‹ Œuvres Choisies de VChapitre 49 sur 109 · CHAPITRE XVU. SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVU. SI

Âlors^ pensant à la cupidité inhérente au cœur de Thomme, je crus que ce peuple allait renoncer à toute idée d'amélioration.

Mais, dans Tinstant, une foule d^hommes généreux et des plus hauts rangs, s'avai^çant vers le trône, y firent abjuration de toutes leurs distinctions et de toutes teurs richesses : « Dictez-nous, dirent-ils, les lois de l'évalué et de la liber lé; nous ne voulons plus rien posséder qu'au titre sacré de la justice.

« Égalité, justice j liberté^ voilà quel sera désormais notre code et notre étendard. »

Et sur-le-champ le peuple éleva un drapeau immense, inscrit de ces trois mots, auxquels il assigna trois couleurs. Et l'ayant planté sur le siégedu législateur, l'étendard de la justice universelle flotta pour la première fois sur la terre; et le peuple dressa en avant du siège un autel nouveau^ sur lequel il plaça une balance d^or, une épée et un livre, avec cette inscription :

A LA LOI ÉGALE , QUI JUGE Kï PftTKGE.

Puis, ayant environné le siège et Tautel d'un amphithéâtre immense, cette nation s'y assit tout entière pour entendre la publication de la loi. Et des millions d'hommes, levant à la fois les bras vers le ciel, firent le serment solennel de vivre libres et justes; de respee- -ter leurs droits réciproques, leurs propriétés ; (Tobéiràla loi et à ses agents régulièrement préposés.

Et ce spectacle si imposant de force et de grandeur, si touchant de générosité, m'émut jusqu'aux larmes ; et m'adressant au Génie : « Qqe je vive maintenant, a lui dis-je, car désormais je puis espérer. » •

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