‹ Œuvres Choisies de VChapitre 109 sur 109 · N^ IV · texte numérisé non relu

N^ IV

Pag. 127. — Je ne concilie pas cette présentation avec celle du chapitre suivant^ gui est le XVII.

Pour mettre le lecteur plus en état de prononcer lui-même à cet égard, nous lui soumettons la substance fidèle de ce chapitre 17, un peu trop long pour être cité mot à mot. Il débute par mettre en présence les deux armées et les camps des Philistins et des Hébreux sans avoir dit un mot des causes ni des antécédents de cette guerre, ce qui déjà indique qu'il n*est pas la suite positive du chapitre 16, qui finit par le récit de la première présentation. '

Un Philistin de taille gigantesque , né bâtard, et nommé Goliath^ » s'avance entre les deux camps, et défie au combat le plus vail- » lant des Juifs. (Le narrateur décrit d'une manière instructive et » curieuse les détails de son armure). Pendant quarante jours , » soir et matin, Goliath recommence son défi en posant pour con- » dition que les compatriotes du vaincu deviendront les esclaves » des compatriotes du vainqueur. Les Hébreux restent stupéfiés de » frayeur; or, un homme de Bethléem avait huit enfants dont trois » étaient au camp, et David , le plus jeune, allait et venait de la » maison au (^amp leur porter des vivres : et un matin qu'il en ap- » portait, il vit Goliath , le géant, qui , à son ordinaire, défiait les » Hébreux. Il s'informa de ce que cela signifiait , et un hébreux lui » dit : Vous voyez cet homme qui insulte Israël; si quelqu'un peut » le vaincre, le roi l'enrichira, il lui donnera S2iù\\eji\ affranchira » la maison de son père , et la rendra libre (les Hébreux étaient » donc serfs). Ktle frère aîné de David l'entendant parler lui dit: » Que fais-tu ici ? et pourquoi as-tu quitté ce peu de troupeaux que » nous avons? Je connais ton orgueil et la malice de ton cœur. » (Ces derniers mots semblent faire allusion aux prétentions que l'onction royale aurait déjà données à David.) « Tu viens voir le » combat , retourne à la maison. Et David alla d'un autre côté , » continuant de questionner les uns et les autres, tellement que ses » discours parvinrent aux oreilles du roi : et il fut conduit devant » Saûl , à qui il dit avec assurance qu'il combattrait le géant , et V qu'il le vaincrait. Saûl lui fit essayer les armes d'usage , savoir » la cuirasse, le casque, le bouclier; David dit que tout cela le gê- » nait, et qu'il ne voulait que sa fronde, son bâlon et cinq pierres

» polies qaHldioisit dans le torrent : ainsi armé, il s'avance vers » le géant : entre eox deux se passe un dialogue selon les mœurs » du temps, dans le style des guerriers d'Homère. David prend son » temps » et de sa fronde lance une pierre qui frappe le Philistin au » front et le renverse à terre (le texte dit qu'elle entra dans le » front ; cela ne se conçoit pas ; une petite pierre a eu trop peu de » poids pour cet effet ; une grosse pierre a eu trop de volume) ; il 9 se précipite sur le géant vaincu» saisit son épée (ou plutôt son » coutelas) , et lui coupe la tête qu'il apporta à Jérusalem^ et il » mit les armes du Philistin dans le Tabernacle, » Cette mention de Jérusalem est étonnante; le tabernacle n'y fut posé que dans la suite par David même.) L'historien continue et dit, « qu'au » moment où David marcha contre le Philistin , Safil dit au chef » de sa garde , Abner^ de qui est fils ce jeune homme (nar) 7 Ab^ » ner répond : Sur ma vie je Fignore. Demandez-le lui, dit le roi; » et quand David revint , Abner le prit et le mena au roi , tenant la » tête du géant, et Saûl lui dit : De qni es-tu fils? — D'Isa! de » Bethléem, répondit David; et de ce moment le cœur de Jona- » thas, fils de Saûl, s'attacha à David, et il ne cessa de Taimer. » Or, SatU, ce jour-là, prit David à son service et il ne le laissa plus » retourner chez son père » (ceci diffère entièrement du chap. 16, où Saûl envoie prendre David chez son père) ; « et il lui donna » un commendement, puis diverses entreprises périlleuses, où Da* » vid réussit toujours : or, quand Saûl , de retour de cette expéf- » dition (qui avait fini par une déroute complète des Philistins) , » passa dans les villes et villages des Hébreux , les femmes et les » filles sortirent au-devant de lui , chantant : Saûl en a tué mille^ » David en a tué dix mille , et Saûl blessé de ce chant dit en lui- » même : Ils m'en donnent mille ^ ils lui en donnent dix mille i » bientôt ils lui donneront le royaume^ et dès lors il voulut le » perdre. — Et un jour qu'il fut saisi du malin esprit de Dieu, » et que David jouait de la lyre en dansant devant lui, Saûl t^ta » deux fois de le percer de sa lance , mais David l'évita , et le fer 9 frappa dans la muraille : David continua de prospérer, et Saûl » lai promit une de ses filles s'il tuait cent Philistins, etc. »

