‹ Œuvres Choisies de VChapitre 68 sur 109 · CHAPITRE XXIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIH

nies simples, n'est pas comme la nôtre, quel moyen avons-nous d'en juger? et, de plus, pourquoi toutes ces lois, et quel est le but qu'elles se proposent?

a De vous rendre plus heureux, reprit un docteur, en vous rendant meilleurs et plus vertueux : c'est pour apprendre aux hommes à user de ses bienfaits, et à ne point se nuire entre eux, que Dieu s'est manifesté par tant d'oracles et de prodiges.

c< En ce cas, dirent les hommes simples, il n'e^t pas besoin de tant d'études ni de raisonnements : montrez-nous quelle est la religion qui remplit le mieux le but qu'elles se proposent toutes. »

' Aussitôt, chacun des groupes vantant sa morale^ et la préférant à toute autre, il s'éleva de culte à culte une nouvelle dispute plus violente. «C'est nous^ dirent les musulmans, qui possédons la morale par excellence, qui enseignons toutes les vertus utiles aux hommes et agréablesà Dieu.Nous professons h justice^ le désinléi^essemeni, ledévouemenlkla Providence, la charité pour nos frères, V aumône, la résignation ; nous ne tourmn-ions point les âmes par des craintes superstitieuses ; nous vivons sans (t/arm^^ et nous mourons sans remords.

a Comment osez-vous , répondirent les prêtres chrétiens, parler de morale, vous dont le chef a pratiqué la licence et prêché le scandale? vous dont le premier précepte est l'homicide et la guerre? Nous en prenons à témoin l'expérience : depuis douze cents ans votre zèle fanatique n'a cessé de répandre chez les nations le trouble et le carnage ; et si aujourd'hui l'Asie, jadis florissante, languit dans la barbarie et l'anéantissement, c'est à votre doctrine qu'il en faut attribuer la cause ; à cette doctrine ennemie de toute instruction^ qui, d'un côté, sanctifiant l'ignorance et consacrant le despotisme le plus absolu dans

ne LES Ksms.

ciet^i qui cemmabde, de Fantre, impoMiit Tobéif^ sBnce la plus aveagle et la plus passive à ceux qui sont gouvernés, a engourdi tantes les fecultés de rhomme, étouffé toute industrie, et plongé les nations dans Tabrutissement.

« Il n'en est pas ainsi de notre morale sqhlime et céleste ; c'est elle qui a retiré la terre de sa barbarie primitive, des superstitions insensées ou cruelles de l^idolâtrie, des sacrifices humains, des orgies honteuses des mystères païens ; qui a épuré les mœurs, proscrit les incestes, les adultères, policé les nations sauvages , fait disparaître l'esclavage , introduit dei vertus nouvelles et inconnues, la ehanié pour les hommes, leur égalité devant l>ieu, le pardon, Toubli des injures, la répression de toutes les passions, le mépris des grandeurs mondaines; en un mot, une vie toute sainte et toute spirituelle.

«Nous admirons, répliquèrent les musulmans, comment vous savez allier cette charité, cette douceur évangélique, dont vous faites tant d'ostentation, avec les injures et les outrages dont vous blesses sans cesse votre prochain. Quand vous inculpez si gravement les mœurs du grand homme que nous révérons, nous pourrions trouver des représailles dans la conduite de celui que vous adorez ; mais dédaignant de tels moyeiis, et nous bornant au véritable objet de la question, nous soutenons que votre morale évang^ique n*a point la perfection que vous lui attribuez; qail n'est point vrai qu'elle ait intrcjduit dans le monde des vertus inconnues, nouvelles : et, par exemple, cette égalité des hommes devant Dieu, cette ^alernité et cette bienveillance qui en sont la suite, étaient des dogmes formels de la secte des hermeHquès ou samanéens, dont vous descendez, Et quant au pardoq

GiupniB xxw. tff

dleg injures, les païens meniez TaYaieiit càisâgiié; mais, dans raxiension qu« vous lui donneâ^ loin d être une vertu, il devient une immoralité^ im vice. Votre précepte si vanté de tendre une Joue aprèe l'm* ire, n'est pas seulement contraire à tous les senti-^ monts de l'homme, il est encore opposé à toute idée de justice; il enhardit les méchants par Timpunité; il a\iht les bons par la servitude ; il livre le monde au désordre, à la tyrannie ; il dissout la soiciélé; et tel est r esprit véritable de votre doctrine : vos évangi^ les, dans leurs préceptes et leurs paraboles, ne représentent jamais Dieu que comme un despote sans r^le d'équité; c'est un père partial, qui traite un en* faut débauché^ prodigue^ avec plus de faveur que ses ao-^ très enfants respectueux et de bonnes mœurs; c'est un maître capricieux» qui donne le même salaire avm ouvriers qui ont travaillé une heure et à ceux qui ont fatigué pendant toute la journée, et qui préfère les der* niers venus au^ premiers : partout c'est une morale misanlkropiquef anlisoeiaUj qui dégoûte les honrnnet de la vie, de la société, et ne tend qu'à faire des er# mites et de célibataires.

« Et quant à la manière dont vous Taves prati-» qoée, nous en appelons à notre tour au témoignage des faits : nous vous demandons si c'est la douteux ivangétique qui a suscité vos interminables guerres des sectes, vos persécutions atroces de prétendus ké* rétiguesj vos croisades oontre Yarianisme^ le «Mt^ ckéiimê, le protestantisme^ sans parler de celles que vous avez faites contre nous^ et de vos associations sacrilé^ gesy encore subsistantes, d'hommes assermentés pouf les continuer. Nous voun demandons si c*est la cka^ filé évan$élique qui vous a fait etterminer les peuples ^ti^ de l'Amérique^ anéantir hé empirer du Mexi*»

qoe et da Pérou ; qui vous fait coutinuer de dévaster V Afrique, dont voua vendez les habitants comme des animaux, malgré v(dté abolition dtVesclavage; qtri vous fait ravager Flnde, dont vous usurpez les domaines; enfin, si cest elle qui depuis trois siècles vous fait troubler dans leurs foyers les peuples des trois continents, dont les plus prudents, tels que les Chinois et les Japonais, ont été obligés de vous chasser pour éviter vos fers et recouvrer la paix intérieure. »

Et à l'instant les brames, les rabbins, les bonzes, les cliamans, les prêtres des iles Moluques et des côtes de la Guinée accablant les docteurs chrétiens de reproches : ce Oui 1 s'écrièrent-ils, ces hommes sont des brigands, des hypocrites, qui prêchent la simpUciié pour surprendre la confiance; V humilité j pour asservir plus facilement ; la pauvreté^ pour s'approprier toutes les richesses ; ils promettent un autre inonde^ pour mieux eBvahir celui-ci ; et tandis qu'ils vous parlent de tolirauce et de charité, ils brûlent au nom de Dieu les hommes qui ne l'adorent pas comme eux.

a Prêtres menteurs, répondirent des missionnaires, c'est vous qui abusez de la crédulité des nations igpiorantes pour les subjuguer ; c'est vous qui de votre ministère faites un art d'imposture et de fourberie : vous avez converti la religion en un négoce d'avarice et de cupidité. Vous feignez d'être en communication avec des esprits, et ils ne rendent pour oracles que vos volontés ; vous prétendez lire dans les astres, et le destin, ne décrète que vos désirs ; vous faites parier les idoles, et les dieux ne sont que les instruments de vos passions ; vous avez inventé les sacrifices et les lil^ations pour attirer à vous le lait des troupeaux, la chair et la graisse des victimes; et, sous le manteau

CUAPniiE XXMI. IM

de la piété, vou« dévorez les offrandes des dieux, ^ui ne mangent !point, et la substance des peuples, jqni ira^ vaillent.

a Et vous, répliquèrent les brames, les bonzes^ les chamans, vous vendez aux vivants crédules de vaines fHrières pour les âmes des morts ; avec vos tmdul" gences et vos absolutions^ vous vous êtes arrogé la puissance et les fonctions de Dieu même ; et faisant un trafic de ses grâces et de ses pardons, vous avez mis le ciel à Tencan, et fondé, par votre systàne d'expiation^ un tarif de crimes qui a perverti toutes les consciences.

c< Ajoutez, dirent les imans, que ces hommes ont inventé la plus profonde des scélératesses : lobligation absurde et impie de leur raconter les secrets les plus intimes des actions, des pensées, des velléités (la confession ) ; en sorte que leur, curiosité insolente a porté son inquisition jusque dans le sanctuaire sacré du lit nuptial, dans Tasile inviolable du cœur. »

Alors de reproche en reprochç, les docteurs des différents cultes commenceront à révéler tous les délits de leur ministère, tous les vices cachés de leur état ; et il se trouva que chez tous les peuples \ esprit des prêtres^ leur système de conduite y leurs actions ^ leurs mœurs étaient absolument les mêmes ;

Que partout ils avaient composé des associations secrètes^ des corporations ennemies du reste de la société;

Que partout ils s'étaient attribué des prérogatives^ des immunités, au moyen desquelles ils vivaient à Fabri de tous les fardeaux des autres classes ;

Que partout ils n'essuyaient ni les fatigues du laboureur, ni les dangers du militaire, ni les revers du con^merçant ;

Que parlottt ib vivaient oélibatéires, afift de s'épargner jusqu'aux embarras domestiques ;

Que partout, sous le manteau de la pauvreté^ ih irouvaient le secret d'âtre riches et de se procurer toutes les jouissances ;

Que, sous le nom de mnidicité^ ils percevaient des mpéli plus forts que les princes ;

Que^ sous celui de dons et offrandes, ils se procu*riient des revenus certains et exempts de frais ;

Que, sous celui de recueillâmint et de dévoiiony ik vivaient dams l'oisiveté et dans la licence ;

Qu'ils avaient fait de Yautnône une verte, afin de vivre tranquillement du travail d'autrui ;

Qu^ils avaient inventé des cérémonies du culte, afin d^attirer sur eux le respect du peuple, en jouant le tde des dieux dont ils se disaient les interffrèkt et les méiiûteuvê, pour à' en attribuer toute la puissance ; que, dans ce dessein, selon les lumières ou Tignorance des peuples^ ils s'étaient faits tour à tour astrologua^ tireurs d'horoscopes^ devins, magiciens^ nécromanciens , charlatans, médecins ^ eôurtisansj confesseurs de princes, toujours tendant au but de gouverner pour leur propre avantage ;

Que tantôt ils avaient élevé le pouvoir des rois et consacré leui's personnes, pour s'attirer leurs faveurs ou participer à leur puissance ;

Et que tantôt ils avaient prêché le meurtre des lyrans (se réservant de spécifier la tyrannie), afiii de se venger de leur mépris ou de leur désobéissance;

Que toujours ils avaient appelé impiété ce qui nuisait à leurs intérêts ; qu'ils résistaient à toute inatruC* tlon publique, pour exercer le monopole de la science; qu'enfin, en tout temps, en tout lieu, ils avaient trouvé le secret de vivre en paix au milieu de Tanafcbie qu'ik

cHAPnte xxm. im

causaient, en sûreté sous le despotisme qu'ils favori- 6flfîefit, en repos au milieu du travail qu'ils prêchaient, dans Tabondance au sein de la disette; et cela, en exerçant le commerce singulier de vendre des paroles et des gestes kdts gens crédules, qui les payent comme des denrées du plus grand prix.

