‹ Œuvres choisies de VicoChapitre 15 sur 93 · CHAPITRE VIT De la faculté · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT De la faculté

Facultas, c'est faculitas, d'où est dérivé facilitas, facilité ; ce qui signifie la puissance, la capacité de faire sans peine et sans hésitation. C'est donc cette facilité, par laquelle la vertu passe à l'acte. V anima est une vertu; la vision un acte, le sens de la vue une faculté. Aussi la classification de l'École n'est pas sans élégance; elle appelle le sens, l'imagination, la mémoire, l'intelligence, des facultés de Vâme (animse). Mais cette élégance est gâtée quand l'École place dans les choses les couleurs, les saveurs, les sons, le tact. Car si les sens sont des facultés, dans l'acte de la vision nous faisons les couleurs, dans celui du goût les saveurs, dans ceux de l'ouïe et du tact les sons, la chaleur et le froid. C'était le sentiment des anciens philosophes de l'Italie ; la trace en est visible dans les mots olere et olfacere; la chose sentie est dite olere, et le sujet sentant olfacere^ parce que le sujet [animans) crée l'odeur par l'odorat. L'imagination est la plus cer* taine des facultés, parce qu'en l'exerçant nous créons

les images des choses. De même le sens interne ; c'est en remarquant la blessure, au sortir du combat, que l'on sent la douleur. Pareillement le véritable intellect est une faculté par laquelle, en comprenant quelque chose, nous la faisons vraie. Aussi l'arithmétique, la géométrie et leur fille la mécanique résident dans une faculté de l'homme ; nous y démontrons le vrai parce que nous le faisons. Mais les choses physiques sont dans la faculté du Dieu tout-puissant, en qui seul la faculté est vraie, parce qu elle est parfaitement libre, aisée et rapide; de sorte que ce qui est faculté en l'homme, est simple acte en Dieu ; il suit de ce qui précède, que de même que l'homme en dirigeant sa pensée sur un objet engendre les modes des choses et leurs images, c'est-à-dire le vrai humain, de même Dieu engendre par sa pensée le vrai divin, et fait le vrai créé. Si nous disons improprement en italien que les statues et les peintures sont les pensées de leurs auteurs (pensieri degli autori), on peut dire proprement que tous les êtres sont des pensées de Dieu (pensieri di Dio.)

§ I. — Du sens.

Les Latins désignaient par sensus non seulement les sens externes, comme par exemple la vue, et le sens interne qui se nommait animi sensus, comme la douleur, le plaisir, la tristesse, mais aussi les jugements, les délibérations et même les vœux. Ita sentio, c'est ainsi que je juge ; stat sententia, cela est résolu ; ex sententia evenit, selon mon désir ; et dans les formules :

ex animi tul sententia. Serait-ce que les anciens philosophes de l'Italie auraient pensé avec les aristotéliciens que l'esprit humain ne perçoit rien que par les sens ? ou avec la secte d'Épicure qu'il n'est rien que sens ; ou avec les platoniciens et les stoïciens que la raison est un sens éthéré et très pur ? Et en effet, il n'y a aucune école païenne qui ait cru l'âme humaine pure de toute corporéité. Voilà pourquoi l'antiquité pensait que toute œuvre de l'esprit était sens ; c'est-àdire que tout ce que l'esprit peut faire ou souffrir n'est qu'un tact des corps. Mais notre religion nous apprend que l'esprit est absolument incorporel, et nos métaphysiciens prouvent à l'appui que, quand les organes corporels des sens sont mus par des corps, c'est Dieu qui, à cette occasion, les met en mouvement.

l II. — Memoria et phantasia.