Assurément le récit de ce chapitre, quant à la présentation^ diffère matériellement dupréçédent : dans le chap. 16, après l'onction clandestine de David, en la maison de son père, à Rethléem, Saûl renvoie chercher pour jouer delà harpe, et il le retient à son

181 NOtËS.

iferticè ) ancoiiê ittëMioli n^éBî fèité dd combat, ni de h guerre j^hffiMiiie, ce qei ^ge ttii hpede U»k]^ tM» ce (èàpitré 17, od il dêfrait à ce titre déjà bkii le ccmhâîti^, il M Inrftpotir h pl^ mière ftris, iU'eoqoiett desa ftitûtte et de sonnom ; cela n^ést^ tBOacillaUeetne peats'évpliqoerqa'aiitant que l'oh admet ici deux récits origfaiaox, feiMllt dëdettxmailb diS^tèis, que le cOthpilateur a constla r«ii k Tautrè sAns raccoM^ ifosànt probablement rien éhanger k deni autorité qni M (ont imposé respect. Ce Compilateur a dû êtihe £0dras, et leà nftH-atiàui^ pretiiiet^ ont pu être Samuel» Gidb ou Nathan, ooinméronttBtltèi Pà^Iîpomène$.

Fag. 138. — Vûmèrèdè Sàhinel év&piée par ia magicienhè db Ain-d&r. Sam. Ut. 1**-, chàp, 28.

: Cette beène est n curieuse, que le lectem- nôuè saura gKde lui en doii00r ie rédt tettueL

' Mauel Mit làiortv Sam àrait chassé les detitts et les magidttis) er, les Pbilisttifs flTétimt assemblés en arm^. Virent « cam- » per & SoAatfl i Safd rasseisMa Israël, él caiktpA à QUhà, etvoyânt j^lea dl^oMtlM» dtaftPhOfistins; â conçut de gfaiid^ ci^te^, et ft inteni)gea Dieu (lèbésli): et Dieu ne répondk ni par Songes, ni » par «rîm ou dradës dé prlltr^, ni paf- prophètes. » (Vo^-ezi ce fliujet le Dittionilttre de la Bible pst dom Calm^, tom. vi, art. ufim él îhMUm, (oà Ten v^l que le pt&M rendait rbradie paf* fkis^eetiltti despierr^éè précieuses q«, à ses ytRiik, jetaient on né Jetaient pas d*édat ) « Et 4SM1 dit à ses serviteurs : GberbheÉ^inoi tibe •^feimnéffiÀl^rif^iedes étfoeùihnSi que Je l'interroge i ils hiirépbb-a> f dic«nt: fl y en a une à Ain^der ^ iontaitte de Df^^Sadl dMm- » gea ses véteaMnls , en prit d'autres, et s'y ëtfaettiiné aiéc debt 9 famaimes; ib aiiivèrent dé nuit chez cette temme, et il lui dit \ * DeVinez^BKiJ, je toIis pHé, pai^ les Mprits m tm>emnts, et féia t3e^4ûoifniéfUêr qêi je fais ^iwm dire ; la fetnme r^XMldît: TuUs ésavea ceqe'ftfait Saiiiqiti èdétrUftlesdennsetgén^ âkiihunart, » pourquoi me iendez-voofi m t>lège peur me faire inourir? et «<SaCa In jura par Ieh»uh en lui éSam, : Vite DièU,4 ne tnusar- » rirera pas de mal : la Ibiâme reprit : Qui vous ferafs-je monter ? > «Saûl dit î laites munt^ SsflNiel; et «(bientôt) h femme rit Sn- 4 muel^ etellcs'éd^a: Pëui^^pieiUii'aTez-'nniis trompée? T|U9 Ctci

NOTES. i8S

« Sti^; et te roi dit: m brâigiiespiriatyqûi anâs-VocB ?fit->^'d » ^ti Élûhm (lès Di«u«) mmtants fdti sein) de b terre. (Notti » Méh qiàlci te mot Élûhini gotiverfiê te phirtel mimiann.) MA ^ df I : guette est se îôtmt ? élte t^rk : Un Yteillarâ cottvèrt d'tni it manteau; et Safii recbtifttttiiiiië e'éttlit Samuel^ et il s^iflclitia T^n » là terre; et Sàmuè! dil àSftItli Peurqui^ ni^at^esî-TOtiS trbuMéèh » ttie Msant montei-T Saûl i'épotidit : Je Boift dans tes adgutesesv « tes l^hiffiitins mè ctUâkatl^ht | Dien {Élûkifn) s'est rètité de b^j « il ne mé répond ni par lés pb>|^èlès, Uii par tés ^ongesç je vofM » ai ihVoqné pddi^ tià'éclafa*èr suf* ce qifè J« ddis ^aire ; et ^imwA » i*épDiidit : Pourquoi In'fhterrogez-Yous quand Diea s*^ retins » de vous et quMl s'est f^it votre rival Comme je votië l'ai dit 7 II a )) rompu le pouvoir de votre main et l^à donné à David, parce qis»

