‹ Œuvres Choisies de VChapitre 92 sur 109 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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D. Qu^eutende&vous par vertus domestiques?

B. J'eatenda la pratique des actions utiles à la famille, censée vivre dans une mèu^ maison (1).

D* Quelles sont ces vertus?

B. GeSontréçonomie, Tamour paternel, Tamour conjugal, Tamour filial, Tamour fraternel, et TaccompUssement des devoirs de maître et de servitetu*.

D. Qu'est-ce que l'économie?

B. C'est, selon le sens le plus étendu du mot, la lionne administration de tout ce qui concerne l'existrace de la famille ou de la maison; et comme la «a)Mistance y tient le premier rang, on a resserré le nom ^'économe à l'emploi de l'argent aux pre* mîers besoins de la vie.

D. Pourquoi l'économie est-elle une vertu?

R. Parce que l'honmie qui ne fait aucune dépense inutile se trouve avoir un sur£jK>ndant qui est la vraie richesse, et au moyen duquel il procure à lui et à sa famille tout ce qui est véritablement commode et utile; sans compter que par-là il s'assure

(i) OjôoieBtiqQe vient du mot btia dmMSf mamA. y

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des ressources contre les pertes accidentelles et imprévues, en sorte que lui et sa famille vivent dans une douce aisance, qui est la base de la félicité humaine.

D. La dissipaticm et la prodigalité sont donc des vices?

R. Oui ; car par elles Thomme finit par matiqffêr du nécessaire ; il tombe dans la pauvreté, la misère, Tavilissement; et ses amis mêmes, craignant d'être obligés de lui restituer ce qu'il a dépensé avec eux ou pour eux, le fuient comme le débiteur fuit son créancier, et il reste abandonné de tout le UKmde.

D. Qu'est-ce que l'amour paternel?

R. C'est le soin assidu que prennent les parents de faire contracter à leurs enfants l'habitude de toutesles actions utiles à eux et à la société.

D. En quoi la tendresse paternelle est-elle une vertu pour les parents?

R. En ce que les parents qui élèvent leurs enfants dans ces habitudes se procurent pendant le cours de leur vie des jouissances et des ^cours qui se font sentir à chaque instant, et qu'ils assurent à leur vieillesse des appuis et des consolations contre les besoins et les calamités de tout genre qui assiègent cet âge.

D. L'amour paternel est-il une vertu commune?

R. Non ; malgré que tous les parents en fassent ostentation , c'est une vertu rare ; ils n'aiment pas leurs enfants, ils les caressent^ et ils les gâtent ; ce qu'ils aiment en eux, ce sont les agents de leurs volontés, les instruments de leur pouvoir, les trophées de leur vanité, les hochets de leur oisiveté : ce n'est pas tant l'utilité des enfants Qu'ils se proposent que

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leur soumission, leur 6béissaDce; et si parmi les enfants on compte tant de bienfaités ingrats, c*est que panni les parents il y a autant de bienfaiteurs despotes et ignorants.

D. Pourquoi dites-yous que Famour conjugal est une vertu?

R. Parce que la concorde et l'union qui résultent de l'amour des époux établissent au sein de la famille une foule d'habitudes utiles à sa prospérité et à sa conservation. Les époux unis aiment leur maison et ne la quittent que peu ; ils en surveillent tous les détails et l'administration ; ils s'appliquent à l'éducation de leurs enfants ; ils maintiennent le respect et la fidélité des domestiques; ils empêchent tout désordre, toute dissipation ; et, par toute leur bonne conduite , ils vivent dans l'aisance et la considération; tandis que les époux qui ne s'aiment point remplissent leur maison de querelles et de troubles , suscitent la guerre parmi les enfants et les domestiques; livrent les uns et les autres à toute espèce d'habitudes vicieuses : chacun dans la maison dissipe , pille , dérobe de son côté; les revenus s'absorbent sans fruit; les dettes surviennent ; les époux mécontents se fuient , se font des procès ; et toute cette famille tombe dans le désordre, la ruine, l'avilissemait et le manque du nécessaire.

D. L'adultère est-il un délit dans la loi naturelle?

R. Oui ; car iltratneavec lui une foule d'habitudes nuisibles aux époux et à la famille. La femme ou le mari, épris d'affections étrangères, négligent leur maison, la fuient, en détournent autant qu'ils peuvent les revenus pour les dépenser avec l'objet de leurs affections : de là les querelles, les scandales.

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