CHAPITRE XXI. iftl
cord tout le monde ; et l'un d'eux prenant la parole: c< Il est temps, dit-il, que nous terminions toutes ces contestations frivoles en levant pour vous le voile de la doctrine intérieure que Fèt lui-même, au lit de la mort, a révélée à ses disciples.
« Toutes ces opinions théologiques,, a-t-il dit, nt sont que des chimères ; tous ces récits de la nature des dieux, de leurs actions, de leur vie, ne sont que des allégories, des emblèmes mythologiques, sous lesquels sont enveloppées des idées ingénieuses de morale, et la connaissance des opérations de la nature dans le jeu des éléments et la marche des astres.
« La vérité est que tout se réduit au néant ; que tout est illusion, apparence^ songe; que la métempsycose mo-^ raie n'est que le sens figuré de la métempsycose physi" qucy de ce mouvement successif par lequel les éléments d'un même corps qui ne périssent point, passent, quand il se dissout, dans d'autres milieux et forment d'autres combinaisons, h'ame n'est que le principe vital qui résulte des propriétés lie la matière et du jeu des éléments dans les corps où ils créent un mouvement spontané. Supposer que ce produit du jeu des organes, né avec eux, développé avec eux, endormi avec eux, subsiste quand ils ne sont plus, c'est un roman peut-être agréable, mais réellement chiméri(jue de l'imagination abusée. Z)iett lui-même n'est autre chose que ïe principe moteur^ que la force occulte répandue dans les êtres; que la somme de leurs lois et de leurs propriétés; que le principe animant, en un mot, Vame de Y univers; laquelle, à raison de l'infinie variété de ses rapports et de ses opérations, considérée tantôt comme simple et tantôt comme multiple, tantôt comme active et tantôt commç passive, a toujours présenté à l'esprit humaiù une énigme insoluble. Tout ce qu'il
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peut y comprendre de plus clair, c'c^t que la matière ne périt point ; qu'elle po$$ède esi^entiellemeot des propriétés par lesquelles le monde est régi comme nn éin vivent et organisé; que la connaissance de ces lois, par rapport à l'homme^ est ce qui constitue la s^gesêerque h vertu et h mérite résident dans leur obiêrwation; et le mal, le péché, le vica^ dans leur igmraiiee et leur infraction; que le bonhe^ir et le malkeur ep «ont le résultat» par la même uécemté qui fait que les ekosee pemntes deicend^nt, que tes légères s' élèvent ^ et par une fatalité de causes et d'effets dont la chaîne rer monte depuis le dernier atome jusqu'au]!^ astres h plus élevés. Voilà ce qu'a révélé au lit du trépas notre Boudah Somona Goutama. »
A ces mots, une foule de théologiens de toute secte «^écrièrent que cette doctrine était un pur matérialisme ; que ceux qui la professaient étaient des impies^ des (UhéeSj ennemis de Dieu et des hommes, qu'il fallait exterminer. — a Hé bien, répondirent leg chamaw, supposons que nous , soyons en erreur ; cela peut être, car le premier attribut de l'esprit humain est d éU'e sujet à [illusion; mais de quel adroit àttrez^vQus à des hommes comme vous la vie que le ciel leur a donnée? Si ce ciel nous tient pour coupables^ nous a en horreur, pourquoi nous distribue-t-il les mêmes biens qu'à vous? Et s'il nous traite avec tolérance, quel droit tvez*pvous d'être moins indulgents ? Hommes pieux, jpii parlez de Dieu avec tant de certitude et de goB" dance, veuillez nous dire ce qu'il est . : faites^nous comprendre ce que sont ces êtres abstraits et méta^ physiques que vous appelez Dieu et ame^ substufwe sans nutOre^ ençistence sans corpsj vie sans organes ni sensaions. Si vous connaissez ces êtres par vos sem ou pa^* i«ur réflexion^ rendez-nous-l^s de même perceptible^?