LE BAL
« Vous avez de l'humeur, lui dit la marquise de La Mole; je vous en avertis, c'est de mauvaise grâce au bal.
— Je ne me sens que mal à la tête, répondit Mathilde d'un air dédaigneux, il fait trop chaud ici. >•
A ce moment, comme pour justifier Mlle de La Mole, le vieux baron de Tolly se trouva mal et tomba ; on fut obligé de l'emporter. On parla d'apoplexie, ce fut un événement désagréable,
Mathilde ne s'en occupa point. C'était un parti pris, chez elle, de ne regarder jamais les vieillards et tous les être reconnus pour dire des choses tristes.
Elle dansa pour échapper à la conversation sur l'apoplexie, qui n'en était pas une, car le surlendemain le baron reparut.
Mais M. Sorel ne vient point, se dit-elle encore après qu'elle eut dansé. » Elle le cherchait presque des yeux lorsqu'elle l'aperçut dans un autre salon. Chose étonnante, il semblait avoir perdu ce ton de froideur impassible qui lui était si naturel; il n'avait plus l'air anglais.