‹ Œuvres Choisies de VChapitre 48 sur 109 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

8«M nniverstU* de tout dtoU et de toute loi.

Alors les hommes choisis par le peuple pour recher* cher les vrais principes de la morale et de la raison procédèrent à l'objet sacré de leur' mission ; et, après un long examen, ayant découvert un principe universd et. fondamental, il s'éleva un législateur qui dit au peuple : « Yoioi la ba$e primordiale^ Torigine physique de toute justice et de tout droit.

« Quelle que soit la puissance active, la cause motrice 9«t régit l'univers, ayant donné à tous les hommes le$ mêmes organes^ les mêmes sensations^ les mêmes besoins^ elle a, par ce fiait même, déclaré qu elle leur donnait à totu les mêmes droits à Tusage de ses biens^ et que tous Us hommes soiû égaux dans l'ordre de la nature.

« En second lieu, de ce qu'elle a donné à diaoun

des moyens mfjisanls de pourvoir à son existence, il résulte avec évidence qu'elle les a tous constitués indépefidatUs les uns des autres; qu elle les a créés libres; que nul n'est soumis à autrui ; que chacun est ptopriéiaire absolu de son être.

« Ainsi, YéffalitéetlsL liberté sont deux attributs essentiels de l'homme; deux lois de la Divinité, inabrogeùbtes et constitutives comme les propriétés physiques des éléments.

« Or, de ce que tout individu est maitre absolu de sa personne, il s'ensuit que la liberté pleine de son eonsentement est une condition inséparable de tout contrat et de tout engagement.

« Et de ce que tout individu est égal à un autre, il suit que la balance de ce qui est rendu à ce qui est donné, doit être rigoureusement en équilibre : en sorte que ridée de liberté contient essentiellement celle de la justice, qui naît de V égalité.

« Légalité et la liberté sont done les bases physiques et inaltérables de toute réunion (f hommes en société j et, par suite, le principe nécessaire et régénérateur de toute loi et de tout système de gouvernement régulier.

« C'est pour avoir dérogé à cette base que chez vous, comme chez tout peuple, se sont introduits les désordres qui vous ont enfin soulevés. Cest en revenant à cette règle que vous pourrez les réformer, et reconstituer une association heureuse.

« Mais observez qu'il en résultera une grande secousse dans vos habitudes, dans vos fortunes, dans vos préjugés. Il faudra dissoudre des contrats vicieux, des droits abusifs ; renoncer à des distinctions injustes, à de fausses propriétés ; rentrer enfin un instant dans l'état de la nature. Voyez si vous saurez consentir à tant de jacrifik^es. y>

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