‹ Œuvres Choisies de VChapitre 60 sur 109 · CHAPITRE XXI. If · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. If

que si yoxis n'isn parleiE que sûr témoignage et par tra^ éitlony montrez-nous un récit uniforme, et donnez à notre croyance des bases identiques et fixes. »

Alors il s'éleva entre les théologiens une grande controverse sur Dieu et sur sa nature ; sur sa mamire d'agir et de se manifetter ; sur la nature de Yame et ton union avec le corps ; sur son existence, avant les organes^ ou seulement depuis leur formation ; sur là vie future et sur l'autre monde : et chaque secte, chaque école, chaque individu différant sur tous ces points, et motivaot son dissentiment de raisons plausibles, d'auto-. cités respectables, et cependant opposées, ils tombé* renttons dans un labyrinthe inextricable de contradictions. «

Alors le législateur ayant réclamé le silence, et ramenant la q uestion à son premier but : « Chefs et instituteurs des peuples, dit-il, vous êtes venus en présence pour la recherche de la vérité; et d'abord chacun de vous croyant la posséder, a exigé une foî implicite ; mais apercevant la contrariété de vos opinions, vous avez conçu qu'il fallait les soumettre à un régulateur commun d'évidence, les rapporter à un terme général de comparaison, et vous êtes convenus d exposer chacun vos preuves de croyance. Vous avez allégué des faits; mais chaque religion, chaque secte ayant également ses miracles et ses martyrs, chacune produisant également des témoignages et les soutenant de son dévouement à la mort, la balance, par droit de parité, est restée égale sur ce premier point.

a Vous avez ensuite passé aux preuves de raisonnement; mais les mêmes arguments s'appliquant égate^ ment à des thèses contraires ; les mêmes assertions, également gratuites, étant également avancées et repousôées ; l'assentiment de chacun étant dénié par les

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mêmes drôiis, rien ne s'est trouvé démontré. Bien plus, la confrontation de vos dogmes a suscité de nouvelles et plus grandes difficultés; car, à travers les, diverâtés apparentes ou accessoires, leur développement vous a présenté un fond ressemblant, un canevas commun ; et chacun de vous s'en prétendant l'inventeur autographe^ le dépositaire premier, vous vous êtes taxés les uns les autres d'être des altérateurs et des p/agiaires; et il naît de là une question épineuse de tram* nUiêian de peuple à peuple des idées religieuses.

a Enfin, pour combler l'embarras, ayant voulu vous rendre compte de ces idées elles-mêmes, il s'est trouvé qu elles vous étaient à tous confuses et même étrangères ; qu'elles portaient sur des bases inaccessibles à vos sens ; que, par conséquent, vous étiez sans moyens d'en juger, et qu'à leur égard vous conveniez vous-même de n'être que les échos de vos pères : de là cette autre question de savoir tcomm^w^ elles oîU pu venir à vos pères, qui, eux-mêmes^ n'avaient pas d'autres moyens que vous de les concevoir : de manière que, d'une part, la succession de ces idées étant inconnue, d'autre part leur origine et leur existence dans l'entendement étant un mystère, tout l'édifice de vos opinions théologiques devient un, problème compliqué de métaphysique et d'histoire...

c( Comme néanmoins ces opinions, quelque extraordinaires qu'elles puissent être, ont une origine quelconque ; comme les idées les plus abstraites et les plus fantastiques ont, dans la nature, un modèle physique, une cause, quelle qu'elle soit, il s'agit de remonter a cette origine, de découvrir quel fut ce modèle; en un mot, de savoir d'où sont venues, dans l'entendement de l'homme, ces idées maintenant si obscures de la divinitéy de Vame, de tous les êtres im-

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matériels qui foat la base de tant de systèmes» et de démêler la filiation qu'elles ont suivie, les altérations qu elles ont éprouvées dans leur succession et leurs embranchements. Si donc il se trouve dès hommes qui aient porté leurs études sur ces objets, qu'ils s'avancent et qu'ils tentent de dissiper, à la face des nations, Tobscurité des opinions où depuis si longtemps elles s'égarent. »

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