Alors les peuples, saisis de fureur» voulurent mettre en pièces les hommes qui les avaient abusés ; mais le législateur arrêtant ce mouvement de violence, et Vadressant aux chefs et aux docteurs : a Quoi ! leur^ dit^il) instituteurs des peuples, est-ce donc ainsi que vous les avex trompés ? »

Et les prêtres troublés répondirent : ce O législateur ! nous sommes hommes ; et tes peuples sont si smpirHiiieux I ils ont eux-mêmes provoqué nos err rtmrs. x> .

Et les rois dirent : « O législateur ! les peuples sont si serviUs et si ignorûMs / eux-mêmes se sont prosternés devant le joug qu à peine nous osions leur mofitrer. »

Alors le législateur se tournant vers les peuples :

4)( Peuples 1 leur dît-il, souvenez-vous de ce que vous vene2 d'entendre : ce sont deux profondes vérités. Otti^ vous-mêmes causez les maux dont vous vous plftignez; c'est vous qui encouragez les tyrans par une Uche adulation de leur puissance, par un engouement imprudent de leurs fausses bontés, par Tavilisseinent dans Tôbéissance, par la licence dans la liberté, par ra<;ciieil crédule de toute imposture : sur qui puni • res-votts les fautes de votre ignorance et de votre cupidité? »

Et les peuples interdits demeurèrent dans un morne silence.

4M US Rum^s.

CHAPlïllE XXIV.

Solutioii du problème des eontradictiont.

Et le législateur, reprenant la parole, dit : O nations ! nous avons entendu les débats de vos opinions; et les dissentiments qui vaus partagent nous ont fourni plusieurs réflexions,; et nous présentent plusieurs questions à éçlaircir et à vous proposer.

c< D abord, considérant la diversité et loppoâtion des croyances auxquelles vous êtes attachés, nous vous demandons sur quels motife vous en fondez la persuasion : est-ce par un choix réfléchi que vous suivez l'étendard d'un prophète plutôt que celui d'un autre ? Avant d'adopter telle doctrine plutôt que telle autre, les avez-vous d'abord comparées? en avez- vous fait un mûr examen ? ou bien ne les avezvous reçues que du hasard de la naissance, que de l'empire de l'habitude et de l'éducation ? Ne naissezyous pas chrétiens sur. les bords du Tibre, musulmans sur ceux de l'Euphrate, idolâtres aux rives de rindus, comme vous naissez blonds dans les régions froides, et brûlés sous le soleil africain? Et si vo^ opinions sont l'effet de votre position fortuite sur la terre, de la parenté, de Timitation, comment le liasai'd vous devient-il un motif de conviction, ux^iirgument de vérité?

c< En second lieu , lorsque nous méditons sur L'ex* • clusion respective et l'intoléi-ance arbitraire de vos

OfiÂFlTAË XXIV. Itt

prétenttions, non» sommes effrayés des conséquences qui découlent de vos projwres principes. Peuples! qui vous dévouez tous réciproquement aux traits de la colère céleste, supposez qu'en ce moment VÈ(re uni^ verset que vous révérez descendit des cieux sur cette multitude, et qu'investi de toute sa puissance, il s'assit sur ce trône pour vous juger tous , supposez qu'il vous dît : « Mortels ! c'est votre propre justice que je « vai^ exercer sur vous. Oui, de tant de cultes qui c< vous partagent, un seul aujourd'hui sera préféré ; c< tous les autres, toute cette multitude d'étendards, a die peuples, de prophètes, seront condamnés à une c< perte éternelle; et ce n'est point assez,... parmi les « sectes du cuUe choisi^ une seule peut me plaire, et c< toutes les autres seront condamnées; mais ce n'est a point encore assez : de ce petit groupe réservé, il « faut que j'exclue tous ceux qui n'ont pas rempli les ce conditions qu'imposent ses préceptes : ô hommes! à a quel petit nombr.ed'e7tf« avez- vous borné votre race! « à quelle pénurie de bienfaits réduisez- vous mon « immense bonté? à quelle solitude d'admirateurs « condamnez*vous ma grandeur et ma gloire? »

Et le législateur se levant : « N'importe ; vous l'avez voulu ; peuples ! voilà l'urne où vos noms sont placés : un seul sortira.... Osez tirer cette loterie terrible.... » Elles peuples, saisis de frayeur, s'écrièrent : fion^ %onj nous sommes loue frères^ loue égaux; nous ne pouvons nous condamner.

Alors le législateur s'étant rassis, reprit : a G hom*' mes I qui disputez sur tant de sujets, prêtez une oreille attentive à un problème que vous m'offrez, et que vous devez résoudre vous-mêmes. » Et les peuples ayant prêté une grande attention, le législateur leva un bras vers le ciel ; et montrant le soleil : Peuples,

<M LSSBOINU.

dit-il y ee soleil <pii vous éoltire vims par&ii^l otné ot triangulaire? -^ Mon, répoadirent^iis unanimement, il est rond.

Puis prenant la balance d'or qui était sur Tatltel : Cet or que vous maniez tous les jours, est-il |Jus pensant qu'un mémo volume de cuivre? «^ Oui, répondirent unanimmnent tous les peuples, Tor est plus pesant que le cuivre.

Et le législateur prenant Tépée t Ce fêr est*il moins dur que du plomb 7 Non, dirent les peuples.

Le sucre est-il doux et le fiel amer? — Ouf.

Aimez-vous tous les plaisirs, et h&ïssek-^voM là doubleur? — Oui.

Ainsi vous êtes tous d'accord sur ces objets et sur une foule d'autres semblables.

Maintenant, dites, y a-t-il un gouffre au centre de la terre et des habitants dans la lune?

A cette question^ ce fut une rumeur universelle ; et chacun y répondant diversement, les uns disaient oui, d'autres disaient non; ceux-ci, que cela éiûit probabtt; ceux-là, que la question était oiseuse, riditule; et d*au-» très, que cela était bon à savoir : et ce ftit une discordance générale.

Après quelque temps, le législateur ayant rétabli le silence : « Peuples, dit-il, expliquez-nous ce problème. Je vous ai proposé plusieurs questions, sur lesquelles vous avez tous été d'accord, sans distincticm de race ni de secte : hommes blancs, hommes noirs, sectateurs de Mahomet ou de Moïse y adorateurs de Boudéa ou de lisons ^ vous avez tous fait la même réponse. Je vous en propose une autre, et vous êtes tous discordants ! Fonrqm cette unanimité dans un cas, et cette discordance dans un autxeF »

Et le groupe des hommes simples et sauvages pre*

CHAPIÏM XXIV. W

nant la parole, répondit : « La raison en est simple : dans le premier cas, nous voyonsy nous ientof^ les objets, nous en partons par sensation ; dans le second, ils sont hors de la portée de nos sens ; nous n'en pari^ lons^ue par conjecture. x>

« Vous ave^ ré$olu le problème, dit le législateur f ainsi, votre propre aveu établit cette première vèité :

(c Que toulen les fois (jne les objets peuvent être soumis è vos sens y vouê ites (t accord dans voire prononcé;

4« Et que vous ne différez d'opinion^ de sentiment, que quand les objets sont absents et hors de votre portée.

« Or, de ce premier fait en découle un second, également clair et digne de remarque. De ce que vous êtes d'accord sur ce que vous connaissez avec certitude, il s'ensuit que vous n'êtes discordants que sur ce que vous i\e connaissez pus bien^ sur ce dont vous n'êtes pas assurés; c'est-à-dire que vous vous disputez ^ que vous vous querellez^ que voùsvou^ battez pour ce qui est in^a*tain^ pour ce dont vous doutez. O hommes ! n'est-ce pas là folie?

ce £t n'est-il pas alors démontré que ce n'est point' pour la vérité que vous contestez ; que ce n'est point sa cause que vous défendez, mais celle de vos aifec* lions, de vos préjugés ; que ce n'est point l'objet td que vous le voyez ; c'est-à-dire que vous voulez faire prévaloir, non pas V évidence de la chose j mais V opinion de votre personne, votre manière de voir et de juger. C'est une puissance que vous voulez exercer, un inté* rêt que vous voulez satisfaire, une pi^rogative que vous vous arrogez ; c'est la lutte de voire vanité. Or^ comme chacun de vous, en se comparant à tout auire^ se trouve son égal, son semblable, il résiste par le sentiment d'un même droit. Et vos disputes^ vos oombaU» votr^

m LES RUtMES.

intolérance, sont l'effet de ce droit que vous vous déniez, et de la coMcience inhérente de votre égalité.

« Or, le seul moyen d'être d'acoord est de revenir à la nature, et de prendre pour arbitre et régulateur Tordre de choses qu'elle-même a posé; et alors votre ^coord prouve encore cette autre vérité :

« Que les èlres réels ont en eux-mêmes une manière i'exister identique, constante^ uniforme^ et qu'il existe dans vos organes une manière semblable d'en être affectés.

« Mais en même temps, à raiion de la mobilité de ces organes par votre volonté, vous pouvez concevoir des affections différentes, et vous trouver avec les mêmes objets dans des rapports divers, en sorte que vous êtes à leur égard comme une glace réfléchissante^ capa-ble de les rendre tels qu'ils sont en effet j mais capable aussi de les défigurer et de les altérer.

« D'où il suit que, toutes les fois que vous peixevc:: les objets tels qu'ils sont, vous êtes d'accord entre vous et avec eux^-mêmes, et celte similitude entre vos sensations et la ma-' nière dont existent les êtres, est ce qui constitue pour vous leur vmfe';

ce Qu'au contraire, toutes les fois que vous différez d'opinions, votre dissentiment est la preuve que vous ne représentez pas les objets tels qu'ils sont, que vous les changez.

« Et de là se déduit encore, que les causes de vos dis^ sentiments iCexislent pas dans les objets eux'-mêmesj mais dans vos esprits, dans la manière dont vous percevez ou dont vous jugez.

« Pour établir Vunanimité d'opinion, il faut donc préalablement bien établir la certitude, bien constater que les tableaux que se peint l'esprit sont exactement res^ semblants à leurs modèles ; qu'il réfléchit les objets correctement tels qu'ils existent. Or, cet effet ne peut

ghàwbë n6f. m

s'obtatiir qu'autant que ces objets peuvent étrè rap^ portés au témoignage, et soumis à l'examen des sens« Tout ce qui ne peut subir cette épreuve est par là même impossible à juger ; il n'existe à son égard au-^ cune règle, aucun terme de comparaison, aucun moyen de certitude.

« D'où il faut conclure que, pour vivre en concorde ei en paix, il faut consentir à ne point prononcer sur de tels objets, à ne leur attacher aucune importance; en un mot, qu'il faut tracer une ligne de démarcation entre leè objets véritables et ceux gui ne peuvent être vérifiés, et séparer d'une barrière inviolable le monde des êtres fantastiques du monde des réalités ; c'est-à-dire qu'il faut ôter tout effet civil aux opinions théologiques et religieuses.