Les Latins appellent la mémoire memoria lorsqu'elle garde les perceptions des sens, et reminiscentia quand elle les rend. Mais ils désignaient de même la faculté par laquelle nous formons des images, et qui s'appelle chez les Grecs phantasia, et chez nous iîïiaginativa ; car ce que nous disons vulgairement imaginer^ les Latins le disaient memorare. Est-ce parce que nous ne pouvons imaginer que ce que nous nous rappelons, et nous ne nous rappelons que ce que nous avons perçu par les sens? 11 n'y a pas de peintre qui ait jamais peint aucune espèce de plantes ou d'animaux qui ne se trouve dans la nature ; les hippogriffes et les centaures ne sont que des êtres

véritables mêlés en un tout fabuleux. Les poètes n'imaginent pas non plus une vertu qui ne soit dans les choses humaines; mais après l'avoir prise dans la réalité, ils l'exaltent jusqu'à l'incroyable pour en faire un type sur lequel ils forment leurs héros. Aussi les Grecs disent-ils dans leur mythologie que les Muses, les vertus de l'imagination, sont les filles de Mémoire.

§ IIL — De Vingenium.

hHngenium est la faculté d'amener à l'unité ce qui est séparé et divers : les Latins y joignent les épithètes diacutum et ohtusum; deux expressions tirées du sanctuaire de la géométrie : l'aigu pénètre plus promptement et rapproche la diversité, puisqu'il unit deux lignes en un point sous un angle plus petit qu'un droit ; mais l'obtus a plus de peine à entrer dans les choses, et laisse les choses diverses très éloignées sur la base, comme les deux lignes qu'il unit en un point hors de l'angle droit. L'esprit sera donc ohtusum quand il unit avec lenteur, acutum quand il unit rapidement. Les Latins prennent l'un pour l'autre ingenium et natura. Est-ce parce que l'esprit humain est la nature de l'homme, ou parce que la fonction de Vingenium c'est de saisir les relations des choses, de voir ce qui est convenable, décent, beau ou honteux, faculté qui est refusée aux brutes? est-ce parce que de même que la nature engendre les choses physiques, de môme Vingenium humain engendre les choses mécaniques? s en sorte que Dieu est l'artisan de la nature, et l'homme le dieu de l'artificiel? Là où est la science,

là est aussi le scitum^ que les Italiens rendent avec non moins d'élégance par hen intenso et aggiustato. Est-ce parce que la science consiste à faire que les choses se correspondent dans de belles proportions, ce qui n'est au pouvoir que des ingeniosi? C'est pour cela que la géométrie et l'arithmétique qui en enseignent les moyens, sont les plus éprouvées de toutes les sciences, et que ceux qui y excellent sont appelés en italien ingegnieri, ingénieurs.

§ IV. — De la faculté certaine du savoir.

Ces réflexions nous donnent occasion de rechercher quelle est dans l'homme la faculté propre de savoir ; car l'homme perçoit, juge, raisonne, mais souvent il a des perceptions fausses, il porte des jugements aveugles; il raisonne de travers. La philosophie grecque donna l'énumération suivante des facultés de savoir qui ont été données à l'homme, et des arts par lesquels chacune se gouverne : faculté de percevoir dirigée par la topique, de juger par la critique, de raisonner par la méthode. Pour la méthode, ils n'en ont pas donné les préceptes dans leurs ouvrages de dialectique, parce que les enfants l'apprenaient aisément en étudiant la géométrie. Hors de la sphère de la géométrie, l'antiquité pensait que l'ordre doit être confié à la prudence, qui ne se dirige par aucun art et qui est prudence par cela même. Les artisans seuls vous prescrivent déplacer ceci dans un lieu, cela dans un autre, cela encore dans un troisième, manière d'agir moins propre à former un homme prudent qu'un ouvrier. Et

si VOUS transportez la méthode géométrique dans la

vie pratique : Nihilo plus agas, quam si des operam

ut cum rationeinsanias (C'est vouloir déraisonner avec la raison). Et comme si Ton ne voyait pas régner dans les choses humaines le caprice, le fortuit, l'occasion, le hasard, vouloir marcher droit à travers les anfractuosités de la vie, vouloir dans un discours politique suivre la méthode des géomètres, c'est vouloir n'y rien mettre d'acutum, ne rien dire que ce qui se trouve sous les pas de chacun, c'est traiter ses auditeurs comme des enfants à qui on ne donne point d'aliment qui ne soit mâché d'avance; c'est faire le pédagogue et non pas l'orateur.

