‹ Œuvres Choisies de VChapitre 66 sur 109 · CHAPITRE pu. tel · texte numérisé non relu

CHAPITRE pu. tel

« C'est ainsi que la divinité est devenue, en dernier résultat, un êlre chimérique et abstrait; une subtilité scolasiique de substance sans forme^ de corps sans figure >; un vrai délire de l'esprit, auquel la raison n'a plua rien compris. Mais vainement dans ce dernier passage veut-elle se dérober aux sens : le cachet de son, origine lui demeuré ineffaçablement empreint ; et ses at«> tributs, tous calqués, ou sur les attributs physiques de Vunivers^ tels que Yimmensitéy Vélernité, Vindivisi'^ bilitéf Yincompréhensibilité ; ou sur les affections mo^ raies de l'homme, telles que la bonté, la justice^ la ma-^ festéy etc. ; ses noms mêmes, tous dérivés des étrea physiques qui lui ont servi de types, et spécialement du soleily des planètes et du monde, retracent incessam-* ment, en dépit de ses corrupteurs, les traits indélébiles de sa véritable nature.

c< Telle est la chaîne des idées que l'esprit humain avait déjà parcourue à une époque antérieure aux récits positifs de l'histoire^ et puisque leur continuité prouve qu'elles ont été le produit d'une même séries d'études et de travaux, tout engage à en placer le théâtre dans le berceau de leurs éléments primitifs, dans V Egypte : et leur marche y put être rapide, parce que la curiosité oiseuse des prêtres physiciens n^avait pour aliment, dans la retraite des temples, que IVnigme toujours présente de ï univers; et que, dans la division politique qui long-temps partagea cette contrée, chaque Etat eut son collège de prêtres, lesqueb tour à tour auxiliaires ou rivaux, hâtèrent, par leurs disputes, les progrès des sciences et des découvertes.

u Et déjà il était arrivé sur les bords du Nil ce qui depuis s'est répété par toute la terre. A mesure que chaque système s'était formé, il avait suscité dans sa nouveauté de& querelles et desschisn)es : puis, accré*^ I. a

m LH KvmKs.

dite pfti* Is persécution même, tantôt il avait détruit tes idoles antérieures, tantôt il se les était incorporées en les modiBant; et les révolutions politiques étant survenues, l'agrégation des Etats et le mélange des peuples confondirent toutes les opinions ; et le fil des idées s*étant perdu, la théologie tomba dans le chaos, et ne fut plus qu'un logogriphe de vieilles traditions,

3 ut ne furent plus comprises. La religion, égarée 'objet, ne fut plus qu'un moyen politique de conduire un vulgaire crédule, dont s'emparèrent tantôt des hommes crédules eux-mêmes et dupes de leurs propres visions, et tantôt des hommes hardis et d'une ame énergique, qui se proposèrent de grands objets d'ambition.

I IX. lletigioti de MolAt, ou culte <te rame du monde. (Toa^ptter). .

or Tel fut le législateur des Hébreux, qui, voulant réparer sa nation de toute autre, et se former un empire isolé et distinct, conçut le dessein d'en asseoir les bases sur les préjugés religieux, et d'élever autour de hii un rempart sacré d opinions et de rites. Mais vainement proscrit^il le culte des symboles régnant dans la Basse^Egypte et la Phénicie ; son dieu n'en ftit pas moins un dieu égyptien de l'invention de ces prêtres dont Moïse avait été le disciple ; et Yakouh, décelé par son propre nom, Veêsence (des êtres ), et par son ^mboté^ le buiMêon de fen^ n'est que Vame du monde, le principe moteur, qae, peu après, la Grèce adopta sous la même dénomination dans son You'-piter^ être généta-^ leur, et sous celle d'Éi, Vexistencef que les ThâMiins consacraient sons le nom de Kneph ; que SaU adorait sous TemUème d'Isis voitée avec cette inscription : Ji

