que j'aie les yeux rouges, et que je paraisse avoir pleuré ; car il faut que je parle ; avec chaleur, et je le ferai sur le ton du roi Cambyse (1).

LE PRINCE HENRI

Allons, ma révérence est faite.

FALSTAFF

Et moi, je prends la parole. Rangez-vous, ma noblesse, L’HOTESSE.

Ma foi, la farce est bonne.

(1) Allusion à un drame de l’époque, intitulé : 7ragédie lamentable, mêlée de sœ@nes comiques, contenant la vie de Cambyse, roi de Perse, par Thomas Preston, 1570. (Vote du traducteur.)

FALSTAFF

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#" FALSTAFF

. Ne pleurez pas, charmante reine, car les larmes sont inutiles.

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