CHAPITRE IX. V
d'une foule d'incommodités, même de maladies graves; il est constaté en médecine qu'elle n'en^ gendre pas moins les dartres, la gale, la teigne, la lèpre, que l'usage des aliments corrompus ou acres; qu'elle les suscite même dans les hôpitaux et dans les prisons; qu'elle occasionne des rhumatismes en encroûtant la peau de crasse et s'opposantà la transpiration, sans compter la honteuse incommodité d'être dévoré d'insectes, qui sont l'apanage immonde de la misère et de l'avilissement.
Aussi la plupart des anciens législateurs avaientils fait de la propreté, sous le nom depureié, l'un des dogmes essentiels de leurs religions ; voilà pourquoi ils chassaient de la société et punissaient même corporellement ceux qui se laissaient atteindre des maladies qu'engendre la malpropreté; pourquoi ils avaient institué et consacré des cérémonies d'a6/wlions, de bains, de baptêmes, de purifications même par la flamme et par les fumées aromatiques de l'encens, de la myrrhe, du benjoin, etc.; en sorte que tout le système des souillures, tous ces rites des choses mondes ou immondes, dégénérés depuis eri abus 'et en préjugés, n'étaient fondés dans l'origine que sur l'observation judicieuse que des hommes sages et instruits avaient faite de l'extrême influence que la propreté du corps, dans les vêtements et l'habitation, exerce sur sa santé, et, par une conséquence immédiate, sur celle de l'esprit et des fa-^ cultes morales. ' .' '
Ainsi, toutes les vertus individuelles ont pôup
but plus ou moins direct, plus ou moin& prochain,
. la conservation de l'homme qui les pratique ; et, par
la conservation de chaque homme , elles tendent à
U LA LOI NàTUHËLLL.
celle 4e la famille et de la société, qui se compo- ^ot de la somooe réunie des iudividas.