CUAPitftSSXii. m

iuk lôui ^ ^ni a Mf lout ce ^ui ^1, imt 06 f fii i#ra, et mi morhl n'a kvé mon voile; que Pyibagore bonoraît sous le nom de Ve^la^ et qud la philosophie etoioieQiie définissait avec précision en Tappeilant le principe du feu. Moïse voulut en vain effacer de sa religion totH. ce qui rappelait le culte des astres : et une foule de traits restèrent malgré lui pour le retracer; et les sept lumières ou planètes du grand chandelier, les dtjuze pierres ou signes de Yurim du grand-prêtre, la fête dés deux étfuinoxes, ouHetiurei et pottes de deul Aemispkères^ la cérémonie de rcr^/i(«« ou bélier céleste \ èft* fin, le nom d'Osiris même conservé dans son cantitiuêf et Varche ou coffre imité du tombeau où (*e dieu ftii enfermé, demeurent pour servir de témoins à la fllia-» tiôn de ses idées et à leur extr actîofa de la ëoùrée com-î mune.

g X. Religion de Zorosustre.

« Tel fut aussi Zoroastre, qui, detix siècles âptèë Moïse, rajeunît et moralisa chez ]eé Mhdes et les Bot* Mens tout le système égyptien d'OsMs et de Typhùn, sons le nom à'Ormuti et d^ Ahnitialies ; qiii, poui* cX-* pliquet* le système de la nature, supposa deux grands dieuon ou pouvoirs, TuA occupé à créer ^ à pràduirCf daûs un empire de lumière et de douce chaleur (dont le typcî est Tété), et par cela, dieu de science^ de bienfaisance, de vertu ; l'autre occupé à détruire dans un empire de ténèbres et de froid (dont le type est le pôle d'hiver), et par cela dieu d'ignorance, de maifaisance tide péché ; qui, par des expressions figurées, ensuite méconnue», appda création du monde le renouvellement de la scène physique à chaque printemps ; appela résurrection le

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renouvellement des périodes des astres dans leurs conjonctions ; vie future^ enfer ^ paradis^ ce qui n'était que le Tarlare et Y Elysée des astrologues et dés géographes; en un mot, qui ne fit que consacrer les rêveries déjà existantes du système mystique.

g XL Brahmisme, ou système indien.

. « Tel encore fut le législateur indien, qui, soùs le nom de Ménou^ antérieur à Zoroastre et à Moïse, consacra, sur les bords du Gange, la doctrine des troi^s principes ou dieux que connut la Grèce, l'un desquels, nommé Brahuma ou. loupilevj fut Fauteur de toute production ou création ( le soleil du printemps) ; le second, nommé Chiven ou Pluton^ fat lé dieu de toute destruction ( le soleil d'hiver ) ; et le troisième, nommé Vickenou ou Neptune, fut le dieu conservateur de Tétat stationnaire ( le soleil solstitial, stator), tous trois distincts, et cependant tous trois ne formant qu'un seul dieu ou pouvoir, lequel, chanté dans les Vedas comme dans les hymnes orphiques, n'est autre chose que le Youpiier aux trois yeux^ ou soleil aux trois formes d'action, dans les trois ritous ou saisons : là vous avez la source de tout le système trinitaire subtilisé par Pythagore et Piatonj totalement défiguré par leurs interprètes.

g Xn. Boudbisme, ou systèmes mystiques.

^ « Tels enfin ont été les réformateurs moralistes révérés depuis Ménou , sous les noms de Boudahy Caspa, Chekiaj Goutamaj etc., qui des principes de la métempsycose, diversement modifiés, ont déduit des

