‹ Œuvres choisies ... . Discours de la méthode; Méditations métaphysiques; Des passions en général; Règles pour la direction de l'esprit; Recherches par la lumière naturelle, etcChapitre 21 sur 116 · RÉPONSES AUX QUATRIÈMES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

RÉPONSES AUX QUATRIÈMES OBJECTIONS

1. Ce que je connois en moi me suffiroit pour exister : je suis donc assuré que Dieu pouvoit me créer sans les autres clioses que j’ignore, et que, par conséquent, elles n’appartiennent pas a mon essence. Pour établir une distinction réelle entre deux choses, il n’est pas besoin d’une connoissance complète, telle que cette connoissance est en Dieu; il suffit que nous les connoissions comme pouvant exister par eiles-mêuies et indépendamment l’une de l’autre, ou, en d’autres termes, comme des substances, et c’est là ce que j’entends par choses complètes. De ce que l’âme et le corps sont distincts, il ne résulte pas que

l’homme soit un pur esprit; et j’ai établi que 'âme et le corps sont substantiellement unis. La pensée peut être troublée par les organes sans en être le produit. Quant à la question de l’àme des bêles, Je pense que le mouvement s’accomplit toujours dans les animaux, comme quelquefois en nous-mêmes, c’est-à-dire sans intervention de la raison, et seulement parce que les sens, frappés pai’ les objets extérieurs, réagissent sur les esprits animaux.

11. En parlant d’idées fausses, j’ai voulu dire que quelquesunes peuvent induire le jugement en erreur; en disant que Dieu est par soi comme par une cause, j’ai entendu que la raison pour laquelle il n’a pas besoin de cause est une raison positive; cetle raison est son immensité. La notion de l’existence de Dieu ne nous est pas nécessaire pour nous en rapporter à la clarté d’une idée, au moment même où cette idée est dans notre esprit, mais seulement pour admettre la conséquence d’un prin.ipc que nous avons oublié, et que nous, nous souvenons d’avoir conçu clairement autrefois. Enfin j’ai affirmé qu’il n’y avoit rien dans l’esprit dont nous n’eussions connoissance, en ce sens que nous en connoissons toutes les opérations, mais non toutes les facultés.

lü. Je reconnois les dangers du doute, la distinction qu’il faut établir entre la spéculation scientifique d’une part, et de l’autre les matières de la fui et la pratique de la vie. Les objets extérieurs n’agissent sur nos sens que par la superficie, et celte superficie n’est que la limite du mouvement des particules du corps; quand une substance est mise en la place d’une autre, si ses particules se meuvent comme celles de la première, elle nous aiïectera de la même manière ; et voilà comment la substance étant changée, les qualités ou les accidents restent les mêmes, bien que ces accidents n’aient aucune substance particulière.

CINQUIÈMI<:S OBJECTIONS

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