Certes, je m'étonne de voir ceux qui vantent si fort la méthode géométrique dans l'éloquence civile, ne proposer pour modèle que Démosthène. Bientôt, s'il plaît à Dieu, Cicéron ne sera que confusion, désordre, chaos; Cicéron, en qui les doctes ont jusqu'à ce jour admiré tant d'ordre, tant de soin de l'arrangement et de l'harmonie, lui, dont les paroles se succèdent et s'enchaînent, si bien que ce qu'il dit en second lieu semble sortir de ce qu'il a dit d'abord plutôt que venir de l'orateur. Mais Démosthène procède-t-il autrement que par hyperbate comme le lui reproche Longin, le plus judicieux de tous les rhéteurs? J'ajouterai que c'est dans ce désordre même que la force de son éloquence, toute en enthymèmes, se bande comme une catapulte. Son habitude est de mettre d'abord le sujet en avant pour avertir ses auditeurs de ce dont il s'agit ; bientôt il se jette à côté dans une chose qui semble n'avoir rien de commun avec la question pour distraire et fourvover ses auditeurs; à la fin, il rétablit le

rapport entre ce qu'il vient de dire et le sujet qu'il s'est proposé ; de sorte que les foudres de son éloquence tombent avec d'autant plus de puissance qu'on y est moins préparé. Il ne faut pas croire que toute l'antiquité se soit servie d'une méthode incomplète, parce qu'ils n'ont pas reconnu cette quatrième opération de l'esprit, pour compter comme on fait aujourd'hui. En réalité, ce n'est pas une quatrième opération, mais l'art qui s'applique à la troisième, l'art par lequel on ordonne les raisonnements. Aussi toute la dialectique, dans l'antiquité, se divisait en art d'inventer et art de juger. Les académiciens se renfermaient tout entiers dans l'invention et les stoïciens dans le jugement. Les uns et les autres avaient tort, car il n'y a pas d'invention sans jugement, ni de jugement sûr sans invention.

En effet, comment l'idée claire et distincte de notre esprit sera-t-elle le critérium du vrai, s'il ne voit tout ce qui est dans la chose, tous ses attributs ? Et comment peut-on être certain d'avoir tout vu, si l'on n'a pas discuté toutes les questions qui peuvent s'élever sur le sujet ? Il faut d'abord examiner si la chose est, pour ne pas discourir sur un néant; ensuite, ce qu'elle est, pour ne pas disputer sur un nom ; puis, quelle est sa quantité, soit en étendue, soit en poids, soit en nombre ; sa qualité, et ici considérer la couleur, la saveur, la mollesse, la dureté et autres qualités tangibles ; en outre il faut se demander quand la chose naît, combien elle dure, et en quels éléments elle se résout par la corruption; il faut y appliquer de même les autres catégories, et la comparer à toutes les choses avec lesquelles elle a quelque rapport, avec les causes

dont elle naît, avec les effets qu'elle produit, avec les résultats de ses opérations, avec ce qui lui est semblable ou dissemblable ou contraire, avec ce qui est plus grand ou plus petit ou qui lui est égal. Aussi les catégories d'Aristote et les topiques sont entièrement inutiles. Si on y veut trouver du nouveau, on deviendra un lulliste ou un kirkérien, un homme qui connaît les» lettres, mais qui ne sait point épeler pour lire dans le grand livre de la nature. Mais si on les considère comme des index, des tables de ce qu'il faut examiner sur un sujet pour en avoir une vue claire, rien de plus fécond pour l'invention; et c'est une source d'où peuvent sortir la faconde oratoire et l'observation profonde. Réciproquement si l'on se fie pour voir les choses à Vidée claire et distincte, on sera facilement trompé, et l'on croira souvent connaître distinctement ce dont on n'aura qu'une notion confuse, parce qu'on n'aura pas connu tout ce qui est dans l'objet et qui le distingue des autres choses. Mais si l'on parcourt avec le flambeau de la critique tous les lieux de la topique, alors on sera sûr de connaître l'objet d'une manière claire et distincte ; parce qu'on l'aura soumis à toutes les questions que l'on peut élever sur l'objet proposé, et dans cet examen successif la topique même est critique. En effet les arts sont en quelque sorte les lois de la cité de l'intelligence [reipuhlicae litterarix). Ce sont les observations des savants sur la nature, qui se sont converties en règles de méthode. Celui qui fait une chose selon l'art, celui-là est sûr d'avoir pour lui le sentiment de tous les doctes ; celui qui opère sans art se trompe, parce qu'il ne se fie qu'à sa nature personnelle.