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doctrines mystiques d'abord utiles en ce qu'dles inspiraient à leurs sectateurs V horreur du meurtre^ la cofirpasêion pour tout être sensible^ la eraifUe des peines et Vespoir des récompenses destinées à la vertu et au vicçy dans une auire vie, sous une forme nouvelle; mais ensuite devenues pernicieuses par l'abus d'une métaphysique visionnaire, qui, prenant à tâche de contrarier Tordre naturel, voulut que le monde palpable et matériel fut une illusion fantastique ; que Texistence de Thomme fût un rêve dont la mort était le vrai réveil ; que son corps fut une prison impure dont il devait se hâter de sortir, ou une enveloppe grossière que, pour ren*dre perméable à la lumière interne, il devait atténuer, diaphaniseVy par le jeûne, les macérations, les contemplations, et par une foule de pratiques anachorétiques si étranges, que le vulgaire étonné ne put s'expliquer le caractère de leurs auteurs qu'en les considérant comme des êtres surnaturels, avec cette difficulté de savoir s'ils fiu*ent dieu devenu komme^ ou V homme devenu dieu,

a Yoilà les matériaux qui, depuis des siècles nombreux, existaient épars dans l'Asie, quand un concours fortuit d'événements et de circontances vint, sur les bords de l'Euphrate et de la Méditerranée^ en former de nouvelles combinaisons.

g XIII. ChrisUanisme, du culte allégorique du soleil, sous ses noms cabalistiques de Chris*en ou Christ, et d'Yêsui ou Jé$u$.

« En constituant un peuple séparé, Moïse avait vainement prétendu le défendre de l'invasion de toute idée étrangère : un penchant invincible, fondé sur le^ affinités d'une même origine, avait sans cessé ramené les Hébreux vers le culte des nations voisines ; et les

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que qu'il eotreteuait avec eU^» «o avmf nt 4e jour f^n jpur fortifié rusceadgiit. Tuât qm le régime lUàtioMl H maintint, la fprce coercitive du gauvernement <rt des lûi«i m «'opposant aux innovatians, retarda leur marche; et cependant les hauU iitui» éuimt plHns d'idote^f et le diém ioUil Qvaii $on char et sea chevaux peinta da9s les palais des rois et jusque dans le tem<pie dT4Aat(A; mai4 lorsque les eonquéies des sultans de Ninive et de B^byhn^ eurent dissous le lien de la puissance publique, le peuple, livré a lui-même, et soUiQté par ses conquérants^ ne contraignit plus son penchant pour les opinions profanes, et elles s'établiirent publiquement en Judée. D'abord les colonies assyriennes, transportées à la placé des tribus» rem- {dirent le royaume de Sa marie des dogmes des mages, qui bientôt pénétrèrent dans le royaume de Juda ; ensuite Jérusalem ayant été subjuguée^ les Égyptiem^ ks Syriens, les Arab^^ accourus dans ce pays ouvert, y apportèrent de toutes parts les leurs, et la religion de Moïse fut déjà doublement altérée. D'auti^ part les prêtres et les grands, transportés à Babylone et élevés dan^ les sciences des Kaldéens, s'iinburent, pendant un s^our de cinquante ans« de toute leur théologie ; et de ce montent se naturalisèrent chez las Juifs les dogmes du génie ennemi (Satan), de Y archange Michel^ de V ancien des jours (Orcnuzd), des an^fes nbel^ lesy du çQmbqit des cieux^ de Vame immûrUlh et de la résurrection ; tontes choses inconnues à Moïse, ou condamm^ per le sileuee roeme qu'il en avait gardé.

« t)e retour dans leur patrie^ les émigrés y rappor^ tèrent ces idées; et d'abord leur innovation y suscita îes disputes de leurs partisans les Pharisiens y et de leurs opposants les Sçiiducéns, représentants de ran**-

COAHTM XXfl. W

««a CttlM BatkHial* Mais le» premîérif seeoiidét du peu* chant du peupla et de ots babitudea déjà miBtraetées, appuyés de 1 autorité dei Pcrsêê^ leurs libérateurs et leurs maîtres, termiuèreut par prendre Tasoendant sur les seconds, et les enfants de NoMe coniacràrent la théologie de Zoroastre.

a Une analogie fortuite entre deux idées princi» pales favorisa surtout cette coalition^ et devint b base d un dernier système, non moins étonnant dana sa fortune que dans les causes de sa formation.

