RÈGLE XV
Il est utile aussi, la plupart du temps, de tracer ces figures el de les présenter aux sens externes pour tenir plus facilement, par ce moyeu, notre esprit attentif.
La manière dont il faut tracer ces lignes, pour qu’au moment où elles sont offertes à iibs yeux leur ligure se réllécliisse plus distiiictemeiit dans notre imagination, s’explique d’elle-même. Ainsi, en premier lieu, nous représenterons Tunité de trois manières : par un carré □ , si nous la considérons en tant que longue et large; par une ligne , si nous ne la con-
sidérons qu’en tant que longue; et enfin, par un point «, si nous ne la considérons qu’en tuiitqiie servant à composer la pluralité. Mais de quelque manière qu’on la représeitte et qu’on la conçoive, nous comprendrons toujours qu’elle est un sujet qui a de l’étendue en tous sens et qui est susceptible d’une infinité de dimensions. Ainsi encore, pour représenter aux yeux les termes d’une proposition dans lesquels nous aurons à examiner à la fois deux grandeurs différentes, nous tracerons un rectangle dont les deux côtés seront les grandeurs proposées, de cette manière
si elles sont incommensurables' avec l’unité, de cette autre
ou de celle-ci S S S, si elles sont commensurables, sans rien ajouter, à moins qu’il ne s’agisse d’une pluralilé d'unités. Si
1. Le texte latin porte commensurabiles , lisez : incommcnsurabites. L’erreur est évidente; la seule comparaison des signes suffit pour la faire toucher du doigt.
POUR LA DIRECTION DE L’ESPRIT enfin nous n’examinons qu’une seule grandeur, nous représenlerons la ligne par un rectangle dont un côté sera la grandeur
proposée, et l’autre runité, de celte manière |
ce qui se fait toutes les fois que la même ligne doit être comparée avec une surface quelconque, ou seulement par une longueur, de cette manière , si on la con-
sidère comme une longueur incommensurable, ou de celte manière • » • • , si elle est une pluralité.