Toi aussi, sage Paolo, tu es dans cette opinion, toi qui, en formant ton Prince, ne lui prescris pas de s'engager tout d'abord dans la critique, mais qui as voulu qu'il fût longtemps imbu de bons exemples, avant d'apprendre à les juger. Et pourquoi cela, sinon afin que son génie s'épanouisse d'abord, et qu'on le cultive ensuite par l'art de penser et juger? Le divorce de l'invention et du jugement chez les Grecs n'est venu que du défaut de réflexion sur la faculté propre de savoir. Cette faculté est Vingenium, par lequel l'homme a la capacité de contempler et de faire des objets semblables à ceux de sa contemplation. La première faculté qui se montre chez les enfants où la nature est plus entière et moins altérée par la persuasion ou le préjugé, c'est celle de faire le semblable ; ils appellent tous les hommes pères et toutes les femmes mères, et se plaisent à imiter :

^difîcare casas, plaustello adjungere mures, Ludere par impar, equitare in arundine longa.

Or c'est la similitude des mœurs qui engendre chez les nations le sens commun. Et ceux qui ont écrit sur les inventeurs, nous apprennent que tous les arts et toutes les commodités dont le travail a enrichi le genre humain ont été trouvés ou par hasard, ou par quelque similitude qu'indiquaient les animaux, ou qu'imaginait l'industrie des hommes. — Tout ce que nous venons de dire, la philosophie italique le connaissait, la langue nous l'atteste ; ce qu'on appelle dans l'École moyen terme, ils l'appelaient argumen ou argumentum. Argumen vient de la même racine qu argutum ou acu-

minatum. Or ceux-là sont arguti qui démêlent dans des choses très diverses quelque rapport commun par lequel elles s'unissent; ils franchissent ce qui se trouve sous leurs pas, et vont chercher au loin des relations qui conviennent à leur sujet, ce qui est une preuve dHngenium, et s'appelle acumen. Il faut donc de Yingenium pour inventer, puisqu'en général trouver des choses nouvelles, c'est l'œuvre et l'opération du seul mgenium^ du génie. — Ainsi on peut conjecturer que les anciens philosophes de l'Italie faisaient peu du cas du syllogisme et du sorite, et se servaient dans leurs recherches de l'induction par analogie. C'est ce que confirme l'histoire; car la plus ancienne dialectique était l'induction et la comparaison des semblables, dont Socrate fut le dernier à faire usage ; Aristote adopta ensuite le syllogisme, et Zenon le sorite. Celui qui se sert du syllogisme ne réunit pas des choses diverses, il tire plutôt une espèce subordonnée à un genre du sein même de ce genre ; celui qui emploie le sorite, rapproche les causes des causes en liant chacune à celle qui lui est la plus prochaine ; se servir de l'une ou de l'autre de ces deux méthodes, ce n'est pas unir deux lignes en un angle plus petit qu'un droit, ce n'est que prolonger une seule ligne ; c'est plutôt de la subtilité que de Vacuité; remarquons cependant que l'emploi du sorite est aussi supérieur en subtilité à celui du syllogisme, que les genres sont grossiers en comparaison des causes particulières.