« Depuis que les Assyriens avaient détruit le royaume de Samarie, des esprits judicieux, prévoy^fU la même destinée pour Jérm^lem^ n'avaient cessé de ronnonc^r, de la prédire; et leura prédéctionê avaiem toutes eu ce caractère particuher, d'être terminées par des vœua^ de rétablissepm^ et de régétiéraUon, énoncés sous la forme àepropkétw : les hiérophantes» dans leur enthousiasme, avaient peint un roi libérateur qui devait rétablir la nation dan^ em aneienne gte^ire, lepnn pie hébreu devait redevenir un pmiple puinant^ eontiuérêntf et Jérusalem la capitale d un empire étendu eut twi l'uh nivers.

« Les événements ayant réalisé la première partie de ces prédictions, la ruine de Jérusalem^ le peuple atta*«< cha à la seconde une croyance d'autant plus entière, qu il tomba dans le malheur ; et les Juifs affligés at» tendirent avec Timpatience du besoin et du désir> le roi victorieux et lilférateur qui devait venir sauver la nation de Moïee et relever Tempire de David^

« D'autre part, les traditions sacrées et mytbolo0i« crues des temps antérieurs avaient répandu duns toute 1 Asie un dogme parfaitement analogue. On n'y parlail que dun grand médiateur, à'un'^Juge final, d'un eauveuf futur ^ qui, roi, dieu conquérant et légielatem^ dev«itm<»

tas LES RUINES.

mener V âge et or sur la terre, la délivrer de l'empire (& PmIj et rendre aux hommes l&règiM du bien, la paix À le bonheur i Ces idées occupaient d'autant plus les peuples, qu'ils y trouvaient des consolations de l'état funeste et. des maux réels où les avaient plongés les dévastations successives des conquêtes et des conquérants, et le barbare despotisme de leurs gouvernements. Cette conformité entre les oractes^des natiom et ceux des prophètes, excita l'attention des Juifs ; et sans doute les prophèieè avaient eu l'art de calquer leurs tableaui sur le style et le génie des livres sacrés employés aux ^stères païens : c'était donc en Judée une attente générale que celle du grand envoyé, du sauveur finaty lors^ qu'une circonstance singulière vint déterminer l'époque de sa venue.

- a II était écrit dans le$^ livres sacrés des Perses et des Kaldéens, que le monde, composé d'une révolution totale de douze mitUy était partagé en deux révolutions partielles, dont Tune, âge et règne du bien, se terminait au bout de six mille^ et l'autre, âge et règne du mal, se terminait au bout de six autres mille.

« Par ces récits, les premiers auteurs avaient entendu la révolution annuelle du grand orbe céleste, appelé le monde {révolution composée de douze mois ou signes, divisés chacun en mille parties;) et les deux périodes systématiques de \ hiver et de Vété, composée chacune également de six mille. Ces expressions, toutes équivoques, ayant été mal expliquées, et ayant reçu un sens absolu et moral au lieu de leur sens physique et aslrohgiquey il arriva que le monde annuel fut pris pour un monde, séculaire, les mille de temps pour des mille d'an^ nées; et supposant, d'après les faits, que l'on vivait dans Vàge du malheur y on en infera qu'il devait finir au bout de six mille ans prétendus.

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« Or, dans les calculs admis par les Juifs^ on commençait à compter près de six mille ans depuis la créa? tion (fictive) du monde. Cette coïncidence produisit de la fermentation dans les esprits. On ne s occupa plus que d'une fin prochaine; on interrogea les hiérophantes et leurs livres mystiques^ qui en assignèrent divers termes; on attendit le réparateur; à force d'en parler, quelqu'un dit l'avoir vu, ou même un individu exalté crut l'être et se fit des partisans, lesquels privés de leur chef -par un^ incident vrai sans doute, mais passé obscurément, donnèrent lieu, par leurs récits, à une rumeur graduellement organisée en histoire : sur ce premier canevas établi, toutes les circonstances des traditions mythologiques vinrent bientôt se placer, et il en résulta un système authentique et complet y dont il ne fut plus permis de douter.

