‹ Œuvres choisies ... . Discours de la méthode; Méditations métaphysiques; Des passions en général; Règles pour la direction de l'esprit; Recherches par la lumière naturelle, etcChapitre 30 sur 116 · V. Dieu ne peut etre trompeur, puisque la forme de la tiom · texte numérisé non relu

V. Dieu ne peut etre trompeur, puisque la forme de la tiom

17i ABREGE DES OBJECTIONS

pftrio est un non-être vers lequel l’Être souverain ne peut se porter. Réfutation du sens prêté aux passages de l’Écriture.

VI. L’essence de la liberté de Dieu n’est pas la même que l’essence de la liberté de l’iiomme; car il répugne que la volonté de Dieu n’ait pas été indilîérente de toute éternité. Ce n’est pas parce que Dieu a vu qu’il étoit bon de créer le monde qu’il l'a voulu; c’est parce qu’il l’a voulu que cela a été bon, et cest parce qu’il a voulu que les angles d un triangle soient égaux a deux droits, que cela est vrai.

Vil. J’ai parlé de la superticie, qui n’a pas de profondeur, et qui, n’étant qu"un mode du corps, ne peut être une substance ou un corps. S’il y avoit des accidents réels, ce seraient des substances, parce qu’ils pourroieiit se séparer du sujet, quand même celte séparation serait faite par la toute-puissance de

Dieu.

VIII. 11 n’y a rien de ce qui subsiste, ni ordre, ni loi, ni vérité, qui ne dépende de Dieu comme d une cause efficiente. Je ne comprends pas sans doute comment Dieu auroit pu faire que deux fois quatre ne fissent pas büit; mais comme je comprends très-bien que toute chose dépend de Dieu, il seroit contraire à la raison de douter des choses que nous comprenons fort bien à cause de quelques autres que nous ne comprenons

pas- . . ,,

IX. Il y a trois degrés dans le sens : 1® 1 impression sur organe ; 2® Le sentiment de douleur, faim, soif, couleur, son, etc. , 3» le jugement qui affirme que l’objet qui est hors de moi es coloré, de telle grandeur, à telle distance, etc. Les deux premiers éléments ne sont jamais trompeurs; le troisième, qui, à proprement parler, n’appartient pas aux sens, mais à l’entendement, peut être erroné. Ainsi, dans l’exemple cité, c’est l’entendement qui nous fait juger que nous devons nous en rapporter au toucher plutôt qu’à la vue.

X. L’on peut penser séparément à l’immensité et à la justice de Dieu; cependant lorsque ces deux idées sont à la fois dans j’esprit, elles paroissent inséparables; tandis qu,e lors meme

qu'on pense à l’esprit et au corps à la fois, ces deux choses n’en paroissent pas moins totalement distinctes et inconciliables. Voyant qu’il y a des corps qui ne pensent pas, j’ai jugé que la pensée peut se séparer du corps, et que si elle se trouve dans le corps de l’homme, elle y est jointe et ne fait pas un seul tout avec lui. Si l’on comprend que deux et trois font cinq, sans connoître la distinction de l’âme et, du corps, cela vient de ce que le jugement abstrait du nombre n’est pas à l’usage de l’enfance et n'y est pas faussé, tandis que dès la plus tendre jeunesse on conçoit confusément l’esprit et le corps dont on est composé, et le vice de toute connoissance imparfaite est de confondre des éléments qu’on a ensuite beaucoup de peine à séparer.

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