* vôustfavez point écouté Sa voit, et que Voos l'ave» irrité pour » Amaleck (te texte dit ifrité son nez); Dieu vous livrera aujour- » d*huî avec Israël aux Philistins; demain vous et vos fils vous se* » re2 avec moL A ees mota^ SaOl de sa haute taille tomba subitei ment par terre * sait» de terreur ; U fut sans force< il n'avait pas

* mangé de pain, M ce Jour, ni la nuit (précédente) i éft la femme I» vint à iùi,et comme ëlte le vit épouvanté, ette lui dit: Votre ser^ » vante vous a entendu^ elte a missonAmedattsiamain; elle vaus » paie d'entendre ses paroles, elle vous offre une bouchée de pain^ 4 afinqne vous mangtez ; vous reprendra des forces et vous reto tournerez (chez voioa). SaÛlreAisa et dit : Je ne niangmii poîi^)

* et ses serviteurs tel cette femme te contraignirent: il ae rendit à « leurs prières ; H se reteva de terre et s^assit sur te Wt (matelag » posé par terre); et fe ftttnme avait un vean qu'elle engraiisalt, élte ^ se hâta de Pégoiiger ; ^e prit de la farine, fit cuire des gftteamc » ou galettes (non levées fente de temps), eue présetiia ces àUminits » à Saûi et à aes servftem>«{ ils mangèret lia se levèrent et s'en al- » lèrent pendant cette nuit » — (Le chapitre finit.)

Cette scène a été le sujet de beaucoup de raisonnements de la part de divers écrivains chrétiens, anciens et modernes ; presque tous y ont vu Topération dn diable dm moyen duquel ils expliquent tout ce qui n'est pas divin Aatné leur ligne. Le hollandais Fan Date et le philosophe français FonteneUe s'en sont particulièrement occupés ; mais à leur époque, il n'y a eu ni assez de connaissances physiques, ni assez de liberté d'écrire pour qu'ils pussent clairement s'expliquer; il est bien clair aujourd'hui que cette fem->

îS^i NOTES.

mé n'a usé cpie des preMiges naturels dont nos physiciens modernes ont retrouvé la science secrète : elle n'a pas eu besoin d'une grande.magiepour reconnaître le roi Saiil si connu de tout Israël» pour sa taille qui dominait le vulgaire de toute la tête ; ni pour faire apparaître une ombre au moyen de ces lanternes sourdes lycées dans un réduit caché, d'où elles projettent sur un mur oa sur une toile tendue, un spectre lumineux dessiné par une feuille de métal onde bois accolée à la laïupe ; l'antiquité de ce meuble est attestée par les ruines d'Herculanum, où (m l'a trouvé comme une leçon pour nous de ne pas délier aux anciens la connaissance de tout ce que nous ne voyons pas. Que de choses les jongleurs de toute robe ont eu intérêt de cacher ! Cette femme n'a pas eu besoin d'une grande magie pour cacher quelque complice qui a fait le dialogue (si elle ne l'a pas fak elle-même), ni pour subjuguer l'esprit de trois hommes dépeints si supertitieux, si crédules, si épouvantés ; et comment ces tours de gobelet n'auraient-ils pas réussi à cette époque de profonde ignorance, lorsqu'au milieu de nous, au dixhuitième siècle, l'on a vu sous le nom de logeégyptienney des as< sociation ou confréries d'hommes de haute qualité, des comtes ^ ûtsmarquis^ ûes princes, en France, en Italie, &i Allemagne, se hisser illuminer par les fourberies de qudques imposteurs (de Gagliostro par exemple), et cela , au point de croire que l'ombre de Sésosêris oude Nehepsos, ou de Sémiramts^ pouvaii venir assister à leurs banquets nocturnes? On parle beaucoup de la crédulité du peuple, on devraft dire de Vhomi^e ignorant^ qui, pour êti*e vêtu d'hd)its divers, tantôt de baillons, tantôt de galons, de percale ou de bure, n'en est pas moins toujours le même animal ridicule par ses prétentions, pitoyable par sa faiblesse; heureux quand ses passionsirritées n'enfopt pas une bêle féroce, dangereuse surtout lorsqu'elle cadie la griffe du t^ sous le velours des formes religieuses.

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