« Voilà, ô peuples! le but que s'est proposé une grande nation affranchie de ses fers et de ses préjugés ; voilà l'ouvrage que nous avions entrepris sous ses regards et par ses ordres, quand vos rois et vos prêtres sont venus le troubler, . . O rois et prêti'es ! vous pouvez suspendre encore quelque temps la publication solenjuelle des lois de la nature, mais il n'est plus en votre pouvoir de les anéantir ou de les renverser. »

Alors un cri immense s'éleva de toutes les parties de l'assemrblée ; et l'universalité des peuples, par un mouvement unanime, témoignant son adhésion aux paroles du législateur : « Reprenez, lui dirent-ils, votre saint et sublime ouvrage, et portez-le à sa perfection! Recherchez des lois que la nature a posées en nous pour nous diriger, et dressez-en l'authentique et immuable code ; mais que ce ne soit plus pour une seule nation, pour une seule famille : que ce soit pour nous tous sans exception ! Soyez le législateur de tout le genre humainy ainsi que vous serez Vinler"

«M un wam.

frk$ 4ê la mim iMdme; montree^nom la U|^e qm se* pare le momdô àm chimères de celui des r$êlUi$^ et en* ceignez-nous^ après tant de religions et d'erreurs, la religion de Févidence et de la vérité ! )»

Alors le législateur, ayant repris la recherche et rexamen des attributs physiques et constitutifs de rhomme, des mouvements et des affections qui le régissent dans Tètat individuel et ioeial^ développa en ces mots les lois sur lesquelles la nature elle*-méme a fondé son bonheur.

rm Ms wmm.

mÊÊÊiSB

SERVANT BtCLAIRCISSEMENTS ET D'AUTORITÉS,

A MVRB9 PASSaOES Bit TEXTE.

Page 4, ligne 15. ( !<; /il de la Sérique. ) G*e8l*à-dire la ftoic, originaire Ju pays roontueux où se termine la grande muraille, et qui paraît avoir éié le berceau ih Tempire cbinoisu Les lissus de Kachemire. Les châles qu'Ézéchiel semble avoir désignés sous le nom de Gboud-Cboad. L*or d'Ophir. Ce pays, tant et si mal cbercbéi ei Tun des douze cantons arabes^ a laissé sa irace dans Ofor^ au pays d*Oman, sur le golfe Persiqae, près des Sabéens, riche en or, dit Sirabon, et près de Haula ou Hevija, où se faisait la pêche des perles. Voy. le vingt-septième chapitre d'Ezéchiel, qui présente un lableau très-curieux, et très*vaste dn commerce d'Asie à celle époque.

Fage 1T, ligne 7. ( la preiqu'ile trop célèbre de Vinde. ) Quel biea véritable le commerce de l'Inde, entièrement composé d*objetsde lttxe« procure-t-il à la masse d*une nation? Quels sont ces effets, sinon d en etporter, par une ntarîne dispendieuse en hommes, des matières de besoin et d^utiTité, pour y importer des denrées inutiles, qui ne aervem qu*& marquer mieux la distinction du riche et du pauvre : ei quelle masse desupersiltionsTInde n'a-t-elle pas ajoutée à la superstilioo générale?

Ibidem, ligne 24. ( Fot7d Thèhe$ aux cent faUi$. } La supposition d*imè ville & cent portes, dans le sens qu*on Tentend, est une chose si ndicu!e,qu*ll est étonnant que Ton n*ait pas senti plus t6t Téqulvoque. De tout temps^ Tusage de TOrient fut d*appeler portes les palais et les maisons des grands, par la raison que le principal luxe de ses habitationft eonsisie dans la porte nnique qui donne entrée de la rue dans la cour» lU fond de )ac(iiene les biHiimeots sont toujours retirés. G^est^os te y^

libule de celte porte que Ton fait la conversation avec les passants, qoe Ton donne une espèce d*audience et d'hospitalité. Homère savait sans doute tout cela ; mais les poètes ne font pas de commentaires, et lairs lecteurs veulent du merveilleui^.

Cette ville de Thèbes, aujourd'hui Lugsor, réduite à la condition d*im misérable village, a laissé des traces étonnantes de magnificence. On peut en avoir les détails dans le tome ii de la Commi$iUm dCÊgypu, ' L'historien Diodore de Sicile avait déjà indiqué la causé de Ferrcuf , en observant que le mot oriental, porte^ signifiait aussi palais ( à cause du vestibule public qui en forme l'entrée ), et cet auteur semble avoir saisi la cause de cette tradition grecque, quand il ajoute : « Depuis Thèbes « jusqu'à Memphis, il a existé le long du fleuve cent vastes écuries roya- « les, dont on voit encore les ruines, et qui contenaient chacune deux « cents chevaux ( pour le service du monarque ). » Tous ces nombres sont exactement ceux d*Homère. ( Voy. Diodore de Sicile, liv, i, sect. ii, paragraphe des Premier» rois i^ Egypte, ) Le nom d'Éthiopiens appliqué ici aux Thébains est justifié par l'exemple d'Homère et par la peau réellement noire de ces peuples.

Page 48, ligne 6. ( /et éiaieni ces ports iduméens, ) Les villes d'ÂîIah etd'Atsiom Gaber, d'où les Juifs de Salomon, guidés par les Tyriens de Hiram, partaient pour se rendre à Ophir, lieu inconnu sur lequel on a beaucoup écrit, mais qui paraît avoir laissé sa trace dans Ofor, caolon arabe, à l'entrée du golfe Persique.

Page 55, ligne 19. ( Àinsi^ parce qu'un homme fut plui fort, cette inégalité ^ accident de la nature^ fut prise pour sa loi. ) Presque tous les anciens philosophes et politiques ont établi en principe et en dogme, qoe les hommes naissent inégaux, que la nature a créé les uns pour être libres, les autres pour être esclaves. Ce sont les expressions positives d'Aristote dans sa Politique, et de Platon, appelé divin, sans doute dans le sens des rêveries mythologiques qu'il a débitées. Le droit du plus fort a ' été le droit des gens de tous les anciens peuples, des Gaulois, des Roidains, des Athéniens; et c'est de là précisément que sont dérivés les grands désordres politiques et les crimes publics des nations.

Page 56, ligne i. (Et le despotisme paternel fonda le despotisme poU-- . tique, ) Qu'est-ce qu'une famille? C'est la portion élémentaire dont se compose le grand corps appelé nation. L'esprit de ce grand corps n'est que la somme de ses fractions ; telles les mœurs de la famille, telles celles du tout. Les grands vices de l'Asie sont : 1*" le despotisme paternel ; 2° la polygamie, qui démoralise toute la maison, et qui, chez les rois et les princes, ^ause le massacre dos frères à chaque succession, et ruine le

NOTES. m

peuple en apanages ; 5*^ le défaut de propriété des biens-fonds, par le droit tyrannique que s'arroge le despote ; 4° rinégalitc de partage entre les enfants; 5° le droit abusif de tester; 6° et l'exclusion donnée aux femmes dans Thérilage. Changez ces lois, vous. changerez l'Asie.

Page 58, ligne 28. ( Vautre (effet de Tégoîsme ), qut iendcmt tonjours à concentrer le pouvoir en une seule main. ) Il est très-remarquable que la marche constante des sociétés a été dans ce sens, que, commençant toutes par un état anarchique ou dé mocrji tique, c'est-à-dire, par une grande division des pouvoirs, elles ont ensuite passé à Taristocratie, et de Taristocratic à la monarchie. De ce fait historique, il résulterait que, ceux qui constituent des Etats sous la forme démocratique, les destinent à subir tous les troubles qui doivent amener la monarchie ; mais il faudrait en même temps prouver que les expériences sociales sont déjà épuisées pour Tespèce humaine, et que ce mouvement spontané n'est pas l'effet même de son ignorance et de ses habitudes.

Page 40, ligne 1T.' — ( Sous prcfexle de religion^ leur orgueil fonda des temples^ dota des prêtres oiseux, bâlil pour de vains squelettes d'eX' Iravagants tombeaux, mausolées et pyramides, ) Le savant Dupuis n'a pa croire que les pyramides fussent des tombeaux ; mais, outre le témoignage positif des historiens, lisez ce que dit Diodorc de Fimporlance religieuse et superslilieuse que tout Égyptien attachait à bàlir sa demeure éternelle, lib. i.

Pendant vingt ans, dit Hérodote, cent mille hommes travaillèrent chaque jour à bàlir la pyramide du roi égyptien Chcops. — Supposons par an seulement trois cents jours, à cause du sabbat, ce sera 50 millions de journées de travail en une année, et 600 millions de journées eu vingt ans ; à 45 sous par jour, ce sera 450 millions de francs perdus sans aucun produit ultérieur. — Avec cette somme, si ce roi eût fermé l'isthme de Suez d'une forte muraille, comme celle de la Chine, la destinée de l'Egypte eût été tout autre : les invasions étrangères eussent été arrêtées, anéanties, et les Arabes du désert n'eussent ni conquis, ni vexé ce pays. — Travaux stériles I que de milliards perdus à metire pierre sur pierre, en forme de temples et d'églises! Les alchimistes changent les pierres eu or ; les architectes changent l'or en pierres. Malheur aux rois ( comme aux bourgeois ] qui livrent leur bourse à ces deux classes d'empiriques !

Page 50, ligne 7. ( A prononcer mystérieusement Aûm. ) Ce mot, pour le sens, et presque pour le son, ressemble à VÀcuum ( œvum ) des Lalins, l'éternité, le temps sans bornes. Selon les ludions, ce mot est l'emblème de la divinité Iripartite : A désigne Lralima ( le temps passe, qui a créé ) ; U, Vichenou ( le temps pré.-.c'Ul. qui conserve ) ; M, Chivcn ( le lenips fuinr, qui dr-lrnirn |.

Page 50, ligne 1Ô.(yt7 faut commencer par te çùuie. ) (Test un de* grands poinls de schisme enire les partisans d*Otnar et ceux d*AU. Sapposons que deux musulmans se rencontrent en Yoyage, et qu'ils s'abordent fraternellement; l'heure de la prière venue, l'un commence FablBtion par le bout des doigts, l'autre par le coude, et les voilà ennemis à mort. En d*autres pays, qu'un homme veuille manger de la viande tel jour plutôt que tel autre, ce sera un cri d'indignation. Quel nom donner à de telles folies?

Page 57, ligne 54. ( La horde des Ogutians, ) Avant que les Turd eussent pris le nom de leur chef Oihman I*', ils portaient celui d'Oguzians; et c'est sous celte dénomination qu'ils furent chassés de la Tarfarie par Gengis, et vinrent des bords du Gihoun s'établir dans FAnadoli.

Page 61 , ligne 5d. ( QuHl régnait de peuple à peuple.,, dee haines implacables. ) Lisez rhisioire des guerres de Rome et de Garthagc, de Sparte et deMessène, d'Athènes et de Syracuse, des Hébreux et des Phéniciens, et voilà cependant ce que l'antiquité vante de plus policé!

