‹ Œuvres choisies ... . Discours de la méthode; Méditations métaphysiques; Des passions en général; Règles pour la direction de l'esprit; Recherches par la lumière naturelle, etcChapitre 23 sur 116 · I. 11 n’étoit pas besoin d’un si grand appareil pour prouvei · texte numérisé non relu

I. 11 n’étoit pas besoin d’un si grand appareil pour prouvei

que vous êtes; on pouvoit le conclure de toute action ; car la difficulté n’est pas de savoir si l’on existe, mais ce que l’on est. ' Il ne faut pas refuser au corps le mouvement spontané. i

II. On ne doit pas attribuer exclusivement au corps la forme, > l’étendue, l’impénétrabilité et la mobilité, car la conscience ne nous montre nullement que ces qualités n’appartiennent pas à ' l’être qui pense.

III. L’être qui pense s’accroît et s’affoiblit avec le corps; il meut les membres, et doit par conséquent se mouvoir; il peut être un corps subtil. 11 faut prouver que nul corps ne pense, que l’ànie des bêtes est immatérielle, et que le corps humain ne contribue en rien à la pensée.

IV. L’âme ne pense pas toujours : pense-t-on pendant la lé tliargie, dans le sein de sa mere, ou quelques instants après en être sorti?

Y, Vous De vous connoissez pas par une pensée diflérente de

rimagiiialion : quand vous vous contemplez vous-même, vous vous représentez une substance pure, claire, subtile, qui se répand clans le corps ou du moins dans le cerveau ; les choses que vous concevez par l’imagination ne peuvent convenir, ditesvous, à la connoissance que vous avez de vous-méme ; et vous avez dit un peu auparavant que vous ne saviez pas encore si elles appartenoient ou non à votre essence.

VI. 11 n’y a pas d'intellection qui ne soit une imagination, ni à'imagination qui ne soit une intellection.

VU. Si ^ous mettez la faculté de sentir parmi les modes de la pensée, le sentiment des bêtes est une pensée; or, comme leur &me est malérielle, celle de l’homme peut l’être aussi.

VIII. L’intellection que vous avez de la substance de la cire est une imagination, car vous ne pouvez dépouiller cette substance de toute étendue, de toute forme, de toute couleur; et si nous jugeons que sous les chapeaux et les manteaux il y a des hommes, rien ne prouve que ce soit l’entendement qui juge ici plutôt que la faculté imaginative : le chien, d’ailleurs, reconnoît son maître aux mêmes signes.

IX. Il ne s’agit pas de prouver que vous ôtes, mais ce que vous êtes. Vous avez beau n’admettre rien en vous que l’esprit, et vous parlez néanmoins de la cire et de ses accidents, que vous ne pouvez connoître sans mains et sans yeux. Dire que l'esprit est une chose qui pense, ce n’est pas nous faire connoitrc la substance de l’esprit.

CONTRE LA TROISIÈME MÉDITATION De Dieu ; qu’il eiiste.

I. Tout ce qui résulte de la clarté d’une idée, c’est qu’elle vous paroît ce qu’elle vous paroît. Les opinions des hommes sont différentes, et chacun conçoit clairement celle qu'il défend. Il faudroit trouver une méthode qui, parmi les choses clairement conçues, nous fit démêler les vraies d’avec les fausses.

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