CHAPITRE II. S
R. C'est d'être commune à tous les temps, à tous les pays c'est-à-dire d'être une et universelle.
D. Est-ce qu'aucune autre loi n'est universelle?
R. Non, car aucune ûe convient, aucune n'est applicable à tous les peuples de la terre; toutes sont locales et accidentelles, nées par des circonstances de lieux et de personnes ; en sorte que si tel homme, tel événement n'eût pas existé, telle loi n'existerait pas.
D. Quel est le quatrième caractère?
R. C'est d'être unif(Jrme et invariable.
D. Est-ce qu'aucune autre n'est uniforme et invariable?
R, Non; car ce qui est bien et vertu selon l'une, est mal et vice selon l'autre; et ce qu'une même loi approuve dans un temps, elle le condamne souvent dans un autre.
D. Quel est le cinquième caractère !
R. D'être évidente et palpable , parce qu'elle consiste tout entière en faits sans cesse présents aux sens et à la démonstration.
D. Est-ce que les autres lois ne sont pas évidentes?
R. Non; cai^'elles se fondent sur des faits passés et douteux , sur des témoignages équivoques et suspects, et sur des preuves inaccessibles aux sens.
D. Quel est le sixième caractère?
^ R. D'être raisonnable, parce que ses préceptes et toute sa doctrine sont conformes à la raison et à l'entendement humain.
D. Est-ce qu'aucune autre loi n'est raisonnable?
R. Non ; car toutes contrarient la raison et l'en-
tencjemçnt de rhoname, et lui imposent avec tyrannie une croyance aveugle et impraticable.
D, Quel est le septième caractère?
R. D'être juste , parce que dans cette loi les peines sont proportionnées aux infractions.
D. Est-ce que les autres lois ne sont pas justes ?
R, Non ; car elles attachent souvent aux mérites ou aux délits des peines ou des récompenses démesurées, et elles imputent à mérite ou à délit des actions nulles ou indifférentes.
D. Quel est le huitième caractère ?
R. D'être pacifique et tolérante , parce que, dans la loi naturelle, toutes les hommes étant frères et égaux en droits, elle ne leur conseille à tous que paix et tolérance, même pour leurs erreurs.
D. Est-ce que les autres lois ne sont pas pacifiques?
R, Non; car toute prêchent la dissension, la discorde, la guerre, et divisent les hommes par des prétentions exclusives de vérité et de domination.
D. Quel est le neuvième caractère ?
R. D'être également bienfaisante pour tous les hommes , en leur enseignant à tous les véritables moyens d'être meileurs et plus heureux.
D. Est-ce que les autres ne sont pas aussi bienfaisantes ?
R. Non; car aucune n'enseigne les véritables moyens du bonheur : toutes se réduisent à des pratiques pernicieuses ou futiles, et les faits le prouvent, puisqu'après tant de lois, tant de religions, de législateurs et de prophètes, les hommes sont encore aussi malheureux et aussi ignorants qu'il y a bix mille ans.