Page 68, ligne ib. (Le Chinois avili parle despotisme du bambou,) Les jésuites se sont efforcés de peindre sous de belles couleurs le gouvernement chinois; aujourd'hui l'on sait que c'est un pur despotisme orienial ( entravé par le vice d'une langue et surtout d'une écriture mal construites ). Le peuplé chinois est pour nous la preuve que dansFavâquité, jusqu'à l'invention de l'écriture a]phat>élique, l'esprit haraain eut beaucoup de peine à se déployer, comme avant les chiffres arabes on avait bcî^ucoup'de peine à compter. Tout dépend des méthodes : on ne changera la Chine qu'en changeant sa langue.

Page 75, ligne 1. ( Reconnaissez l'autorité légitime.) Pour apprécier le $ens du mot légitime, il faut remarquer qu'il vient du latin legi-intimM^ intrinsèque à la loi, écrit en elle. Si donc la loi est faite par le prince seul, le prince seul se fait lui-même légitime : alors il est purement despote ; sa volonté est la loi. Ce n'est pas là ce qu'on veut dire ; car le même droit serait acquis à tout pouvoir qui le renverserait. Qu'est-ce que la loi ( source de droit )? Le latin va encore nous le dire : le radical Ug-^e, lire, leclio, a fait leœ, res lecta, chose lue : cette chose lue est un ordre de faire ou de ne pas faire telle action désignée, et ce, sous la condition d'une peine ou d'une récompense attachées à l'observation ou à l'Infraction. Cet ordre est lu à ceux qu'ii concerne, aûn qu'ils n'en ignorent il a été écrit, afin d'être lu sans altération : tel est le sens etlelle fut l'origine dû root loi. De là les diverses épithèles dont il est susceptible : loi sage, loi absurde, loi juste, loi injuste, selon l'effet qui en résoltc ; et c*«st cet effet qui caractérise le pouvoir d'où elle émane, Or, dans l'état

NOTES, m

Àoeial, dans le gouvernement des hommes, qu'est-ce que le Juste et Tinjuste? Le Juste est de maintenir ou de rendre à chaque individu ce q«i lui appartient : par conséquent, r d'abord hi vie, qu'il tient d'un pouvoir au-dessus de tout ; ^ Tusage des sens et des facultés qu'il tient de ett même pouvoir ; 3' la Jouissance des fruits de son travail ; et tout cela, en ce qui ne blesse pas les mêmes dr<^ts en autrui ; car s'il les blesse, Il y a injustice, c^est-à-diferupti^re d'égalité et d'équilibre d'homme à homme. Or, plus il y a de lésés, plus il y a d'injustices : par conséquent, si, comnM il est de fait, ce qu'on appelle le peuple compose l'immense majorité de la nation, c'est Tintérêt, c'est le bien-être de cette majorité qui constitue la justice : ainsi la vérité se trouve dans l'axiome qui a dit : Salu$ popuH suprema lex etto. Le salut du peuple, voilà la loi, voilà la légitimité. Et remarquez que le salut ne veut pas dire la volonté, comme l'ont sop* posé quelques fanatiques ; car d'abord le peuple peut se tromper ; puis comment exprimer celte volonté collective et abstraite? L'expérience nous l'a prouvé. Salus populi ! L'art est de le connaître et de l'effeciuer.

Page 60^ ligne 17. ( Vidée de liberté emUienU eitenliêllemeni eêlU de justice, qui naît de l'égalité, ) Les mots retracent eux-mêmes cette connexion ; car œquilibrium, œquitas, œqualitas, sont tous d'une même lamille, et l'idée de l'égalité matérielle, de la balance, est le type de toutes ces idées abstraites. La liberté elle-même, bien analysée , n'est encore que la justice : car si un homme, parce qu'il se dit libre, en attaque uu autre, celui-ci, par le même droit de liberté, peut et doit le repousser; le droit de l'un est égal au droit de Tautre : la force peut rompre cet équilibre, mais elle devient injustice et tyrannie de la- part du plus bas démocrate, comme de celle du plus haut potentat.

Page 91, ligne 15. [El cette religion ( de Mahomet) n'a cessé d'itionder de sang la terre. ) Lisez Thistoire de l'islamisme par ses propres écri« vains, et vous vous convaincrez que toutes les guerres qui ont désolé l'Asie et l'Afrique depuis Mahomet, ont eu pour cause principale le fanatisme apostolique de sa doctrine. On a calculé que César avait fait périr trois millions d'hommes : il serait curieux de ùire le même calcul sur chaque fondateur de religion.

Page 05, ligne 24. ( Et les Parsis se diviseront. ) Les sectateurs de Zoroastre, nommés Parsis, comme descendants des Perses, sont plus conons en Asie sous le nom injurieux de Gaures ou Guèbres, qui veut dire infl« dèles; ils y sont ce que sont les inîh en Europe. M6bed est le nom ée leur pape ou grand-prêtre. Foy. Henri lord Hyde et le Zend-aveata snr les rites de cette religion.

Paye 06, ligne 10. {Bre^ma».. réduit à servir dêpiédeeUd aumfoii.) l'oy. te 1. 1*', 111-4% d« Koyof « 4e Sonnerai emx Inim^

i§6' NOTES.

Page î>7, ligne ib. ( Le Chinois l'adme dam Fôl. ) La langue chinoise it'ayaat ai le B ni le D, ce peuple a proQoncé Fôl ce que les Indiens ei les Pewanspranancenl Bodd ou Boùdd (par où bref). Fèt, au Pégou, est devenu Fota et Fu, etc. Ce n'est que depuis peu d'années que l'on commence d'avoir des nolions exactes de la doclrine de Boudd et de ses divers sectaires : nous devons ces notions aux savants anglais, qui, à mesure que leur nation subjugue les peuples de l'Inde, en étudient les religions et les mœurs, pour les faire connaître. L'ouvrage intitulé : Asi€Uick Rûtearches, est une collection précieuse en ce genre : on trouve dans le tome VI, page 165, dans le tome vn, p^ge 52 et page 399, trois sadiouiara instructifs sur les Boudistes de Ceylan et de Birraah ou Ava. Un écrivain anonyme, mais qui paraît avoir médité ce sujet, a publié dans VAsialick^ journal de 1816, mois de janvier et suivants, jusqu'en mai, des lettres qui font désirer de plus grands développements. Nous reviendrons à cet article dans une note du chapitre xxi.

Ibidem, ligne 29. ( Le sinlôîste nie Vexislence, )' Voy, dans Kempfer la doctrine des sintoïstes, qui est celle d'Épicure mêlée à celle des stoïciens.

Ibidem, ligne 55. ( Le SiamoiSy Vécran lalipat à la main. ) C'est une feuille de palmier laîanier; de là est venu aux bonzes le nom deTalupoin. L'usage de cet écran est un privilège exclusif.

Page 98, ligne 4. ( Le sectateur de Confutzée cherche son horoscope.) Les sectateurs de Confucius ne sont pas moins adonnés à l'astrologie que les bonzes : c'est la maladie morale de tout l'Orient.

Ibidem, ligne T. {Le Djlai-lMma, ou IHmmense prêlre de La.) C'est ce que nos vieilles relations appelaient le prêtre Jean, par Tabus du mot persan Djehân, qui veut dire le monde. Ainsi le prêtre Monde, le dieu Monde, se lient parfaitement.

Dans une expédition récente, les Anglais ont trouvé des idoles, des lamas qui contenaient des pastilles sacrées de la garde-robe du grand- • prêlre. On peut citer pour témoins Hastings et le colonel Pollier, qui a péri dans les troubles d'Avignon. On sera bien étonné d'apprendre que cette idée si révoltante lient à une idée profonde, celle de la métempsycose, qu admeitenl les lamas. Lorsque les Tartares avaient les reliques du pionlife ( comme ils le pratiquent ), ils imitent le jeu de l'univers, dont l6& parties- s'abâorbent et passent sans cesse les unes dans les autres. C'e&t le serpent qui dévore sa queue, et ce serpent est Boudd ou le monde.

' Page 98, ligne 55. {Qui adorent un serpent dont les porcs sont avides.) Il arrive souvent que les porcs dévorent des serpents de Tespèce que

N0TË8. iV

les uègres adoient, et c'est une grande dësulation dans le pays. Le pr^ skient de Brosses a rassemblé, dans son Histoire de$ Fétiche$, un tableaM curieux de toutes ces folies. ,

Page 99, ligne i , ( Voilà le Teleute, ) Les Teleutes, nation tarlarc, ôe peignent Dieu portant un vêtement de toutes les couleurs, et surtout des couleurs rouge et verte ; et parce qu'ils les trouvent dans un hab^ de dragon russe, ils en font la comparaison à ce genre de soldat. LJes Égyptiens habillaient aussi le dieu Monde d*un habit de toutes couleurs* Eui'ebc, Prœp. évang,,p, 115, lib. 111. Les Teleutes appellent Dieu Boif, ce qui n'est qu'une altération de Boudd, le Dieu Œuf et Monde.

Ibidem^ ligne 2. ( Voilà le Kamlschadale, ). Consultez h ce sujet Toavrage intitulé : Description des peuples soumis à la Russie, et vous verrez que le tableau n est point chargé.^

Page 110, ligne 14. ( Votre système porte tout entier sur des sens ^tUégoriques. ) Quand on lit les Pères de rÉglise, et que Ton voit sur quels arguments ils ont élevé 1 édifice de la religion, Ion a peine à comprendte tant de crédulité ou de mauvaise foi ; mais c'était alors la manie des allégories : les païens s* en servaient pour expliquer les actions des dieu^, et les chrétiens ne firent que suivre l'esprit de leur siècle, en le tournait vers un autre côté. Il serait curieux de publier aujourd'hui de tels livres, ou seulement leurs extraits.

Page 115, ligne 11. {Les juifs devinrent nos imitateurs , nos disciples.) Voy.y à ce sujet, le tome i®^ des Recherches nouvelles sur l'Histoire a«denne, où il est démontré que le Pentateuque n'est point l'ouvrage de Moïse : celte opinion était répandue dans les premiers temps du christianisme, comme on le voit dans les Clémentines^ homélie i, pantg. &i , et homélie vin, parag. 42; mais- personne n'avait démontré que4e véntable auteur fût le grand-prêtre Heikias, l'an 618 avant J.-C.

Page 114, ligne 10. {Tant de choses analogues aux trois religions.) Les Parsis modernes et les Miihi iaques anciens, qui sont la inéine chose, ont tous les sacrements des chrétiens, même le soufflet de la confirmation. « Le prêtre deMilhra, dit TerluUien, De prœscriplione, c. 40, promet la délivrance des péchés par leur aveu et par le baptême ; et, s'il m'en souvient bien, Mithra marque ses soldats au front ( avec le chrême, kouphi égyptien ) ; il célèbre Toblalion du pain, limage de la résurrection, et présente la couronne en menaçant de l'épée, etc.

