CHAPITRE XX. 9t
; « D^Tière eux yieaneiit; les moiadres chapeaux d'une ionl^ de dieux, mMeg^» femeUes, liermaphrodites, qui, paren^ts et, amis des. trois .principaux., ont pasjsé leur vie à se livrer des combats» et leurs adorateurs les imiteztf. Ges dieux, n'ont besoim de rien, et sans cesse ils reçoivent des offrandes; ils sont toutpuis§auts, remplissent T univers; et un brâmane, avec quelques paroles, les enferme dans une idole ou dans une cruche, pour vendre à son gré leurs faveurs.
« Au delà, cette muUiuide dlautres étendards que, sur un fond jaunàtie qui leur est commun, tu vois porter des emblèmes différents , sont ceux d'un même dieu, lequel, soiis des noms divers, règne chez les nations de TOrient. Le Chinois Tadore dans Fô/, le Japonais le révère dans Budso^ l'habitant de Ceylan dans Bedhou et Boudah, celui de Laos dans Cliekia^ le Pégouan dans Phla^ le Siamois dans Sommona Kodom.le Tibétain dans Bovdd et dans La : tous, d'accord sur le fond de son histoire, célèbrent sa vie pc-nilenUy ses, morlificuliom\ ses jeûnes, ses fonctions de médiateur et d'ea:piateur^ les haines d'un dieu son enfiemi<f leurs cow6^i^« et son ascemlant. Mais discords entre eux sur les moyens de lui plaire, ils disputent sur les rites et sur les pratiques, sur les dogmes de la doctrinei mtérie^re et de h doclritie publique. Ici, ce bonze j^ponais^ à la robe jaune, à la tête nue, pi*êche l'éternité des âmes, leurs transmigrations successives dans divQrs corps ; et près de lui le sinloïsfe^ niant leur. eJ^istence séparée des sens, soutient qu'elles ne $ont qu'un effet des organes auxquels elles sont lii'cs, ,çt avec qui elles périssent, comme le son avec l'instrumaat. Là, le Siamois, aux sourcils rasés, l'écran fo/î/iar à la main , recoiumande rninnône, les I. 7
expiaiîoas, ks offrmides ; et cependant il croit au destin aveugle et à ThnpiK^bte httiiti. Le hockan^ chinois sacrifie aux âmes des aBCÔtres, et près de lui le sectateur de Confutzés chcrdi« son lioroscope dans des fiches jetées an ka^rd, et dam le mouvement des cieux. Cet enfant, environné d'un essaim de|»être8 à robes et à chapeaux jaunes, est le yrund Lama, &k qui vient de passer le diai que le Tibei adore. Un rival s'est élevé pour partager ee bienfait avec kii; et sur les bords du lac Baikal, le Calmouque a aussi son dieu comme Thaintant de La-sa ; mais d'accord en ce point important, que Dieu ne peut habiter qu'un corps d'homme, tous deux rient de la grossièreté de rindien, qui honore la fiente de vache, tandis qu'eux consacrent les excréments de leur ponlife.
Après ces drapeaux, une foule d'autres que l'œil ne pouvait dénombrer, s' offrant encore à nos regards : « Je ne terminerais point, dit le Génie, si je te détaillais tous les systèmes divers de croyance qui partagent encore les nations. Ici les bordes tartares adorent, dans des figures d'animaux, d'oiseaux et d'insectes, les bons et les maunais génies, qui, sans u» dieu principal, mais insouciant, régissent l'univers ; dans leur idolâtrie, elles retracent le paganisme de Fan-» cien Occident. Tu vois l'habillement Inzarre de leurs cliamans^ qi^i, sous une robe de cuir garnie de clochettes, de grelots, d'idoles de fer, de griffes d'oiseaux, de peaux de serpents, de têtes de chouettes, s'agitent en convulsions factices, el, par des eri& magiques, évoquent les morts pour^romper les vivants. Là, les peuples noirs de l'Afrique, dans le culte de leurs fétiches , offrent les mêmes opinions. , Vmci Thabitant de Juida, qui adore J3ieu dans un grrad serpent, dont par malheur les porcs sont avides,.,..
CUAPITRE XXL f»
Voilà ieTéleut^y qui se lereprés^t^, vêtu de toutes codeurs, ressemblant à ua soldat russe; voilà le Kamtscixadale qiiR, trouvant ^que tout va niai d^ns ce mondent dians scmk ditnat, se le figure un vieillard emprieiem€< et cha^rin^ fumant sa pipe, et chas^nt en traîneau les renards et les martres ; enfin, voilà cent nations sauvages qui, n'ayant auame des idées des peui)Ies policés sur Dieu, ni sur lame, ni sur un monde ultérieur et une autre vie, ne forment aucun système de culte, et n'en jouissent pas moins des dons de la nature dans l'irréligion où elle-même les a créées.