« Elles portaient, ces traditions mythologiques : « Que dans Y origine, une femme et un homme avaient, « par leur chutCy introduit dans le monde le mal et le pe- « ché (suivez la pi. III.) »

« Et par là elles indiquaient le fait astronomique de la vierge céleste et de V homme bouvier (Bootes), qui, en se couchant héhaquement à Yéquinoxe d'automne, livraient le ciel aux constellations de Yhiver^ et semblaient, en tombant sous l'horizon, introduire dans k monde le génie du mat y Ahrimanesy figuré par la contellation du serpent.

a Elles portaient ces traditions : « Que la femme a avait èntrainé, séduit Y homme. »

. a Et en effet, la vierge se couchant la première semble enirainer à sa suite le bouvier.

« Que la femme Y avait tenté en lui présentant des fruits a beaux à voir et bom à manger; qui donnaient la science €c dfi^bien €t4ii mat. '

« F4 en efibt, la trî^r jr« tieat eu main um ^fMf A« de ftuiii qu'elle $emble étendre vers le howiêr; et le rtineeu, emblème de Tautomne, placé dans le tsblm»^ dâ MUkra, mv la frcmtière de \kiver et de Xéi4^ «eiuhle PQvrir la porte et donner la mem^^ la clef du ^iVuetdu mal.

« Ëlle« portaient : <% Que ce couple avoif eV<; i?Àam au M jardin céleefe^ el qu'un ehirubia à épée fiambojfavâê ^vait €e été placé à la porl^ pour le gardef\ >>

a £t en effet, quand la vierge et le bouvier len^irf sous l'horison du coucbant, Peteée monte de l'autre c6té» et, 1 epée à la main, ce génie semble le ehaaseï* du 0>/de Vétéy jardin et règtie des fruité et des fiewe.

a Elles portaient : a Que de cette vierge devait naUrCi a eortir un re/eton, un enfant qui écraserait la tête du eer* « ;>^»/, et délivrerait le fliofu/^ du f>wÀtf'» »

a Et par là elles désignaient leeoleil, qui, à Yépoque du kolsUce d'hiver^ au moment précis où les ma^cf c/im Perses tiraient Vhoroecope de la nouvelle année, se ^rout;af7 placé dans le sein de la vierge ^ en lever kéliaque à Vho^ rizon oriental, et qui, à ce titre, était figuré dans leurs tableaux astrologiques sous la forme d un enfant allaité par une vierge chaste, et Oîvenait ensuite» à l'équinoxe du printemps, le bélier ou Vagneau^ vainqueur de la consteUatioQ du serpent, qui disparaissait descieux.

« Elles portaient : a Que, dans «On enfance, ce « réparateur de nature divine ou céle^e vivrait abaiiêé, u humble, obscur, indigent. )»

« Et cela, parce que le m/^iÏ d'hiver est abaisàé aoua Ihorison, et que cette période première de ses quatre âges ou saisons, est un temps d'obscurité, de disette^ dm fH^e^ de privations.

u Elles portaient : u Que, mis à mort par des mém €c chants, il était ressuscité glorieusement; fu'ii étâil iv»

(c monté des enferè aui eiHiasj où il régnerait éfteniell«- « ment. »

« Et par là elles retraçaient la t;i« du êoUity qui» tei^ minant sa earrièré au «o/^fic?^ d'Wt^^r, lorsque domi^ naient Typhon et les anges rebeltes, semblait être mis à mort par eux; mais qui, bientôt après, renaissait^ ré^ suTffiait dans la voûte des deux, où il est encore.