Dans ces mystères, on éprouvait l'initié par mille terreurs, par la menace du feu, de l'épée, etc., et on lui présentait une couronne qu'il Refusait en disant : « Dieu est ma couronne. » ( Voy. cette couronne «bus )a sphère céleste, k côté de Booies. ) Les personnages de ces mystères

49è NOTES.

portaient fous des nom» d'animaax eoDsteilëft. Lu même ii*est pif mitre ehOM que te cëlëbratkm de coa mystères et de eeax d'Éleasis. Le ihminus vobiieum est à la lettre la formule de rëeeptioo, dioii-k, àm, p-ak. Toy. Beauaobre» HUlovre eu manichéisme^ t. ii.

Page 113, ligne 8. Les Vedas ou Tedams sont les livres sacrés des Indons, comme les Bibles chez nous. On en compte trois : le Rick Yeda, le Yttt^jour Teda et le Sam^ Veda. Ils sont si rares dans l'Inde, que les An- |fais ont en beaucoup de peine à en trouver roriginal, dont ils ont fait feire une copié déposée au Brilish Muséum. Ceux qui comptent quatre Yedas, y comprennent VÀUar Veda, qui traite des cérémonies, et qui est perdu. Il y a ensuite des commentaires nommés UpanUhada^ dont Tua a été publié par Ânqueti) Duperron sous le titre de Oupnekhatf livre curieux en ce qu'il donne une idée de tous les autres. La date de ces livres passe vingt-cinq siècles au-dessus de noire ère ; leur contenu prouve que tontes les rêveries des métaphysiciens grecs viennent de Tlnde et de rÉgypte. -*- Depuis l'an 1788, les savants Anglais exploitent dans Tlnde «ne mine de littérature dont on n'avait aucune idée ^ Europe, et qui prouve que la civilisation de Flndc remonte à une irès-haote antiquité. Après les Vedas viennent les Ghastras, au nombre de six. Ils traitent de théologie et de sciences. Puis viennent, au nombre de dix-huit, les Poutunas, qui traitent de mythologie et d*bistoire. ( Voy, le Baghousl-guila^ le Baga-Vedam et VÉzour^Vedam, traduits en français, etc.)

Page t18, ligne 15. Toute celte cosmogonie des lamas, des bonxes et aiéme des brames, comme Tatteste Henri Lord, revient littéralement à eelle ^es anciens Égyptiens. « Les Egyptiens, dit Porphyre, appellent Koeph rinteiligence ou cause effective fdc Punivers). Ils racontent q«e ee dieu rendit par la bouche un oeuf, duquel fut produit un autre dieu, nommé Pfatha ou Vtilcain ( le feu principe, le soleil ) ; et ils ajoutent que cet œuf est le monde. » Eusèbe, Prœp. evang., p. 11d.

A Ils représentent, dit-il ailleurs, le dieu Kneph ou la cause efûcionte, sous la forme d'un homme de couleur bleu foncé ( celle du ciel ), ayant t en main un sceptre, portant une ceinture et coiffé d'un petit bonne.t royal de plumes très-légères, pour marquer combien est subtile et fugace ridée de cet être. » Sur quoi j'observerai que Rnepfa, en hébreu, signifie une aile, une plume ; que cette couleur bleue ( céleste ) se trouve dans la plupart des dieux de l'Inde, et qu'elle est^ sous le nom de narayan, une de leurs épithètes les plus célèbres.

Page 490, ligne 10. ( Que les lamas ne sont quâ des maniekéens, ) Vvy. ÏEiêtmre dumaMehéisme^ par Beausobre, qui prouve qae ces sectÉlrea §artai purement des zoroaatriens ; ee qui fidt>remopter rexisteoce 4t lenrs opinions 1200 ans avant J.-C. U suitde te que BouddCbaucasiaii

fut encore autérieur, puisque la doctrine boudiste se trouve dans les piaf anciens livres indiens, dont la date passe 3100 ans avant notre ère (tel que le Baghauel-guUa ). Observez d'ailleurs que Boudd est la neuvième avalar, ou incarnation de Vichcnou, ce qui le place à Torigine de cette théologie. En outre, chez les Indiens, les Chinois, les Thibétalns, etc., fioudd e^ le nom.de la planète que nous appelons Mercure et du jour da la semaine consacré à cette planète ( le mercredi ) ; cela le remonte à IV rigine du calendrier ; en même temps cela nous Pindique primitivement identique à Hermès, ce qui étend son e&ietenee jusqu'en Egypte. Maintenant remarquez que les prêtres égyptiens racontaient qu'Hermès mou^ rant avait dit : a Jusqu'ici j'ai vécu exilé de ma véritable patrie ; j'y re^ tourne : ne me pleurez pas ; je retourne à la céleste patrie où chacun se rend à son tour : là est Dieu ; cette vie n'est qu'une mort. r> ( Voy, Chal^ eidius in Timœum, ) Or, cette doctrine est précisément celle des boa* dlstes anciens ou samanéens, despythagoriciens et des orphiques'. Dans la doctrine d'Orphée, le dieu Monde est représenté par un œuf : dans les idiomes hébreu et arabe, Pœuf se nomme Baidh, analogue à Boùdd (Diea) et à Boûd, en persan l'existence, ce qui est ( le monde). Boùdd est encore analogue à bed et vad, qui, cliez les Indiens, signifie science. Hermès en était le dieu : il était Fauteur des livres sacrés ou Vedas égyptiens. On voit quels rameaux présente et à quelle antiquité tout ceci nous porte. Maintenant le prêtre boudiste d'Ava ajoute : a Qu'il est de foi que, d» temps à autre, le ciel envoie sur la terre des Boudda pour amender le» hommes, les retirer de leurs vices cl les remettre en vote de salut. » Avec un tel dogme répandu dans l'Inde, dans la Perse, dans l'Eglise, dans h. Judée, on sent combien les esprits ont dû être disposés dès longtemps à ce que des siècles |)ostérieurs nous offrent.

Ibidem, ligne 20. ( Longtemps avant Jésous. ) D'après les notions des savants anglais de l'Inde, la doctrine de Boudda y est très-ancienne. Dans un traité écrit en 1805 par le chef des prêtres bouddisles d'Ava, à la prière de l'évêque catholique de cette viilc, on lit : « Que les dieux qui ont apparu dans le présent monde jusqu'à ce jour, sont au nombre de quatre, savoir : Boudda Ghaucasam, Boudda Gonagom, Boudda Gaspa et Boudda Gautama, duquel la loi règne actuellement; il obtint la divinité à trente-cinq ans, et passa à rimmortalité 2562 ans. )> Par conséquent, Gautama serait mort vers l'an 557 avant l'ère chrétienne, au temps où ré* gnait Kyrus en Perse, et où floriSsSaitPylliagore. 2° D'autre part, des écrivains arabes et persans, cités dans V Histoire des Huns^ i. ii^ par de Guignes; dans V Histoire de la Chine, t. v, in-4°, note de la p. 50, et dans la préface de XEzoïir- Vedam { Yadjour-Vcda ), placent l'apparition d'un autre Boudda à l'année 1027 avant notre ère ( ce serait Ga^a ). 5'' Le tableau statistique de l'empereur mogol Akbar, intitulé Ain Akberif traduit

par Gladwind.dil, p. 455, t. ii, que Boudd avait disparu 2962 ans avant Tan 40 de cet empereur, c'esl-à-d ire 1562 ans avant J.-C. ( ce serait Gonagom ).

Page 120, ligne 26. {Fondés sur l'absence de laul témoignage authentique, ) (iiToutle monde sait, disait Fansie, qui, quoique manichéen, fut un des plus savants hommes du troisième siècle, « tout le monde sait que les Evangiles n'ont été écrits ni par J.-C. t\ par ses apôtres, mais longtemps après, par des inconnus, qui, jugeant bien qu'on ne les croirait pas sur des choses qu'ils n'avaient pas vues, mirent à la tête de leurs récits des noms d'apôtres ou dliommes apostoliques et contemporains. » Sur celte question, voy. YHisloire des Àpologiàles de la religion chrétienn£^ attribuée à Fréret, mais qui est de Burigny, membre de l'Académie des loscrijptions. Voy. aussi Mosheim, de Rébus chrislianorum ; Correspondance of Alterbury ; Archhishop y 5 vol.in-8°, l'OS; Toland, Nazarenus, et Beausobre, Histoire du Manichéisme. 1. 1. 11 résulte, de tout ce qu'on a écrit pour et contre, que l'origine précise du christianisme n'est pas connue ; que les prétendus témoignages de Josèphe (Ànliq.jud., lib. xviii, c. 5 ) et de Tacite ( Annales^ lib. xv, c. 44 ) ont été interpolés vers le temps du concile de Pîikée, et que personne n'a encore mis en évidence le fîiit radical, c'est-à-dire l'existence réelle du personnage qui a occasionné le système. Sans cette existence néanmoins, il serait difficile de concevoir Tapparilion du système à son époque connue, encore qu'il ne soit pas sans exemple en histoire de voir des suppositions gratuites et absolues. Tour résoudre ce problème, vraiment curieux et important, il faudrait qu'un esprit doué de sagacité, muni d'instruction, et surtout d'impartialité, profitant des recherches déjà faites, y ajoutât un tableau comparatif de la doctrine des boudistcs ; et spécialement de la secte de Samana Gautama, contemporain de Kyrus; qu'il examinât quelle fut la ' fecilité des communications de l'Inde avec la Perse et la Syrie, surtout depuis le règne de Darius Hystaspe, qui, selon Agathias et Ammien, consulta les sages de l'Inde, et introduisit plusieurs de leurs idées chez les ihagés; quelle fut encore iiette facilité depuis Alexandre, sous les Séleucides, qui entretenaient des relations diplomatiques avec les rois des Indiens; il verrait que, par suite de ces communications, le système des 'samanéens put se répandre de proche en proche jusqu'en Egypte; qu'il put être la cause déterminante de la corporation des csséniens en Jii dée, etc. ; alors il ne resterait plus qu'à examiner si, toutes choses é'.ant ainsi préparées, l'exaltation générale des esprits n'a pas pu susciter un individu qui aurait rempli le rôle désigné : soit que lui-même se fût cru et annoncé pour être le personnage attendu, soit que ce fût la multitude qui, enthousiasmée de sa conduite, de sa doctrine et de ses prédications, hii en eut attribué l'emploi. Dans l'un et l'autre cas, il serait conforme

aux probabilités humaines que des attroupements populaires eussent excité la surveillance et l'inquiétude du gouvernemeut romain, et qu'enfin un incident remarquable, tel que rentrée en Jérusalem, eût déterminé le préfet à une mesure de rigueur, à un acte de sévice qui aurait brusquement terminé ce drame ( à peu près comme il est raconté ), mais qui n'aurait fait qu'accroître l'intérêt pour le personnage regretté, et par là donqé Ueu à des récits et à des associations dont le résultat cadrerait pafâiitement avec Fétat de choses qui apparaît ensuite dans l'histoire. Sans doute là où manque son témoignage positif, l'on ne pourrait établir ce qu'on appelle certitude morale; mais par l'enchaînement des causes et des effets, ou pourrait arriver à un degré de probabilité qui en produirait l'effet; puisque d'ailleurs, avec les témoignages les plus positifs, l'histoire n'a jamais de droit qu'aux plus ou moins grandes probabilités.*

Page 121, ligne 4. ( La doctrine intérieure.) Les boudistes ont deux doctrines, l'une publique et ostensible, l'autre intérieure et secrète, précisément comme les prêtres égyptiens. Pourquoi celle différence? demandera-l-.ou. C'est que la doctrine publique cnseignani les offrandes, les expiations, les fondations, etc., il est inutile de la prêcher au peuple ; au lieu que l'autre, enseignant le néant et ne rapportant rien, il convient de ne la faire connniire qu'aux adeptes. On ne peut classer plus évidemmeut les hommes en fripons et en dupes.