Au sorite des stoïciens répond la méthode géométrique de Descartes; méthode utile en géométrie, où l'on peut définir des noms et poser des postulats comme

possibles; mais dès qu'elle sort des trois dimensions et des nombres, elle ne peut guère servir à faire des découvertes, mais seulement à mettre en ordre ce qu'on a découvert. Yotre exemple, docte Paolo, me confirmerait dans ce sentiment. Car pourquoi tant d'autres sont-ils si experts dans cette méthode, et ne peuvent-ils trouver les belles pensées auxquelles vous arrivez ? Vous, c'est dans un âge avancé que vous avez pénétré dans ce que les lettres ont de plus intime; votre vie s'était passée dans des procès relatifs à la grande fortune que vous disputaient des princes et des hommes puissants de votre famille. Vous remplissez tout office libéral dans un siècle où la vie en est accablée, vous satisfaites à tout et le jour et souvent bien avant dans la nuit ; et vous avez bientôt fait autant de progrès dans ces études, qu'un autre en aurait fait qui s'y serait toujours tenu renfermé. Et que votre modestie ne rapporte pas à la méthode ce qui est le don de votre divin génie.

Concluons que ce n'est point la méthode géométrique qu'il faut introduire dans la physique, mais la démonstration elle-même. Les grands géomètres ont appliqué à la considération des principes physiques les principes mathématiques, comme parmi les anciens Pythagore et Platon, et parmi les modernes Galilée.

Ainsi on peut expliquer des phénomènes particuliers de la nature par des expériences particulières qui soient des opérations particulières de géométrie. C'est à quoi se sont appliqués dans notre Italie le grand Galilée et d'autres illustres physiciens, qui, avant qu'on introduisît la méthode géométrique dans la physique, expliquèrent de cette manière d'innom-

brables et très importants phénomènes de la nature» C'est là ce qui préoccupe uniquement les Anglais; aussi défendent-ils d'enseigner publiquement la physique par la méthode géométrique ; et c'est ainsi qu'on peut faire avancer la physique. J'ai indiqué dans ma Dissertation sur les études de notre temps, comment on peut obvier par la culture du génie naturel aux inconvénients de la physique ; ce qui a peut-être fort étonné les gens préoccupés de la méthode. Car la méthode entrave le génie en se proposant pour but la facilité; elle assure la vérité, mais elle tue la curiosité. La géométrie n'aiguise pas le génie lorsqu'on enseigne selon la méthode, mais lorsque la force du génie lui fait traverser des régions tout autres, toutes différentes, montueuses, inégales. Aussi j'exprimais les désir qu'on l'enseignât par la synthèse et non par l'analyse, afin qu'on démontrât en construisant, c'està-dire qu'au lieu de trouver le vrai, nous le fissions.- Car trouver c'est du hasard, faire c'est de l'industrie; aussi voulais-je qu'on enseignât cette science non par nombres et espèces, mais par figures, afin que si l'esprit recevait moins de culture de cet enseignement, du moins l'imagination s'affermît; l'imagination est l'œil du génie naturel, comme le jugement est l'œil de l'intelligence. Et les cartésiens qui ne sont cartésiens, comme vous le dites très bien, Paolo, que selon la lettre et non selon l'esprit, pourraient remarquer qu'ils professent en réalité ce que nous venons d'avancer, bien qu'ils le nient de bouche ; car à l'exception de ce premier vrai qu'ils demandent à la conscience {je pense j donc je suis), ils empruntent uniquement les vérités qui leur servent de règle pour le reste à

l'arithmétique et à la géométrie, c'est-à-dire au vrai que nous faisons; ils répètent sans cesse : « Que le vrai soit comme ces propositions, trois et quatre font sept, la somme de deux côtés d'un triangle est toujours plus grande que la troisième; » c'est-à dire qu'il faut voir la physique du point de vue géométrique ; or, cet axiome ne revient-il pas à celui-ci : « La physique sera vraie pour moi y quand je V aurai faite; de même que la géométrie est vraie pour les hommes, parce quils la font ? ))

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