‹ Œuvres Choisies de VChapitre 85 sur 109 · CHAPITRE Yl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yl

D* Doit-on considérer TïibstiTOntt» et le jéùne comme des actions vertueuses?

R. Ouié lorsqu'on a trop mangé; car ^ibrs l'ab^ stinence et le jeûne ^mt des remèdes efficaces et simples; mais lorsque le corps à besoin d'bli^nts) les lui refuser et le laisser souffrir de soif ob fto faim, c'est un délire et un véritable pédié contré la loi naturelle.

D. Gommenteettel^Âcoftsidère-t-elterivtognerie?

R. Gomme le vke le plus vil et lê plus ptmV ciewL. L'ivrogne, privé du sens et dô ht raiëon quh Dieu nous a donnés, profane le bienfeit de la Di^^ vinité; il se ravale à la condittoa des l^utes; inca^ pable de guider même &es pas ^ il chancelle et tombe comme Tépileptique; il se Messe et peu) même se tuer; sa faiblesse dans cet état lé rend le jouet et le mépris de tout ce qui Fénvironne ; il contracte dans Tivresbe des ntarchés fuineui, et il perd ses affaires ; il lui édia^e des propos outràgeux qui lui suscitent des ^irièmis, des repéntiri^; il remplit sa maisoti de troubles^ de chagrins^ et finit par une Aiort précobe év par une Vieillesse cacochyme. '

D. La loi fiatureliè intërcHt-^elte isdBolùtte&t rusage dû vin?

R» Non elle en d^end seulement Tabùs; màH comme de Tusage à fabôs le passagig est facile et prompt pour le vulgaire; pèut^tre les iégislatettri qui ont proscrit Tusage du vin ont-ils rendu i^èfvicè & rhumanité.

D. La loi naturelle défend-elle l'usage dé céf laines viandes, de certains végétaux , à fcertains joùfS; dans certaines saisons?

R. Non : elle ne défend absolument que ce qui nuit à la santé ; ses préceptes varient à cet égard conune les personnes , et ils composent même une science très délicate et très importante; car la qualité, la quantité, la combinaison des aliments, ont la plus grande influence , non seulement sur les affections momentanées de F&me , mais encore sur ses dispositions habituelles. Un homme n*est point, à jeun» le même qu'après un repas, fût-il sobre. Un verre de liqueur, une tasse de café donnent des degrés divers de vivacité , de mobilité , de disposition à la colère, à la tristesse ou à la gaieté ; tel mets, parce qu'il pèse à Testomac, rend morose et chagrin; et tel autre , parce qu'il digère bien , donne de l'allégresse, du penchant à obliger ou à aimer. L'usage des végétaux, parce qu'ils nourrissent peu , rend le corps faible, et porte vers le repos, la paresse, la douceur ; l'usage des viandes , parce qu'elles nourrissent beaucoup, et des spiritueux, parce qu'ils stimulent les nerfs , donne de la vivacité , de l'inquiétude, de l'audace. Or, de ces habitudes d'aliments résultent des habitudes de constitution et d'organes qui forment ensuite les tempéraments marqués chacun de leur caractère. Et voilà pourquoi , surtout dans les pays chauds, les législateurs ont fait des lois de régime. De longues expériences avaient appris aux anciens que la science diététique composait une grande partie de la science morale; chez les Égyptiens, chez les anciens Perses, chez les Grecs même, à l'aréopage, on ne traitait les affaires graves qu'a jeun; et l'on a remarqué que chez les peuples où l'on délibère dans la chaleur des repas ou dans les fumées de la digestion , les délibéra-

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