Page 122, ligue 15. ( Voilà ce qu'a révélé notre Boudait. ) Ce sont les propres termes de la Loubère, dans sa description du royaume de Siam et de la théologie des bonzes. Leurs dogmes, comparés à ceux des anciens philosophes de la Grèce et de l'Italie, retracent absolument tout le système des stoïciens et des épicuriens, mêlé avec des superstitions astrologiques et quelques traits du pythagorisme.

Page 129, ligne 4. ( La "barbarie originelle du genre. humain. ) C'est le témoignage unanime de toutes les histoires et même des légendes, i|ue les premiers hommes furent partout des sauvages, et que ce fut poer les cultiver et leur apprendre à faire du pain, que les dieux semanisfeslèrent.

Ibidem, ligne 8. ( N'acquiert d'idées que par l'intermède de ses sens. ) Voilà précisément où ont échoué les anciens et d'où sont venues leurs erreurs : ils ont supposé les idées d^ Dieu innées, coéternelles àl'ame; et de là toutes les rêveries développées dans Platon etïamblique. (Voy, le Timée, le Phédon et de Mijsteriis ^Egyptiorum^ section i"^®, chap. 5.)

Page 133, ligne 13. (Le iémoignage de tous les anciens monuments, ) Il résultechîrement,ditPlutarqae, des vers d'Orphée et des livres sacrés des Egyptiens et des Phrygiens, que la théologie ancienne, non-seulement

te2 NOTES.

des Grecs» ma» en général de tous les peuples, ne ftit autre chose qo*ui système de physique, qu'un tableau des opérations de la nature, envo» loppé d*allégories mystérieuses etde symboles énigmatiqnes : de manier» que la multitude ignorante s'attachât plutôt au sens apparent qu'an sens caché, et que même dan^ce qu^eile comprenait^ de ce dernier, elle sup« posât toujours quelque chose de plus profond que ce qui paraissait. Pluip lanpie, FragmerU d'un ouvrage perdu, cité dans Eusèbe, Prœp. evang,, fih. m, chap. i, p. 85.

« La plupart des philosophes, dit Porphyre, et entre antres Chasremon ( qui vécut en Egypte dans le premier siècle de Tère chrétienne ), ne pensent pas qu'il ait jamais existé d'autres mondes que celui que nous voyons : et ils ne reconnaissent pas d autres dieux, de tous ceux qu'allèguent les Egyptiens, que ce qu'on appelle vulgairement les planètes, les signes du zodiaque et les constellalions, qui jouent avec eux en aspect f de lever et de coucher ) ; à quoi ils ajoutent leurs divisions de signes en décans ou maîtres du temps, qu'ils appellent les chefs forts et puissants dont les noms, les vertus curatives des maladies, les couchers, les levers, les présages de ce qui doit arriver, font la matière des almannchs ( c'esl-à-dire que les prêtres égyptiens faisaient de véritables almanaclis de Mathieu Lacnsberg ) ; car lorsque les prêtres disaient que le soleil était l'archiiecte deTunivcrs, Chaeremon sentait que tous leurs récits sur Isis et sur Osiiis, que toutes leurs fables sacrées se rapportaient en partie aux planètes, aux phases de là lune, au cours du soleil, en partie ( aux étoiles de ) j'bémisplière du jour et de la nuit, ou au fleuve du Nil, en un mot, à des êtres physiques, naturels, et rien à des être immatériels et dépourvus de corps... Tous ces philosophes croient que les mouvements de notre volonté et de nos actions dépendent de ceux des astres, qu'ils en sout dirigés ; et ils se soumettent aux lois d'une nécessité ( physique ) qu'ils appellent destin oii fatum, supposant une chaîne ( de causes ctd'effels) qui lie, par je ne sais quel lien, tous les hommes entre eux ( depuis l'atome ) jusqu'à la puissance supérieure et à Tinfluence première de ces dieux ; en sorte que, soit dans les temples, soit dans les simulacres ou idoles, ils n'adorent autre chose que la puissance de la destinée. » ( Porphyre, Episl. ad lanebonem.)

Page 154, ligne 1. ( Exigea la connaissance des deux. ) Jusqu'à ce Jour on a répété, sur Tauiorité indirecte de la Genèse, que l'astronomie avait été inventée par les enfants de Noé. On a raconté gravement que, pâtres errants dans les plaines de Sennaar, ils employaient leur désœuvrement à rédiger un système dos cicux, comme si des pâtres avaient besoin de connaître plus que l'étoile polaire, et comme^ si le besoin n^é- Idlt pas Tunique motif de toute invention I Si les anciens pasteurs furent j»} studieux et si habiles,, comment arrive-t41 que ks modernes soient «j

NOTBS. ' 905

ignora»!» et &i négligents? Or» il est de fait que le» Arabea du déaert ne eoQnaîsaent pas m conatellaiiona, et quMls n'entendent ims un mot d*astronomie.

Page 154, ligne 28. ( Des génies auteurs des biens et des maux.) Il paraît que par le mot genius les anciens ont entendu proprement une qualité, une faculté génératrice, productrice ; car tous tes mots de cette famille reviennent à ce sens : generare^ genôs, genesis, genvs^ gens,

a Les sabéens anciens et modernes, dit Maimonidcs, reconnaissent un dieu principal, fabricateur du monde et possesseur du ciel ; mais, à cause de son éloignement trop grand, ils le pensent inaccessible; et imitant la eonduite du peuple à regard des rois, ils emploient auprès de lui pour médiateurs les planètes et leurs anges, auxquels ils donnent le titre da princes et de rois, et qu'ils supposent habiter dans ces corps lumineux^ comme dans les palais ou tabernacles, etc. » ( More Nebuchim, pars m, c. 29. )

Page 135, ligne 9. (Un sexe tiré du genre de son appellation.) Selon qu'un objet se trouva du genre masculin ou féminin dans la langue d'un peuple, le dieu qui porta son nom se trouve mâle ou femelle chez ce peuple. Ainsi les Cappadociens disaient le dieu Lunus et la déesse Soleil; et ceci présente sans cesse les mêmes êtres sous des formes diverses, dans la mythologie des anciens.

Ibidem^ ligne 33. ( Paraissent remonter au delà de quinze mille ans, ) L'orateur historien suit ici l'opinion du savant Dupuis, qui d'abord en son mémoire sur VOrigine des Constellations ^ puis dans son grand ouvrage sur VOrigine de tous les Cultes, a rassemblé une foule de preuves que jadis la Balance était placée à l'équinoxe du printemps, et le Bélier d l'équinoxe d'automne, c'est-à-dire que la précession des équinoxes a causé un déplacement de plus de sept signes. L'action de ce phénomène est incontestable : les calculs les plus récents l'évaluent à 50 secondes, 12 ou 15 tierces par an; donc chaque degré de signe zodiacal est déplacé el mis en arrière en 71 ans 8 ou 9 jnois ; donc un signe entier, en 2152 ou 53 ans. Or si, comme il est de fait, le point équinoxial du printemps fut juste au 1" degré du bélier, l'an 388 avant J.-C. ; c'esl-à-dire si, à celte époque, le soleil avait parcouru et mis en arrière tout ce signe pour entrer dans les poissons, qu'il a quittés de nos jours, il s'ensuit qu'il avait quitté le taureau 2153 ans auparavant, c'est-à-dire vers l'an 2540 avant J.-C, et qu'il y était entré vers l'an 4602 avant J.-C. Ainsi, remontant de signe en signe, le 1^' degré du bélier avait été le point équinoxial d'automne environ 12,912 ans avant l'an 388, c'est-à-dire 1 3,300 ans avant l'ère cbréti/enne : ajoutez nos dix-huit siècles, vous avez 15,100 ans, et de plus li qottititë de temps et de siècJos qu'il faltot pour ameoer les eon-

d04 NOTES.

uaissaDces astronomiques à ce degré d*élévaiion. Mainlenant remarquez que le culte du signe Taureau joue un rôle principal chez les Egyptiens, les Perses, les Japonais, etc. ; ce qui indique à cetle époque une marche commune d'idées chez ces divers peuples. Les 5 ou 6000 ans de la Genèse ne font objection que pour ceux qui y croient pour éducation. ( Voy. à ce sujet l'analyse de la Genèse, dans le t. i*^*^ des Recherches nouvelles sur V histoire ancienne ; voy. aussi Y Origine des Constellations, par Dupuis, 1781 ; V Origine des Cultes^ en 3 vol. in-4°, 4794, et le Zodiaque chronologique, in-4«, 1806. )

Page 457, ligne 22. {Les noms des objets terrestres qui leur répondaient. ) <c Les anciens, dit Maimonides, portant toute leur attention sur Tagriculture, donnèrent aux étoiles des noms tirés de leurs occupations pendant Tannée. » ( More Nebuchim, pars. v. )

Page 138, ligne 32. ( Tel [ut le moyen d'appellation. ) Les anciens disaient: crabiscr, capriser, torluiser, comme nous disons «erpcn/er, coqueter; tout le langage a été construit sur ce mécanisme.

Page 1 40, ligne 2o. ( En qui la vertu des astres s'était insérée, ) a Les anciens astrologues, dit le plus savant des Juifs ( Mainlbnides ), ayant consacré à chaque planèle une couleur, un animal, un bois, un métal, un fruit, une plante, ils formaient de toutes ces choses une figure ou représentation de l'astre, observant pour cet effet de choisir un instant approprié, un jour heureux, tel que la conjonction ou tout autre aspect favorable; par les cérémonies ( magiques ), ils croyaient pouvoir faire passer dans ces figures ou idoles les influences des êtres supérieurs (leurs modèles). C'étaient ces idoles qu'adoraient les Kaldéens-Sabéens : dans le culte qu'on leur rendait, il fallait être vêtu de la couleur propre... Ainsi, par leurs pratiques, les astrologues inlroduisirent l'idolâtrie, ayant pour objet de se faire regarder comme les dispensateurs des faveurs des cieux ; et parce que les peuples anciens étaient entièrement adonnés à Tagriculture, ils leur persuadaient qu'ils avaient le pouvoir de disposer des pluies et des autres biens des saisons ; ainsi toute rogricuUure s'exerçait par des règles d'astrologie, et les prêtres faisaient des talismans pour chasser les sauterelles, les mouches, etc. » ( Voy. Maimonides, More ZVeÔMc/wm, pars m, c. 9. ) .

