ET DES RÉPONSES DE L'AUTEUR
PAR CRATÉRUS
I. Il n y a pas cl autre réalité objective clans l’entendement que l’acte même de l’espritj et cet acte n’a pas besoin d’une cause productrice étrangère. Ainsi l’idée de Dieu ne demande pas une cause en dehors de l’esprit. Les idées sont déterminées par la nécessité de la vérité, et si toutes les idées ne sont pas semblables, c’est que la vé;ité ne se montre à nous que par fragments. On a raison de dîre que l’idée n’est rien, si par là on entend qu’elle n’est pas unerét lité, mais on a tort, si on la déclare par là un être imaginaire; c’est un acte de conception lequel toutefois n’a pas besoin d’une cause productrice étrangère à l’esprit.
H. Pour appuyer l’existence de Dieu sur l’argument de la cause efficiente, il falloit reclierclier non la cause de nos idées mais U cause de nous-mêmes. Le mot par soi a deux sens : l’un positif, être par soi comme par me cause; l’autre négatif, être de SOI, non par autrui. La première acception est absurde; dans la seconde, ce qui est par soi est limité de sa nature et n’a pas pu se donner toutes les perfections.
j46 ABRÉGÉ DES OBJECTIONS
III. Les choses que nous concevons fort clairement et*forl distinctement sont toutes vraies; mais connoissons-nous clairement et dislinclemenl l’in fini? De ce que nous aurions 1 idée claire de l’infini, vous concluriez qu’il existe, parce que 1 existence est une perfection qui ne peut manquer à l’être souverainement parfait; mais il résulteroit de ce raisonnement que les choses signifiées par le nom de Dieu sont dans 1 entendement et non dans la nature ; Dieu peut avoir eu de loijle éternité 1 idée du composé : Lion existant, sans que cette idée impliquât que l’une ou l’autre partie de ce composé fût réellement dans la nature.
IV. La distinction’'de l’ànie et du corps est une distinction formelle dont on ne peut conclure la distinction réelle.