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CHAPITRE XVIII. M

mité; effrayons les rois, pour qu'ils s'unissent à notre cause. Divisons les peuples, et suscitons-leur des troii* blés et des guerres. Occupons-les de combats^ de c<mquêteê et de jalousies. Alarmons-les sur la puissance de cette nation libre. Formons une grande ligue contre l'ennemi commun. Abattons cet étendard sacrilège, renvereons ce trône de rébellion, et étouffons dans son foyer cet incendie de révolution. »

Et en effet, les tyrans civils et sacrés des peuples formèrent une ligue générale ; entraînant sur leurs pas une multitude contrainte ou séduite, ils se portèrent d'un mouvement hostile contre la nation libre, et investirent à grands cris Y autel et le Irone de la toi naturelle: c< Quelle est, dirent-ils, cette doctrine hérétique et nouvelle? Quel est cet autel impie, ce culte sacrilège?... Sujets fidèles et croyants ! ne semblerait-il pas que ce fût d'aujourd'hui que Ton vous dé* couvre la vérité, que jusqu'ici vous eussiez marché dans l'erreur, que ces rebelles, plus heureux que vous, ont seuls le privilège d'être sages ! Et vous, peuple égaré, ne voyez- vous pas que vos nouveaux cheffe voua trompent, qu'ils altèrent les principes de votre foij qu'ils renversent la religion de vos pères F Ah ! tremblez que le courroux du ciel ne s'allume, et hâtez-vous, par un pronjipt repentir, de réparer votre erreur ? »

Mais, inaccessible à la suggestion comme à la terreur, la nation libre garda le silence; et, se montrant tout entière en armes^ elle tint une attitude imposante.

Et le législateur dit aux xhefs des peuples : « Si, lorsque nous marchions un bandeau sur les yeux, la lumière éclairait nos pas, pourquoi, aujourd'hui qu'il est levé, fuirà-t-elle nois regards qui la cherchent? Si le$ chèfe qui prescrivent aux hommes d'être clair-

U LES BUtN£S.

VQyaat$, les trompent et les égarent, que font ceux jui ne veulent guider que des aveugles ? Chefs des peuplej^! si vous possédez ia vérité; faites-nous la voir: nous la recevrons avec reconnaissance ; car nous la cherchons avec désir, et nous avons intérêt de la trouver ; nous sommes des hommes^ et nous pouvons nous tromper ; niais vous êtes hommes aussi, et vous êtes ^^ûr/(?^rt^«/ faillibles. Aidez-nous donc* dans ce labyrinthe où, depuis tant (Je siècles, erre' l'humanité ; aideznous' à dissiper l'illusion de tant de préjugés et de vicieuses habitudes ; concouï*ez avez nous, dans le choc de tant d'opinions qui se disputent notre croyance, à démêler le caractère propre et distinctif de la .vérité. Terminons dans un jour les combats si longs de Terreur : établissons entre elle et la vérité une lutte solennelle : appelons les opinions des hommes de toutes les nations ; convoquons rassemblée générale des peuples : qu'ils soient juges eux-mêmes dans la cause qui leur est propre ; et que, dans le débat de tous les systèmes, nul défenseur, nul argument ne manquant aux préjugés ni à la raison, le sentiment d'une évidence générale et commune fasse enfin naître la concorde universelle des esprits et des cœurs. »

CHAPITUE XIX.

Assemblée générale des peuples.

Ainsi parla le législateur ; et la multitude, saisie de ce mouvement qu'inspire d'abord toute proposition

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