« Les prêtres égyptiens, indiens, perses, etc., prétendent lier les dieux à leurs idoles, les faire descendre du cielà leur gré ; ils menacent le soleil et la lune de révéler les secrets des mystères, d'ébranler les cieux, etc. » Eusèbe, Prœparat. evang.j p. 498. -et lamblique, de Mysferiis JEgyptiorum,

Page 441, ligne 4. ( Fut censé en remplir les rôles mfrmiomique$, }

Ce sonl les propres paroles de lamblique, de Symbolts jiigyptiorunif c. 2, sect. 7. Il était le grand Prolée, le métambrphiste universel.

Page iÂ% ligné 5. ( Voire tonsure est le disque du sokiL ) « Les Arabes, dit Hérodote; lib. m, se rasent la tête eu rond et autour des tempes, ainsi que se la rasait, disaient-ils, Baccbus ( qui est le soleil ). » Je* rémie, c. 25, v. 25, parle de cielte coutume. La louffeque conservent les musulmans est encore prise du soleil, qui, chez les Egyptiens, était peint, au solstice d'hiver, n'ayant plus qu'un cheveu sur la téie. ( Votre éloi esl son zodiaque. ) Les étoles de la déesse de Syrie et de la Diane d'Épbèse, d'où dérive celle des prêtres, portent les douze animaux du zodiaque. Les chapelets se retrouvent dans toutes les idoles indiennes, composées il y a plus de 4.S00 ans, et leur usage est universel et immémorial en Asie. La crosse est précisémeni le bâton de Bootes ou Osiris. ( Voy. la planche ni. ) Tous les lamas portent la mitre, ou bonnet conique, qui était Temblème du soleil.

Ibidem, ligne 31 . ( On en fil la vie historique d'Hercule. ) Voy. Touvrage de Dupuis. Origine des Constellaliom et Origine de tous les Cultes.

Page 145j ligne 21 . {La réunion de ces figures avait des sens convenus.) Le lecteur verra sans doulc avec plaisir plnsicurs exemples des hiéroglyphes des anciens.

« Les Egyptiens, dit îlor-xVpollo, désignent réternîté par les figures du soleil et de la lune. Ils figurent le monde par un serpent bleu à écailles jaunes (les étoiles; c'est le dragon chinois). S'ils veulent exprimer l'annéo, ils représentent Isis, qui dans leur langue se nomme aussi Sotbis, ou la canicule, première des constellations, par le lever de qui Tannée commençait. Son inscription à Sais était : C'est moi qui me lève dans la conslellîUion du Chien.

« Ils figurent aussi l'année par un palmier, et le mois par un rameau, parce que, chaque mois, le palmier pousse une branche.

« Ils la figurent encore par le quart d'un arpent. ( L'arpent entier, divisé en quatre, désignait la période bissextile de qualre ans : l'abrévialion de celte figure du champ qiiadri-parlite est visiblement la lettre ha ou hêthj septième de l'alphabet samaritain; les lettres alphabétiques pourraient bien n'être que des abréviations d'hiéroglyphes astronomi- Ques, et par cetle raison on aurait écrit de droite à gauche, dans le sens <lc la marche des étoiles. } Ils désignent un prophète par l'image d'un ('hicn, attendu que l'astre-chien ( Anoubîs ) annonce pardon lever Tînondation.

« Ils peignent l'inondation par un lion, parce qu'elle arrive sous ce ^ignc ; et de là, dit Plutarque, l'usage dos figures de lion vomissant de i f'au à la porte' des temples.

« Ht expriment Dieu et h destinée par uoe étoile. Ils représentent aussi Dieu, dit Porphyre, par une pierre noire, parce que sa nature est ténébreuse, obscure. Toutes les choses blanches expriment les dieux célestes, lumhieux ; toutes les circulaires expriment le monde, la Inné, le soleil, les orbites; tous les arcs et croissants, la lune... Usflgnrentle feu et les dieux de rOlympe par des pyramides et des obélisques ( le nom du soleil, Baal, se trouve dans ce dernier mot ) ; le soleil par un cône ( la mitre d'Osiris); la terre par un cylindre ( qui roule ); la puissance gé* nératrice ( de Tair ) par le phallus, et celle de k terre par un triangle, emblème de Torgane femelle. ( Eusèbe, Prœparal» evang., p. 98. )

« Le limon, dit lambique, de Sytnbolis, sect. 7, c. 2, désigne la matière, la puissance générative et nutritive ; tout ce qui reçoit la chaleur, la fermentation de la vie.

« Uu homme assis sur le lotos ou nénuphar désigne Tesprit moteur (le soleil), qui, de même que cette plante, vit dans Teau sans toucher au limon, existe pareillement séparé de la matière) nageant dans l'espace, se reposant sur lui-même ,* rond dans toutes ses parties, comme le fruit, les feuilles et les fleurs du lotos, (Brahma a des yeux de lotos, dit le Chaster Néardisen, pour désigner son intelligence, son œil, qui soitiage à tout, comme la fleur du lotos sur Feau.) Un homme au timon d*un Taisseau, continue lambliqiie, désigne le soleil qui gouverne tout. Et Porphyre nous dit que c'est encore lui que représente un homme dans un vaiseau, sur uu crocodile (amphibie, emblème de Tair et de Teau).

« A Éléphantine , on adorait une flgure d*homme assis, de couleur bleue, ayant une tête de bélier et des cornes de bouc, qui embrassaient le disque; le tout pour figurer la conjonaion du soleil, dans le bélier, avec la luno. La couleur bleue désigne la puissance attribuée à la lune, dans cette conjonction, d'élever les e%ux en nuages (apud Euseb., Préparai. evang,y page 116).

« L'épervier est Temblème du soleil et de la lumière, à raison de son vol rapide et élevé au plus haut de Tair, où abonde la lumière.

« Le poisson est Temblème de Taversion, et l'hippopotame de la vio^ lence, parce que, dit-on, il tue sou père et viole sa mère. De là, dit Plutarque, Tinscription hiéroglyphique du temple de Sais, où Ton voit, peints sur le vestibule : 1** un enfant; 2° un vieillard ; 5° un épervier ; 4** un poisson, et 5** un hippopotame ; ce qui signifie : 1^ arrivants ( à la vie), et 2* partants ; 5** Dieu, 4* hait, 5* Tinjusiice. (Voyez ïsis et Oêtrit,)

« Les Égyptiens, ajoule-l-il, peignent le monde par un scarabée, parce que cet insecte pousse à contre-sens de sa marche une boule qui contient ses œufs, comme le ciel des fixes pousse le soleil (jaune de Tœaf) à contre-sens de sa rotation.

t^ Ils peignent le monde par le nombre cinq, qui est celui des éléments, savoir, dit Diodore, la terre, T^o, l'air, le feu et Téther ou sp-

NOTEâ. Mt

ritiid (ili sont leâ mômes chez les Indiens) ; et, seloû les mystiques, dftns MacfObe, ce sont le Dieu suprême ou premier mobile, rintelligeûce ou mené née dé lui, l'âme du monde, qui en procède, les sphères célestes et les choses terrestres. De là, ajoule Plutarque, l'analogie de petUé^ cinq (en grec) à Pan, le tout.

« L*âne, dit-il encore, désigne Typhon, parce qu'il est de couleur rousse, comme lui : or. Typhon est tout ce qui est bourbeux, limoneux » (et j observerai qu*en hébreu, limon, couleur rousse, et ftiie , sont des mots Tormés de la même racine, hamr). De plus, lamblique nous a dit que le Hmon désignait la matière, et il ajoute ailleurs que tout mal, toute corruption viennent de la matière ; ce qui, comparé au mot de Macrobe Tout est périssable, sujet au changment, dans la sphère céleste, noud donne la théorie du système, d'abord physique, puis moralisé, du bien et du mal des anciens. (Voy. le Mémoire sur le zodiaque de Dendera, que le savant Dupuis a inséré dans le journal intitulé : Revue pkilosophi' que, année 1801.)

Pag. 146, lig. 8. (Une cause insensée de superstition.) C'est le propre texte de Plutarque, qui raconte que ces divers cultes furmi donnés par UQ roi d*Egypt6 aux différentes villes, pour les désunir et les asservir (et ces rois étaient pris dans la caste des prêtres.) Y. Lis et Offrit.

Pag. 148, lig. 5. [Dans la projection de la sphhe que traçaient les prêtres astronomes.) Les anciens prêtres curent trois espèces de projection, qu'il est utile de faire connaître au lecteur.

(( Nous lisons dans Ëubulus, dit Porphyre, que Zoronstre fut le pre* mier qui, ayant choisi, dans les montagnes voisines de la Perse, une caverne agréablement située, la consacra à Mithra (le soleil], créateur et père de toutes choses, c'est-à-dire qu'ayant parcage cet antre en divisions géométriques, qui représentaient les climats et les éléments, il imita, en petit, l'ordre et la disposition de l'univers p:tr Mithra. Après Zoroastre, 00 devint un usage de consacrer les antres à la célébration des mystères, en sorte que, de même que les temples sont affectés aux dieux célestes; les autels champêtres aux héros et aux dieux terrestres, les souterrains aux dieux infernaux (inférieurs); de même les antres et les grottes furent spécialement attribués au monde, & l'univers et aux nymphes : delà est venu à Pythagore et à Platon l'idée d'appeler le monde unecaTcrne, un antre. (Porphyre, ée Antro Nympharum.)

Voici donc une première projection en relief; et quoique les Perses aient fait honneiir de son invention à Zoroastre, on peut assurer qtt*elle eut lieu chez les Égyptiens, et que même, étant la plus simple, elle dut y être la plus ancienne ; les careroes de Thèbes, remplies de peintures, lutoriscnt ce sentiment.

20g NOTES»

En voici une seconde. « Les prophètes ou hiérophantes des Egyptiens, dit l'évêque Synnesius, qui avait été initié aux mystères, ne permettent pas aux ouvriers ordinaires de faire les idoles ou images des dieux; mais ils descendent eux-mêmes dans les antres sacrés, où ils ont des coffres cachés, qui renferment ceruines sphères sur lesquelles ils composent ces images en secret et à l'insu du peuple, qui méprise les choses simples et aaturelles, et qui veut des prodiges et des fables. » {Syn., in CalvU.) C'est-à-dire que les prêtres avaient des sphères armillaires comme les nôtres; et ce passage, si concordant avec celui de Chreremon, nous donne la clef de leur théologie astrologique.

Enfin, ils avaient des plans plats, dans le genre de la planche m, avec cette différence, que leurs plans, très-compliqués, portûent toutes leurs divisions fictives de décans et sous-décans avec les indications (hiéroglyphiques) de leurs influences. Kirker en a donné une copie dans son- Œdipe égyptien, et Gébclin un fragment ficuré dans son volume du calendrier (sous le nom de Zodiaque ég3q)tien). Les anciens Egyptiens, dit l'astrologue Julius Fiimicus (Astron., lih. n, c. 4, et lib. iv, c. 16), divisent chaque signe du zodiaque en trois sections; et chaque section fut sous la direction d'un être fictif, qu'ils appelèrent décan ou chef de dizaine; en sorte qu'il y eut trois décans par mois et trente-six par an. Or, CCS décans, qui furent aussi appelés dieux (Théoi), règlent les destinées des hommes , et ils étaient spécialement placés dans cerU^iucs

étoiles.... Dans la suite, on imagina, en chaque dizaine, trois autres dieux, que Ton appela les dispensateurs; de sorte .qu'il y en eut neu par mois, qui furent encore divises en un nombre infini de puissances! (Les Perses et les Indiens firent leurs sphères sur des plans semblables; et si l'on dressait un tableau de la description qu'en donne Scaliger, à la fin de Manilius, Ton y verrait précisément la définition de leurs hiéroglyphes, car chaque article on est un.)