« Enûn ce$ traditions, citant jusqu'à ses noms aitrçlogiques et mystérieux, disaient qu'il s'appelait tantôt CAm, c'est-à-dire le conservatew ; et voilà ce dont vous, Indiens, avez fait votre dieu Chrisen ou Chrisna; et vous, chrétiens, Grecs et Occidentaux, votre Cris-tùSj, fils de Jfam; et tantôt, qu'il s'appelait Fe*, par la réunion de trois lettres, lesquelles, en valeur numérale» formaient le nombre 608, Tune des périodes solaires : et voilà, ô Européens! le nom qui, avec la finale latine, est devenu votre lés-us ou Jésus, nom ancien et cabalistique attribué au jeune BacchuSy fits clandestin ( nocturne) delà vierge Minerve ^lequel, dans toute l'histoire de sa vie et même de sa mort, retrace l'histoire du dieu des chrétiens, c'est-à-dire de V astre du our^ dont ils sont tous les deux Pemblème. »

A ces mots, un grand murmure s'éleva de la part des groupes chrétiens : mais les musulmans, les lamas, les Indiens les rappelèrent à Tordre, et F orateur achevant son discours :

« Vous savez maintenant, dit-il, comment le resté de ce système se composa dans le chaos et l'anarchie de» trois premiers siècles ; comment une foule d'opinions bicarrés partagèrent les esprits, et les* partagèrent avec un enthousiasme et une opiniâtreté réciproques, parce que, fondées également sur des traditions anetnnnes, elles étaient également sacrées. Vous savez comment, après trois cents ans, le gouverriemeut s'é-

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tant associé à Tune de ses sectes, en fit la religion orthodoxe^ c'est-à-dire dominanky à Fexclusion des autres, lesquelles, par leur infériorité, devinrent des héréstcê; comment et par quels moyens de violence et de séduction cette religion s'est propagée, accrue, puis divisée et affaiblie ; comment^ six cents ans après Finnovation du christianisme^ un autre système se formera encore de ses matériaux et de ceux des juife, et comment Mahomet sut se composer un empire politique et théologique aux dépens de ceux de Moïse et des vr-

caires de Jésus

« Maintenant, si vous résumez l'histoire entière de l'esprit religieux, vous verrez que dans son principe il n'a eu pour auteur que les sensations et les besoins de l'homme ; queVidée de IXieu na eu pour type et modèle que celle des puissances physiques ^ des êtres maté' riels agissant en bien ou en mat, c'est-à-dire en impressions de plaisir ou de douleur sur Vélre sentant ; que, dans la formation de tous ces systèmes, cet esprit religieux a toujours suivi la même marche, les mêmes procédés ; que dans tous, le dogme n'a cessé de représenter, sous le nom des dieux, les opérations de la nature, les passions des hommes et leurs préjugés ; que dans tous, la morale a eu pour but le désir du bien-être et Ya^rsion de la douleur \ mais que les peuples et la plupart des législateurs, ignorant les routes qui y conduisaient, se sont fait des idées fausses, et par là même opposées, du vice et de la vertu, du AiVii et du maly c'est-à-dire de ce qui çend l'homme heureux ou mallimreux ; que dans tous, les moyens et les causes de propagation et d établissement ont offert les mêmes scènes de passions et d'événements, toujoùrsdes disputes de mots, des prétextes de zèle, des révolutions et des guerres suscitées par V ambition deê chefs.

CHAPITBE XXin. , f7»

par la fourberie des promulgatenrsj par la crédulité desx prosélytes, par l'ignorance du vulgaire^ par la cupidité: exclusive eiV orgueil intolérant de tous : enfin, vous ver-| rez que l'histoire entière de l'esprit religieux n'est que /celle des incertitudes de Y esprit humain, qui, placé dans un monde qu'il ne comprend pas, veut cependant en deviner IVnî^me; et qui, spectateur toujours étonné de ce prodige mystérieux et visible^ imagine des causes^ suppose des fins, bâtit des systèmes : puis, en trouvant un défectueux, le détruit pour un autre non moins vicieux; hait Terreur qu'il quitte, méconnaît celle qu'il embrasse, repousse la vérité qui l'appelle, compose des chimères d'êtres disparates, et, rêvant sans cesse sagesse et bonheur, s'égare dans un labyrinthe de peines et de folies. »

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