CARACTÈRE CALABROIS : LE PRÉFET ET LE PAYSAN
Rome, 2 novembre (1827). — Un préfet du roi Murât nous racontait ce soir qu'un Calabrois, homme honnête et bon, était venu lui proposer un jour, dans la simplicité de son cœur, de faire assassiner à frais communs son ennemi, dont il venait de découvrir la retraite, et que le préfet cherchait de son côté parcs que le ministre de la police lui avait donné l'ordre de l'arrêter. Mme L*** s'est fait répéter les mots bon et honnête, ils étaient dits de bonne foi. On peut être bon cl honnête à Coscnza ou à Pizzo, tout en faisant assassiner son ennemi. Du temps des Guise, on pensait ainsi à Paris; et il n'y a pas cinquante ans que la bonne compagnie de Naples avait encore ces idées : tel était le point d'honneur. Ne pas se venger dans certains cas par l'assassinat, c'était comme à Paris recevoir un soufflet v.ms en demander raison.
Voilà le plaisir de voyager. Je m'émerveille de cette anecdote, que je crois véritable; racontée à Paris, elle m'eût fuit hausser les épaules.
Dans les petites villes à partir de la frontière de Toscane vers Pérousc, jusqu'à Reggio de Calabre et Otrante, un différend pour un mur mitoyen produit dei injures qui blessent si profondément ces cœurs sensibles et sombres (à la façon de J.-.I. Rousseau dan dernières années), qu'il faul du sang. Le préfet napolitain, notre ami, reprochait à un paysan <le "■• pal