Page 148, ligne 9. {L'hémisphère d'hiver lui était antipode.) Voilà précisément pourquoi le nom d'Ahrimanes était toujours écrit, par les Perses, renversé ainsi : Àhriman.

/6i({em, ligne 28. (Typhoriy c'est- à-dire le déluge, à raison des pluies.) Typhon, prononcé touphon par les Grecs, est précisément le touphan^ arabe, qui veut dire déluge ; et tous ces déluges des myihologies ne sont, tantôt que l'hiver et les pluies, et tantôt le débordement du Nil; de mémo que les prétendus Incendies qui doivent terminer le monde ne sont que la saison d'été. Voilà pourquoi Aristote, De meteoris, libl i, c. 14, dit que l'hiver de la grande année cyclique est un déluge, et son été un incendie. <( Les Egyptiens, dit Porphyre, emploient, chaque année, un talisman en mémoire du monde: au solstice d'été, ils mar(]uont de ronge les mai-

tuoni. ^ HM

soDSj les troupeaux, les arbres, disant que, ce jour-là, tout le monde a été incendié. C'était aussi alors que se célébrait la danse pyrrbique ou de l'incendie. » (Et ceci explique Torigine des purifications par le feu et par Tcau; car, ayant appelé le tropique du Cancer {jorte des cieux et de la chaleur ou feu céleste, et celui du Capricorne porte du déluge ou de Teau, il fut censé que les esprits ou âmes qui passaient par ces portes, pour aJJer et venir aux cieux, étaient rôtis ou baignés ; de là le baptême de Milhra, et le passage à travers les flammes, ptH^ués dans tout rOrient,' longtemps avant Moïse.)

Page 14S, lig'. 50. {Dans la Perse, en un temps poHérieur.) Dans un temps postérieur , c'est-à-dire, lorsque le Bélier devint le signe équinoxial, ou plutôt lorsque le dérangement du ciel eut fait apercevoir que ce n'était plus le Taureau.

Page 149, lig. H. (Tous les actes religieux du genre gai.) Toutes les fêtes anciennes, relatives au retour ou à Fexaltation du soleil, portaient ce caractère : de là les hilaria du calendrier romain au passage {pascha) de réquinpxe vernal. Les danses étaient des imitations de la marche des

planètes. Celle des derviches la figure encore aujourd hui.

Ibidem, lig. 25. ( Tous les actes religieuœ dii genre triste.) On n'offre, dît Porphyre, de sacrifices sanglants qu'aux démoqs et aux génies malfaisants, pour détourner leur colère... Les démons aiment le sang, Thumidité, la puanteur. (Eusèb., Prœp, evang,^ p, 175.)

« Les Égyptiens, dit Plutarque, n'offrent de victimes sanglantes qu'à Typhon. On lui immole un bœuf roux, et l'animal de sacrifice est un ammal exécré, chargé de tou^ les péchés du peuple (le bouc de Moïse). » Voyer fie Iside et Osiride.

Ibidem, ligne 28. (Ce partage des animaux en sacrés et abomina^ b/e5.) Strabon dit, à roccasion de Moïse et des Juifs : «De la superstitidn sont nées les prohibitions de certaines viandes et les circoncisions. )) — Et j'observe , à l'égard de celte dernière pratique, que son but était d'enlever au symbole d'Osiris (phallus) l'obstacle prétendu de la fécondation : obstacle qui portait le sceau de Typhon, a dont la nature, dit Plutarque, est tout ce qui empêche, s'oppose, fait obstruction. 9

Page 154, lig. 2. (Les heureux n'y donneront point d^ombre.) Il est, à ce sujet, un passage de Plutarque si intéressant et si explicatif de tout ce système, que le lecteur me saura gré de le lui citer tout en entier, Après avoir dit que la théorie du bien et du mal avait, de tout temps, exercé les physiciens et les théologiens. : (( Plusieurs, ajoute-t-il, croient qu'il y a deux dieux dont le penchant opposé se plaît, l'un au bien, et l'autre au mal; il appellent spécialement dieu le premier, et génie on démon h I. 14

iec«Rd. Zonngtre les a nommés Oromaze et Alirimanes, ^ U a 4il ipM, de tout ee qqi toml>e sous m» sens» la Imoiàre est Tèure qui r einréieiile le mieux Tud; les téaèbres et FignoraDce, Tautre. il ajoute que Mikhra leur est intermédiaire ; et voilà pourquoi les Perses i^p^eot Mithnr le médiateur ou riutermédîaire. Cbacuo de oes dieux a des plantes et des animaux qui lui sont particuliètement consacrés ; par exeniple» les chiens, les oiseaux, les hérissons, sont affectés au ïfWk génie; tous les animaux aqua^'^es au mauvais.

Les Perses dîsW encore qu*Oromaze naquit ou fut formé delà lumière la plus pure; Âhrimanes, au contraire, des ténèbres les plus épaisses; qu'Oromaze fit six dieux aussi bons que lui, et qu' Ahrimanes leur en t)pposa six méchants ; qu'ensuite Oromaze se tripla (Hermès trismégiste), et s'éloignadu soleil autant que Ip soleil est éloigné de la terre, et qu*îl fit les éloiles, entre autres Sirius, qu'il plaça dans les cieux comme un gardi^i et une sentinelle. Or, il fit encore vingt-quatre autres dieux, qu'il plaça dans un œuf; mais Ahrimanes en créa vingt-quatre autres qui percqreot Tœuf, et alors les biens et les maux furent mêlés (dans l'univers). Mais enfin Ahrimanes doit être un jour vaincu, et la terre deviendra égale et aplanie, afin que tous les hommes vivent heureux.

Théopompe ajoute, d'après les livres des mages, que, tour à tour, Tun de ces dieux domine tous les trois mille ans, pendant que Tautre a du dessous ; qu'ensuite ils combattent à armes égales pendant trois autres mille ans ; mais enfin que le mauvais génie doit succomber (sans retour). Alors les hommes deviendront heureux et ne donneront point d'ombre. e)r, le dieu qui médite ces choses, se repose ea attendant qu'il hn plaise 4e les exécuter. » (De Isidê H Osiride. )

* L'allégorie se montre à découvert dans tout ce passage. L'œuf est la sphère des fixes, le monde; les six dieux d'Oromase sont les «x signes d'été ; les six signes d'Ahrimanes, les six signes d'hiver. Les quarantehuit dieux, créés ensuite, sont les quarante-huit constellations de la sphère ancienne, partagée également entre Ahrimanes et Oromaze. Le rôle de Sirius, gardien, sentîneile, décèle l'origine égyptienne de ces idées; enfin cette expression : que la terre deviendra égale et aplanie, et que les hommes heureux ne donneront point d'ombre> nous montre que le paradis véritable était Téquateur.

Page 1 54, lig. i 0. (Lu cérémonies de Vautre de JUUhn.) Dans les antres jlactices que les prêtres pratiquèrent partout, on célébrait des mystères qui consistaient, dit Origène contre Celse, à imiter les mouvements des astres, des planètes et de tous les cieux. Les initiés poruiènt des noms de constellations, et prenaient des figures d'animaux. L'un était déguisé en lion, l'autre en corbeau, celui-ci en bétiisr. Oe là les maaqnesde la ]iremière comédie. (Voy. Aniiq.dévoUée^ tom. ii^ pag. M4.) Dans mysiè*

Tes de Oérà&, le eief 4e là proees^en «"àf^eltiit W cpëaiei^r; le {lerteiir de flâmbeaii, )e sele»l; celui cprî Mtàt près de Faiilei, Ki hine ; le héraut ou diaere, Mereure. Bn Egypte, il y ayail itfie fête elk des hommes et des femmes représentai^nl f année, te sîède, tes saisons, les parles en jour,' et ils suitàient Bacélios (Aêhéméey lîb. v, e. T.) Bans Tantre de Bfithra il y avait une éehelle à sept échelons oa degrés, figurant les sept sphères des planètes, par où montaient et descendaient les âmes ; c*est précisément 1 échelle de 1^ vision de Jacob ; ce qui indique, à celte époque, tout le système formé. Il y a à la Bibliothèque royale un superlni volume de peinture des dieux de Flnde, où Téchèlle se trouve représentée avec les âmes qui y montent, planche dernière.

Voy. Fastronomie ancienne par Bailly, où nos assertions sur les coqt* naissances des prêtres sont amplement prouvées.

Page 1ë6, fig. S. (Dont êmte» les fw4U9 avahmê ime Haismi inHme, Ce sont les propres parolea de lauiiy^que, Ih Mysi. JBgypê.

Ibvàkmy li^. il .{Un fluide ignéy électrique.) Plos je considère ce qve te» anciens ont entendu par éther et esprit, et ce que les Indiens oomoteaK l'akache, plus j'y trouve d'analogie aveq le fluide électrique. U» Sttkle lamiaeux remplissant l'univers, composant la matière des astres, pria-» cipe de mouvement et de chaleur, ayant des molécules rondes, lesqueUesi s'insinuant dans on corps, le remplissent en s*y dilatant, quelle que soit soa étendue ; quoi de plus ressemblant à rélectricité?

Ibidem, lig. 43. (Le- eœur ou le foyer,) Les physiciens, dit Macrobe, appelèrent le soleil cœur du monde, (c. 20^ Som. Seip.) Les Égyptiens, dit Plutarque, appellent l'orient le visage, le nord le côté droit, le midi le côté gauche du monde (parce que le cœur y est placé.) Sans cesse ils comparaient rnnivers à un homme, et de là le microcosme sï célèbre des alchimistes. Observons, en passant, que les alchimistes, les cabalistes, les Ifranes-maçons, les magnétiseurs, les martiuîstes, et tous les visionnaire» de ce genre, ne sont que des disciples égarés de cette écofe antique. Consultez encore le pythagoricien Ocellus' Lucanus, et YŒdipus JSgyp^ tiaeus de l^ker, tom. n, pa£^. 205.

Ibidem, lig. 32. (Vans VHhery au milieu d$ la voûte dm eimss^ Qtm cou^Msâson i un isBue d'ouf porte :Vmt TanaloiM de h i^iire ronde et^aone; 2** sur la sUuatiouaii Biiiieu;3i°su9 le genuftou piiacip^dt vie piaoé daps le jaune. U iigitf e ovale seraii-eljie rdblive à TeUi^ae te orbites? Je sul3 p<¥rté à le ercnre. Le mot orphique «tKre d'^lUeun uns r^aarc^ nouvelle. Maerohe dit (S«m^ Se^^fhn.^ c, i4> «t «. V^ que le solieil est b cervelle de Tunivers, eK que e'est pw imiileiie que d«M rtoiMiekçriM ^iroad, cossue Va»tre mf^M VisMitim^ ;«riii

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